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Kossmann contre McSorley, ou quand l’élève défie le maître

Vendredi à Fribourg, Hans Kossmann affrontera pour la première fois Chris McSorley, sur un pied d’égalité, comme coach principal.

 

Demain soir (20 h 15), le premier derby romand de la saison mettra aux prises une équipe qui n’a pas vraiment brillé jusqu’à présent (Fribourg) à une autre qui a fait encore pire (Ge/Servette), toujours à la recherche de son premier succès. Au-delà de la rivalité nourrissant les duels entre Aigles et Dragons, l’affrontement à la bande entre les deux entraîneurs, Hans Kossmann et Chris McSorley, vaudra son lot d’émotions, surtout dans le for intérieur des deux principaux acteurs.

 

Pendant sept ans (2001-2008) aux Vernets, Chris McSorley, le maître, et Hans Kossmann, son fidèle assistant, ont travaillé main dans la main. McSorley, l’homme de l’Ontario, et Kossmann, originaire de  Colombie-Britannique, sont liés par une réelle amitié. Leur âge (49 ans), leur nationalité, leur vision du jeu, leur méticulosité et leur acharnement à tirer le meilleur d’une équipe ne sont que quelques-uns des aspects qui les réunissent. Leur entente est cernée par des principes de déontologie. Leurs ambitions et leur côté mauvais perdant leur interdisent de se contacter lors des moments chauds. Comme lors de la finale des play-off 2010, Berne-Ge/Servette, où Chris McSorley et Hans Kossmann (coach assistant dans la capitale) ne s’étaient pas adressé le moindre regard en deux semaines.

 

Au bord de la Sarine, le défi d’Hans Kossmann est énorme. Après avoir à plusieurs reprises repoussé des offres d’entraîneur en chef en LNA, le Canadien (qui doit son passeport suisse à ses origines schaffhousoises) s’est porté candidat à Fribourg-Gottéron. Un pari grandeur nature où sa marge de manœuvre est restreinte, au vu des attentes planant autour de Saint-Léonard, des investissements coûteux (Huet, Barinka, Rosa, Gamache et Dubé, même si ce dernier est blessé pour un mois) d’un club nouveau riche. Sans parler de la volatilité du président et des pressions des différents mécènes impatients de jouer les premiers rôles. Il en faudrait plus pour déstabiliser Hans Kossmann, qui a trouvé refuge à Belfaux. «De toute façon, un entraîneur est toujours sous pression, nous confie-t-il. Peu importe l’endroit et le contexte. Je m’y suis préparé.» Son rôle a cependant changé. Longtemps dans l’ombre de Chris McSorley puis de Larry Huras, le voilà aux premières loges pour diriger une armada de stars, voire de divas. Une mission qui ne semble pas l’effrayer. Encore moins contre Ge/Servette. «J’espère que cela sera un match comme les autres», lâche t-il. Vraiment?

 

 «Nous nous connaissons vraiment par cœur»

 

Même à distance, les entraîneurs de Ge/Servette et Fribourg-Gottéron se rejoignent dans leurs réponses. Morceaux choisis.

 

Le souvenir de votre premier contact?

Chris McSorley: Ce fut au téléphone, au printemps 2001. Je venais d’être nommé entraîneur de Ge/Servette et Chris Reynolds, le manager sportif du groupe Anschutz, m’avait chaudement recommandé Hans Kossmann, dont je n’avais jamais entendu parler. Je lui ai téléphoné une demi-heure, lui expliquant que je n’étais pas quelqu’un de facile et que nous devrions sans doute affronter ensemble quelques controverses avec mes méthodes. Nous nous sommes mis d’accord, c’était fait.

Hans Kossmann: Nous nous sommes vus la première fois dans le bureau des Vernets, en  compagnie de Chris Reynolds. Ma première impression fut bonne. J’ai vu en lui quelqu’un de bien organisé, prenant son job au sérieux et pouvant se montrer très amical.

 

Quelles furent vos principales disputes?

CMS: Parfois, nous n’étions pas d’accord sur certains aspects sportifs. Mais sincèrement, les seules fois où nous nous sommes réellement disputés, c’était pendant et après des matches de squash où chacun accusait l’autre d’être mauvais perdant.

HK: Il n’y a vraiment pas eu grand chose. Sauf au squash, c’est sûr. Nous sommes les deux des mauvais perdants, mais moi, je le reconnais. En hockey, c’est arrivé 2 à 3 fois en sept ans, lorsqu’il n’était pas content d’un de mes choix de coaching durant un match.

 

Le sujet de votre dernière conversation?

CMS: Nous nous sommes parlé la semaine dernière. Je l’avoue, nous collaborons durant la saison, en échangeant des informations sur les autres équipes. Avec une règle d’or: on ne parle strictement jamais de Ge/Servette et Fribourg.

HK: Cela remonte à quelques jours, mais vu nos rôles respectifs, on ne parle plus de nos équipes. Plutôt des autres rivaux, leurs particularités. Mais ce n’est pas unique: je discute aussi parfois avec Larry Huras.

 

Peut-on parler d’une authentique amitié entre vous?

CMS: Absolument, j’apprécie vraiment Hans comme être humain. C’est un homme loyal, honnête et sur lequel vous pouvez compter. Nos familles se connaissent, on se voit même pendant l’été. Récemment, ce fut à Las Vegas. On s’est amusé au «craps» (jeu de dés) au casino. Dans mon cas, il n’y a que Louis Matte que je place dans la même catégorie.

HK: Oui, en effet. A huit jours près, nous avons le même âge. Nous partageons une certaine philosophie de vie et nous nous fréquentons hors saison.

 

Une question que vous ne lui avez encore jamais posée?

CMS: Hans, pourquoi es-tu pareillement de mauvaise foi lorsque tu pratiques un sport et veux gagner à tout prix?

HK: Chris, comment fais-tu pour recharger en permanence tes batteries et toujours garder cette même intensité?

 

Un détail sur lui que l’opinion publique ne connaît pas forcément?

CMS: Sous son bouc ou sa barbe se cache quelqu’un d’extrêmement sensible. Il tient à sa  carapace pour cacher ses émotions.

HK: Il est bien plus conciliant et à l’écoute des gens que ce que certains veulent bien prétendre…

  

Prêt pour le grand saut

 

Sur un point au moins, Chris McSorley et Hans Kossmann, 49 ans, ont épousé des trajectoires bien  différentes. Victime d’un grave accident de la circulation, le coach actuel de Ge/Servette est devenu  entraîneur à 27 ans. Celui de Fribourg-Gottéron a attendu cette saison pour tenter le grand saut dans l’élite comme «head coach». Jusque-là, Hans Kossmann n’avait tenté que deux expériences comme coach principal. A Ajoie (1995-1996), qu’il a mené en LNB, puis à Sierre (2000-2001). Avant son long apprentissage aux côtés de Chris McSorley (2001-2008) et Larry Huras (2009-2011) à Berne, entrecoupé de quelques mois de repos dans sa Colombie-Britannique.