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La rétrospective de la saison 2015/2016 – Mars (partie 2)

Après Berne, nos joueurs parviendront-ils à écarter Davos ? La suite du mois de mars (et le tout début avril, on triche un peu) vous le diront.

 

Mars (Partie 2) – Des émotions à la pelle

 

9 jours se sont écoulés depuis la fabuleuse série contre Berne, ce qui a permis à tout le monde de soigner ses petits bobos. Les joueur sont en outre allés passer 2 jours en altitude afin de se ressourcer mais aussi de s’habituer à l’effort particulier demandé par un match joué à 2000m.

 

En se déplaçant la veille, le club met tout en œuvre pour être dans les meilleures dispositions possibles pour le match n°1. Et cela porte rapidement ses fruits, puisqu’il faut moins de 8 minutes Kast et Romy donnent le tournis à la défense grisonne et permettent au GSHC de mener 2-0. Le temps-mort pris par Del Curto sera d’une efficacité redoutable puisque sur l’engagement, Schneeberger rate son tire mais trompe bien malgré lui un Mayer pris à contre-pied. Mayer qui met d’ailleurs du temps à se relever et qui sortira quelques instants plus tard, remplacé par Descloux. Faisant bloc devant son gardien, notre équipe résiste aux assauts grisons, même lorsque ceux-ci évoluent 27 secondes à 6 contre 3. C’est finalement Almond qui inscrira le 3-1 final dans la cage vide.

 

Au moment de venir saluer le parcage, les mines sont fatiguées et surtout inquiètes : qu’en est-il de Robert Mayer ? Sans même attendre la réponse, Le Matin titre « Genève, sans Mayer, voit ses espoirs de titre s’envoler », version appuyée par le témoignage de Mona selon qui on ne se relève pas d’une telle blessure. La Tribune y a va de son « Héroïques, le GSHC se joue du champion… comme un champion. 1905.ch titre sobrement « Plus que 7 ».

 

Le verdict concernant Mayer tombera deux jours plus tard : rupture des ligaments croisés, fin de saison et un retour prévu fin septembre, au mieux. Avec un Bays également blessé, c’est Descloux qui est propulsé numéro 1 alors qu’à la surprise générale, au gré d’un tour de passe-passe administratif dont seul McSorley a le secret, c’est Federico Tamò qui retrouve sa place derrière la porte. Ce retour est fêté comme il se doit lors de son entrée sur la glace des Vernets pour le match n°2.

 

Chat échaudé craignant l’eau froide, Davos ne se rue pas à l’attaque et pratique un jeu qu’on ne lui connaissait pas, basé sur la solidité défensive avant tout. Del Curto n’a d’ailleurs pas hésité à se passe de Paulsson et Axelsson, ses deux plus fines gâchettes. Quelque peu décontenancés par cette approche, nos joueurs bégayent et se font piéger à chaque contre offert.  0-1, puis 0-2 et bientôt 0-3 à 7 minutes du terme, les Genevois ne s’en relèveront pas. Fier de son coup, Del Curto adresse un clin d’œil plein de sous-entendu à son ami McSorley ; son plan a fonctionné à merveille.

 

Pour Le Matin, « Davos montre qui est le patron » dans un texte rempli d’une satisfaction à peine masquée. « Del Curto gagne une bataille mais pas la guerre » pour Grégoire Surdez, qui remplace un Christian Maillard qui négocie sa participation aux Anges de la téléréalité. 1905.ch titre sobrement « Toujours plus que 7 ».

 

Les matchs n°3 et 4 proposeront deux scénarios tellement similaires qu’on pourrait se demander s’ils ne sortent pas tout droit de l’imagination d’un illuminé derrière son clavier. Deux matchs au scénario identique (l’équipe locale domine mais se fait battre aux tirs au but) et même deux matchs durant lesquels les scores de chaque tiers seront identiques (3-1 ; 0-2 ; 1-1). 2-2 après 4 matchs donc, et retour à Davos en ce lundi de Pâques.

 

Peu enclin à se déplacer, le public genevois fait fi de sa réputation et ce sont plus de 500 Genevois déguisés en lapin qui débarquent dans le parcage en mangeant une carotte, sans prendre conscience que les IG en profitent pour déployer une banderole : « A la fin du match, ces carottes vous les aurez dans le cul » qui fera sortir Christophe Stücki de ses gonds alors qu’on a vu Rivera mort de rire en entrant sur la glace.

 

Au terme d’une démonstration de hockey, notre équipe s’impose 6-1 et n’est plus qu’à un match de la finale. Les IG sortent une voile avec un Davosien penché en avant et dont l’arrière-train et rempli de carottes ainsi qu’une banderole « Bref, on vous l’avait dit ». Du pain béni pour nos amis journalistes qui peuvent ainsi faire passer au second plan une défaite qui les emmerde bien, surtout du côté orange.

 

« Ce public est le pire de Suisse » fait la première page du Matin, avec la photo en gros plan d’une partie du parcage. Témoignages d’Alain Birbaum et Juraj Simek à l’appui, l’édito d’Emmanuel Favre demande l’interdiction immédiate de tous ses hooligans. Christophe Stücki n’en a cure et, contre l’avis de la Police, ne prononcera aucune interdiction de patinoire. La Tribune fait dans l’entre deux en titrant « Ces crétins ne méritent pas cette fabuleuse équipe », avec un encart signé Bernard Andrié qu’on avait plus relu (zut alors !) depuis le scandale du vol Oslo-Prague. 1905.ch titre sobrement « Plus que 5 ».

 

L’ambiance est à la fête en ce jeudi 31 mars, peut-être en raison de l’annonce, par Laurent Bastardoz, de la prolongation du contrat de Chris McSorley à Davos (d’une poignée de main bien sûr !). Les Vernets sont pleins et chauffés à blanc, le « Cé qu'è lainô » fait se dresser les poils de toute l’assistance et nos joueurs semble comme transportés par l’ambiance qui n’est pas sans rappeler le match 6 contre Berne en 2010. Autant vous dire que le score de 3-0 au début du troisième tiers ne laissera peu de doutes : le GSHC disputera la finale, 6 ans après sa mortifiante défaite contre Berne. Même le 3-1 marqué par Dubois ne suffira pas à faire douter les Vernets, pour preuve ce tweet du compte officiel du club « On est en finale », retweeté par 150 personnes qui feraient mieux de regarder le match en encourager leur équipe que de passer leur temps sur leur natel.

 

Pourtant, le 3-2 d’Axelsson à 4 minutes du terme sème le trouble. Surtout que droit derrière, Rubin commet une charge assassine, dangereuse et inutile en zone offensive. Nos joueurs sont héroïques, se couchent devant les pucks et le brave Vukovic fera don de 3 de ses dents. Le public est en transe lorsqu’à 10 secondes du terme, Fransson dégage un ultime puck de sa zone. Du Bois s’en va sans conviction récupérer le puck et le public entame le décompte « 9…8…7…6…5…4… Du Bois adresse un tir désespéré en direction de Descloux…3…2… NON CE N’EST PAS POSSIBLE !!! Un mauvais rebond sur cette foutue glace des Vernets propulse le puck hors de portée du pauvre Descloux. Immense silence dans les Vernets, juste cassé par les 150 Davosiens qui pliaient déjà bagage. Le ciel semble tomber sur la tête des joueurs et du public. Davos revient de façon inespérée à 3 partout et arrache les prolongations.

 

Malgré une volonté du tonnerre et un public jouant son rôle à merveille, nos joueurs n’y sont plus et il ne faudra que 38 secondes à Dario Simion pour arracher un match n°7 dans deux jours.

 

Le Matin titre fièrement « La peur de gagner ne sied qu’aux petites équipes » tandis que la Tribune se contente d’un « A ça dedjeu, à ça ! » qui vaudra un blâme à son auteur. 1905.ch craque et titre moins sobrement « Tous à Davos ! ».

 

L’histoire n’étant qu’un éternel recommencement, même quand on cherche à la réinventer. Le GSHC à bout de forces et abattu mentalement ne pèsera pas lourd lors du match décisif, malgré les 17 cars affrétés par les IG. Pour la 3ème fois d’affilée, le parcours de notre équipe s’arrête en ½ finale alors qu’on avait le sentiment que passé ce stade, rien ne nous arrêterait. La déception est immense, tant au sein de l’équipe que dans le parcage, ce qui n’empêche pas les deux entités de se remercier mutuellement pendant de longues minutes. Une belle communion.

 

Goran Bezina fera cette fois ces adieux officiels au public lors de la soirée de fin de saison qui lui est presque entièrement dédiée, à tel point qu’il reçoit tous les trophées à disposition. Un dénouement cruel, mais nous en sommes tous convaincus : la saison prochaine, nous reviendrons encore plus forts.

 

EN BONUS : Avril

 

L’auteur de ces (nombreuses) lignes est interné à sa demande en institut psychiatrique.