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Le hockey, ce sport incompréhensible

Les Aigles se rendaient à Berne hier soir avec pas moins de 12 joueurs absents. Autant dire que ce match sentait aussi mauvais qu’un morceau de Vacherin oublié au fond du frigo depuis le dernier titre d’un club romand.

 

Neil Kyparissis, Arnaud Riat, Enzo Guebey, Remo Giovannini, voire même Guillaume Maillard ou Thomas Heinimann. Si tous ces noms ne vous disent rien, c’est normal. Il s’agit pourtant de quelques uns des 22 Genevois inscrits sur la feuille de match hier soir face à un CP Berne qui écrase tout sur son passage actuellement (9 victoires consécutives). C’est simple, les Ours n’ont plus perdu dans le temps réglementaire depuis le 15 septembre et une défaite 2-1… aux Vernets. On va pas se mentir, c’est déjà compliqué d’ordinaire d’aller gagner à la BernArena avec une équipe au complet, alors lorsqu’il manque à celle-ci l’équivalent d’une paire de défense et de deux lignes d’attaque, personne ne se fait d’illusion sur une potentielle deuxième victoire à l’extérieur consécutive des Grenat. Et pourtant, ils n’en sont en définitive pas passés loin du tout !

 

Pour ceux qui ne le sauraient pas, les Juniors Élite du GSHC cartonnent depuis maintenant plusieurs saisons sous l’impulsion d’abord de la génération de Rod et Douay notamment, puis de celle de Massimino, Maillard and co. Et même s’il est connu que le saut entre ce niveau et celui des pros est parfois difficile à franchir (Kast en est un excellent exemple), les meilleurs joueurs finissent souvent par faire une entrée fracassante en LNA. C’est le cas un peu partout en Suisse (Berne a notamment fait éclore André Heim cette saison), et comme nous sommes une équipe qui a tendance à collectionner les blessures année après année, on a l’habitude depuis longtemps de voir des noms improbables sur la feuille de match.

 

Ce qui a changé depuis quelques temps, c’est que ces mecs-là ne sont plus là juste pour faire le nombre mais participent activement au jeu. La raison ? La plupart ont au minimum déjà le niveau de la LNB alors qu’ils n’ont jamais quitté le hockey junior. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si plusieurs d’entre eux effectuent des piges dans cette division pendant la saison. Du coup, en cas d’avalanches de blessures comme c’est le cas actuellement, l’équipe première n’est même pas vraiment diminuée puisque ces jeunes ont l’opportunité de montrer qu’ils ont le talent et l’envie de se faire une place au soleil. Et c’est probablement l’erreur qu’a commise Berne hier soir : penser que ce GSHC rajeuni était moins dangereux que l’habituel (qui n’est déjà pas le plus dangereux de l’Histoire, je vous le concède).

 

Ces quelques lignes ne sont donc pas de trop pour saluer l’excellent travail fourni par Genève Future Hockey depuis de nombreuses années. Pourtant, à titre personnel et comme à peu près tout le monde, je ne donnais pas cher de la peau des Aigles lors de ce déplacement dans la capitale. Du coup, quand Thomas Rüfenacht ouvre la marque à la 13e, je n’hausse même pas un sourcil malgré le début de match tout à fait correct des Servettiens. Le 2-0 de Bodenmann (à la suite d’un contact litigieux entre Haas et Loeffel à l’opposé de la patinoire) alors que les Bernois évoluaient avec un homme de moins sur la glace (quoique l’action s’est déroulée à 4 contre 4 puisque Loeffel était resté au sol) me fait me résigner : oui, on va comme prévu prendre pas loin d’un but par titulaire blessé ce soir.

 

Sauf que non, parce que la traditionnelle arrogance bernoise va reprendre le dessus lors des deux tiers restants.À l’image du gâchis perpétuel que sont les ZSC Lions depuis plusieurs saisons (la meilleure équipe du championnat sur le papier mais incapable de franchir un tour de Playoffs), le grand SCB préfère s’économiser plutôt que de soigner la manière. Nos Aigles, pendant ce temps-là, ne lâchent rien et font avec leurs moyens. Valeureux, ils parviennent à mettre plusieurs fois en difficulté Genoni. De l’autre côté, Mayer fait encore et toujours des miracles. L’élément le plus marquant du 2e tiers ? La minute quarante-cinq de 3 contre 5 suite à deux pénalités stupides récoltées par Heinimann et Wick. Comme transcendés par Capt’ain Vuko, les Genevois sont sur tous les pucks, secondés au besoin par leur formidable cerbère. Un box-play impeccable (et ce sera le cas tout au long du match) qui démontre que le GSHC retrouve petit-à-petit sa combativité légendaire. Le tiers se termine donc sur le score de 2-0 pour les locaux, mais les nôtres ont sacrément bien tenu le choc.

 

Rebelote au troisième tiers, les Grenat se créent des occasions mais le réalisme n’a toujours pas intégré leur équipe. On ne peut guère leur en tenir rigueur sur ce match, parce qu’en face, c’est quand même du lourd. Soudain, le match bascule de manière incompréhensible. Antonietti, campé sur le rond d’engagement offensif, met un petit tir du poignet sur la cage de Genoni. Surprise, il finit au fond des filets et le grand Eliot voit en un match son efficacité au tir dépasser celle de Fransson sur l’ensemble de la saison. Dans l’enchaînement, Woodcroft (ou l’un de ses assistants, peu importe) va retirer son gardien à deux minutes pile de la fin du match sans même prendre un temps mort. Damien Riat surgit alors du banc, vient directement presser en zone offensive, récupère le puck, le transmet à Wick qui parvient à transpercer le portier bernois. Il reste 1’55’’ à jouer et les Aigles entrevoient la possibilité de piquer un point au leader du championnat avec la moitié de l’équipe absente et un seul étranger sur la glace. Le hockey est quand même un sport assez inexplicable parfois…

 

La sirène retentit, l’exploit est acté, maintenant il faut encore disputer la prolongation. Là, Simek va avoir une immense occasion qu’il ne parvient malheureusement pas à conclure. Sur l’action qui suit, il commet une faute en zone défensive et prend deux minutes. On se dit alors que le match a à nouveau tourné et que Berne va rapidement plier l’affaire. Que nenni ! Toujours aussi vaillants, les Genevois tiennent bon. Il faudra donc avoir recours aux tirs au but pour départager l’ogre bernois et l’Aigle convalescent. Qui l’eût cru !

 

À ce petit jeu-là, le seul des dix tireurs à allumer la lampe sera Simon Bodenmann et malgré des tirs plutôt bien exécutés de la part des Genevois, c’est bien les locaux qui empochent le 2e point. J’allais dire que c’est cruel pour les joueurs du bout du Lac, mais en réalité c’est avant tout un excellent point de pris. Personne ne les voyait ramener quoi que ce soit de ce déplacement, ils ont prouvé qu’ils avaient encore des ressources et une volonté de se faire pardonner de leurs errances de de ce début de saison manqué. Un grand bravo à eux, car malgré la défaite, ce genre de prestations nous semble de bon augure pour la suite !

    Les bières

  • Robert Mayer

    Il disait qu’il avait profité de sa convalescence pour devenir encore meilleur, il ne s’est clairement pas moqué de nous !
  • Daniel Vukovic

    On le préfère quand même largement avec un C sur le maillot à plonger sur tous les pucks plutôt qu’à se morfondre en tribunes. Exemplaire !
  • Eliot Antonietti

    Encore en grand manque de rythme, mais son but a fait beaucoup de bien à toute l’équipe. Et parce que sa barbe nous avait manqué !
  • Les pénalités stupides

    On sait que les joueurs veulent bien faire, mais ça va finir par coûter cher d’en prendre autant à chaque match.
  • Les blessés

    12 absents (dont 9 titulaires), c’est un peu risible quand même. Heureusement qu’il y a d’excellents juniors pour compenser !
  • Gaetan Haas

    Pas sûr qu’il y ait de faute sur son assist litigieux sur le 2-0, mais s’il pouvait éviter de nous esquinter un défenseur de plus, ça nous irait bien aussi.