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Notre équipe est-elle bipolaire ?

Première pause consacrée à l’équipe nationale après 18 matchs joués. Que peut-on en retenir ?

 

6ème place au classement, 9 victoires pour 9 défaites, 52 buts pour, 52 contre ; plus équilibré comme bilan, tu meurs. Et c’est bien là le reflet des performances de notre équipe depuis le début de la saison : c’est tout ou rien.

 

Comment expliquer qu’une équipe capable de certaines démonstrations (la victoire à 4-0 à Zurich, le premier tiers contre Zug entre autres) soit capable de se liquéfier comme lors des défaites à Zug, Lugano voire Fribourg ? Sans parler de notre traditionnelle défaite face à Lausanne. Je ne vois que deux seules explications qui tiennent la route : soit notre équipe est complètement bipolaire, soit le nouveau système (sur lequel on tentera de revenir plus tard dans la saison) est à la base de tout. Comprenez que s’il est appliqué correctement, il est d’une efficacité rarement vue. Par contre, au moindre grain de sable, tout s’écroule. Comme on n'est pas assez doués pour parler de bipolarité de manière scientifique, tentons d'analyser l'autre possibilité.

 

Que l’on ne se méprenne pas : perdre certains matchs et en gagner d’autres, c’est tout ce qu’il y a de plus normal. Cette saison, c’est avant tout la manière qui interpelle. Dans le même match, on est capables d’être géniaux, puis transparents, puis de nouveau géniaux. Et ce à l’infini. Sautes de concentration ? Coups de mou physiques ?

 

Dans les discours de Chris ou des joueurs, on se veut rassurants. « On joue bien », « on domine », même après une défaite. Roland Gerber, dans notre interview, nous a confirmé   que l’équipe sentait qu’il ne lui manquait pas grand-chose pour enchaîner les victoires, chose que l’on a de la peine à faire depuis le début de saison. Cette inconstance voire cette double personnalité sont je pense la principale cause de l’impression générale qui semble se dégager dans les travées des Vernets : on ne sait pas sur quel pied danser. Tantôt on pense l’équipe capable de tout en playoffs, tantôt on la voit se barre en playout. La frustration que cette variation engendre vient principalement du fait que l’on sent cette équipe capable et que l’on n’arrive pas à comprendre de tels écarts de niveau.

 

Si cette inconstance, potentiellement due à ce système fragile, semble être une piste, difficile de penser que les blessures ne jouent pas un rôle cette saison encore (le fait que d’autres équipes aient aussi des blessures ne modifie en rien notre bilan). En perdant Lombardi et Almond très tôt, ce sont deux maillons essentiels de la chaîne qui s’en sont allés, même s’ils n’avaient pas encore atteint leur rythme de croisière. L’absence de notre Vuko adoré a également fait mal ces temps, comme celle de Pedretti qui commençait à bien tourner. La pause devrait nous permettre d’en récupérer quelques-uns, et on ne va pas s’en plaindre.

 

Pour enfin réussir à trouver cette constance, il va falloir que nos attaquants se (re)mettent à marquer rapidement. Nos 52 buts marqués (8ème attaque de la ligue) et nos deux défenseurs qui trustent les places de meilleurs compteurs sont deux preuves que tout ne fonctionne pas encore tout à fait devant. L’arrivée de Simek et le retour de Lombardi devraient permettre de remédier en partie à cela, mais on attend plus de joueurs comme Romy (même s’il est meilleur buteur ex-aequo avec Rod et Fransson), Pyatt – malgré son très bon début de saison – Rubin et surtout D’Agostini. Une efficacité retrouvée de leur part pourrait effectivement nous laisser entrevoir quelques belles perspectives.

 

Du côté des satisfactions offensives, citons les jeunes Rod et Riat. Si l’on connaissait le talent du premier nommé, le second nous fait particulièrement bonne impression, même si on craint toujours de le voir se faire refaire le portrait par un molosse d’en face. Dans des rôles différents, Jacquemet – quel cœur et quelle polyvalence, on est heureux de le voir prolonger deux ans ! - et Douay nous plaisent beaucoup en ce début de saison, ce dernier faisant passer l’absence de Traber (qui ?) inaperçue. Quant à Kast, il est dommage que sa qualité de passe et sa vision de jeu soient  reléguées en 4ème ligne à côté de notre idole Roland, mais il peut les mettre au profit de notre magique powerplay.

 

Derrière, bien que possédant la 4ème défense du pays, on n’est pas toujours très rassurés. Là encore, on peut supposer que le système (qui offre énormément de surnombre aux adversaires quand il est mal exécuté) est à la base de ces angoisses, car individuellement personne ne semble totalement à la rue. Fransson et Loeffel sont hors normes, Vuko est fidèle à lui-même et Mercier est comme à son habitude discret mais efficace. Bezina ne fait pas une mauvaise saison, mais son temps de glace diminue logiquement, de même que ses responsabilités et ce n’est, malgré toute notre affection, logiquement plus le même qu’il y a quelques saisons. Antonietti et Iglesias sont par contre, selon moi, en retrait. Eliot peine à franchir ce fameux palier dont parle Chris depuis plusieurs années, même si sa blessure ne l'a évidemment pas aidé. Iglesias nous a lui d’ores et déjà fait faire 8 arrêts cardiaques suite à ses « hourra relances » dans l’axe. Chuard est prometteur, mais son temps de jeu est top faible pour pouvoir se faire un avis solide. Dans l’ensemble, ça tient la route, mais on ne peut s’empêcher que cette défense mériterait le renfort d’un bon joueur suisse supplémentaire. Le problème, c’est que ça ne pousse pas au coin des rues.

 

Avec 91.93% d’arrêts, Mayer est au niveau, même si son invraisemblable capacité à prendre un rouleau dans un match où il va faire 2-3 arrêts de classe reste perturbante. Tout comme ses sorties loin de ses buts, qui ne rassurent pas plus ses coéquipiers que son public, visiblement. Avec ses 89.94% d’arrêts, Gauthier Descloux ne tutoie pas encore les sommets mais emmagasine de l’expérience et n’est en rien responsable de nos défaites lorsqu’il joue. Il doit avoir comme objectif de prendre la place de Mayer à l’issue du contrat de celui-ci.

 

Collectivement, on sent toujours cette rage de vaincre qui est notre marque de fabrique depuis tant d’années, de ce côté-là rien ne change, malgré le départ de Rivera, qui incarnait si bien cet état d’esprit. On l’a notamment vu à la façon qu’a eue de réagir l’équipe après ses 4 défaite d’affilée, alors que certains malins demandaient déjà la tête du coach…

 

Et puisque l’on aime bien finir sur une note positive, parlons des situations spéciales. Meilleur powerplay (32.81% de réussite), 2ème boxplay (85.37%), nous dominons la ligue dans ces domaines. Ça a beau faire deux ans que ça dure pour le powerplay, ça fait encore bizarre de l’écrire. Ce qui est sûr, c’est que ces deux stats nous ont déjà permis de récolter pas mal de points et devraient continuer à le faire. Et qu’elles sont tellement belles qu’elles se passent presque de commentaires. Répétez-vous simplement que nous sommes Le meilleur powerplay de la ligue.

 

En écrivant ce bilan, je me rends compte que c’est assez symbolique de ce début de saison. On a rien ni personne sur qui taper réellement, mais rien non plus de suffisamment génial pour que l’on s’extasie dessus, hormis les situations spéciales. Certains matchs, tout est blanc alors que d’autre, tout est noir, ce qui fait de notre équipe une descendante de Michael Jackson : elle est entre les deux. Le retour des blessés devrait, on l’espère, nous permettre de virer plutôt blanc que noir, mais une chose est sûre : dans ce championnat si serré, avant de penser à gagner le titre, il va falloir assurer notre place en playoffs. On y croit dur comme fer, mais attention tout de même. Comme le veut la formule : « Tout va très vite dans le sport ». Dans un sens comme dans un autre.