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Parlons tactique : Antonietti et Kast à la bleue

Une fois n’est pas coutume, penchons-nous sur un aspect purement tactique du jeu.

 

On l’a rarement fait, à tort peut-être, depuis notre création alors on va essayer de combler un peu ce manque : tenter d’analyser certaines phases de jeu ou certaines décisions de Chris. Aujourd’hui, attardons-nous sur la doublette Kast-Antonietti qui évolue à la ligne bleue (ou presque, nous le verrons) en power-play.

 

Cet alignement fait beaucoup parler en ce moment : Kast n’a pas un gros shoot et Eliot, dont on reste convaincus du talent, peine à retrouver son vrai niveau en ce début de saison. Et pourtant, il y a une explication derrière ce choix. Même s’il a été influencé par les diverses blessures et suspensions dans notre arrière-garde. Nous n’avons pas la prétention de pouvoir nous glisser dans le cerveau de Chris, mais on va quand même tenter de réfléchir comme lui a du le faire.

 

L’agrandissement des zones d’attaque (provoqué par le reculement des lignes bleues d’1m50) a changé la donne, notamment lorsqu’il s’agit d’évoluer en power-play. L’espace pour créer du jeu est de facto plus grand et le(s) défenseur(s) posté(s) à la bleue doivent posséder un tir puissant. En effet, avec 1m50 de plus à parcourir, les gentils tirs mous du poignet ne sont plus vraiment dangereux. Ou du moins nettement moins qu’avant.

 

De ce fait, et partant du principe que nos deux meilleurs tireurs (Bezina et Ranger) évoluent sur le premier bloc de power-play, il fallait trouver parmi nos défenseurs celui ou ceux qui venaient ensuite en terme de puissance de frappe. Loeffel suspendu, Mercier blessé, Vuko, Iglesias, Trutmann et Marti possédant, selon nous, un shoot moins puissant qu’Eliot, ce dernier était donc la meilleure solution en regard des forces en présence. Même s’il n’a pour l’instant pas trouvé la cible, personne ne peut nier qu’Eliot sait tirer fort et dans ce contexte, même s’il a pu étonner certains, ce choix ne nous apparaît pas totalement dénué de sens. D’autant que nous sommes en début de saison (période durant laquelle on peut encore se permettre quelques tests) et que l’on sait que Chris fonde d’énormes espoirs sur notre grand barbu.

 

Le problème, c’est que cette responsabilité (en plus de celles qui lui sont confiées dans le jeu en égalité numérique) était peut-être trop lourde à porter pour Antonietti qui, et sa taille pourrait parfois nous le faire oublier, n’a que 21 ans. Loeffel va d’ailleurs dans ce sens dans son interview dans la Tribune du jour. Gageons que ces quelques matches d’expérience (Loeffel devant logiquement reprendre la place d’Eliot en power-play dès ce soir) permettront à notre numéro 47 de progresser et d’apprendre de ses erreurs. Et de repartir du bon pied en se concentrant sur son jeu à 5 contre 5 aux côté de son mentor, Goran Bezina. On le sait capable de revenir à son niveau de la saison passée et ce n’est pas parce qu’on lui a attribué 2-3 mauvaises bières qu’on le condamne comme certains. Loin de là.

 

La présence de Kast en a elle aussi étonné plus d’un. Il est petit et technique, loin du gabarit d’un défenseur au shoot ravageur. Ca tombe bien, ce n’est pas pour tirer que Chris le fait jouer de cette façon. Mais pour ouvrir le jeu, profitant (nous y revoilà) de l’agrandissement des zones d’attaque et de la super vision du jeu de Kast.

 

On a d’ailleurs rarement vu Kast collé à la bleue, mais plutôt posté 2-3m devant, offrant une solution de passe supplémentaire aux 3 attaquants sans être obligé de revenir à la pointe. De par sa justesse technique, notre numéro 19 est ainsi libre de distribuer le jeu, osant même des passes à travers la boîte qui semblaient jusque là interdites par Chris. Corolaire : notre power-play n’est peut-être pas encore un modèle du genre, mais on a déjà vu cette saison plus de vrais schémas que lors des 5 (qui a dit 10 ?) saisons précédentes réunies.

 

En associant Kast et Antonietti, on se donne aussi la possibilité d’avoir un joueur rapide qui peut suivre son attaquant en cas de contre. On a vu contre Kloten que la roublardise d’un défenseur manquait à Kast lors d’un deux contre un (qui aurait normalement du s’occuper du joueur au centre et laisser le porteur du puck à charge du gardien), mais dans l’idée c’était certainement le but recherché par Chris.

 

Enfin, il est intéressant de constater que Kast occupait déjà ce rôle la saison passée en LNB du côté de La Tchaux. Ce n’est donc pas qu’une idée farfelue de Chris, mais simplement une utilisation d’un joueur en adéquation avec ses qualités et son expérience.

 

Enfin, le fait de bénéficier de deux dispositifs différents en power-play (un bloc avec deux défenseurs, un avec un défenseur + Kast) permet de varier les schémas et de compliquer un tant soit peu la tâche des défenseurs adverses, à qui l’on fait des cadeaux en power-play depuis 10 ans. On a d’ailleurs cette saison un taux de réussi en jeu de puissance quasiment jamais vu jusqu’à aujourd’hui.

 

Alors bien sûr tout n’est pas parfait, tout le monde a fait des erreurs et il est plus facile de se rappeler de celles-ci que des choses qui fonctionnent. Notre but n’est pas de vous dire que tout est rose et que Chris ne prend que des bonnes décisions. Ce qu’on essaie d’expliquer, c’est que derrière chacune de ses décisions, il y a une explication, que l’on soit d’accord avec ou non.

 

Chacun est libre (et encore heureux a-t-on envie de dire) de penser ce qu’il veut de ce power-play et de cette association, mais tenter de l’expliquer comme nous l’avons fait ci-dessus restera toujours plus intéressant selon nous que les théories entendues ci et là qui nous apprennent que « Antonietti est nul » et que « Chris est un con ». D’autant que ni l’un ni l’autre n’est vrai.