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Saison 2017 – 2018 : une année stressante dans la peau d’un supporter

Si je vous dis que cette année de hockey n’aura pas été un long fleuve tranquille, je pense que personne ne me contredira. Il y a bien sûr les résultats qui n’ont pas été à la hauteur, mais également tous les tourments liés à l’avenir de notre club. Beaucoup de moments de doutes, de stress et d’angoisse, puis finalement, le soulagement en cette fin de saison. Et si je vous proposais de faire un bref retour en arrière ?

 

Même si cela ne coïncide pas avec le début de la saison sportive, je vois mal comment éviter de parler de la mise sur la touche de Chris McSorley, qui marquait véritablement la prise de pouvoir de Hugh Quennec et de ses trois acolytes, ainsi que le début de cette année de galère. On avait à peine eu le temps de digérer la défaite 4 à 0 contre Zoug en quart de finale de playoffs, que des bruits de couloirs, relayés par la presse, se répandaient sur le départ de Chris McSorley. Les dirigeants donnaient d’ailleurs rendez-vous aux joueurs pour les questionner sur Chris McSorley et son coaching. Ma plus grande crainte était alors de le voir partir définitivement du club, chassé comme un mal propre après plus de 16 ans derrière le banc, tout simplement inconcevable pour ma part. Le 22 mars 2017, les doutes étaient levés suite à une conférence de presse durant laquelle le club annonçait son nouvel organigramme : le grand patron sur le plan sportif était Mike Gillis, qui entrait au conseil d'administration du club, de même que François Bellanger. Peter Gall, autre Canadien, était chargé de superviser le projet de la nouvelle patinoire, tandis que le dernier Canadien, Lorne Herning, devait épauler Chris McSorley, qui ne quittait heureusement pas le club, dans sa tâche de directeur sportif. Qu’en penser ? À cet instant précis, mes sentiments étaient contrastés : Chris McSorley allait toujours œuvrer pour le club mais plus en tant qu’entraîneur. Ne plus jamais voir Chris McSorley derrière un banc était assurément un deuil à faire. Mais la perspective de voir du sang neuf à ce poste n’était pas pour me déplaire à vrai dire, sauf que j’étais loin d’imaginer l’année qu’on allait vivre.

 

Le 26 juin 2017, alors que le capitaine de l’équipe (Kevin Romy) avait été choisi une semaine avant l’arrivée du nouvel entraîneur (cherchez l’erreur), le club annonçait l’engagement de Craig Woodcroft à ce poste, le conseil d’administration nous indiquant vouloir s’engager sur du long terme avec lui (3 ans). La déception s’est rapidement lue sur mon visage. Alors qu’on nous avait promis un entraîneur avec une solide expérience pour viser le titre, nous voilà avec un quasi inconnu, qui ne faisait même pas figure d’outsider au début des discussions à propos du prochain entraîneur. Certes, le club a cru bon d’indiquer qu’il avait été choisi comme entraîneur assistant pour suivre le Canada en cette année olympique afin de nous convaincre de sa valeur, mais je n’ai jamais compris l’acceptation du club pour ce double-poste, sachant que Craig Woodcroft a dû laisser notamment notre équipe durant 3 semaines juste avant les playoffs. Bon, soyons honnête, lorsque j’ai vu le premier match de la saison du GSHC contre le LHC, j’ai eu l’espoir fou qu’on allait voir du beau jeu, un hockey plus conquérant. Le GSHC avait mis le LHC dans ses petits patins (comme le quasi restant de la saison contre cette équipe) et montrait un autre visage plus séduisant. Mais dès le second match contre Fribourg, l’enthousiasme retombait comme un soufflet. La réalité ne fut jamais réjouissante, cet entraîneur qu’on ne connaissait pas n’a pas convaincu et c’est peu de le dire. Craig Woodcroft est rapidement devenu, aux yeux de tous les supporters, un entraîneur mou derrière son banc, jamais un mot à redire durant le match (au passage, un temps-mort ça se prend pour parler à ses joueurs et non pas pour laisser ses assistants le faire à sa place…), distant envers les fans et même ses joueurs, un powerplay toujours aussi désastreux et surtout des résultats qui ne justifiaient rien. Craig Woodcroft n’aura jamais réussi à nous convaincre. J’espère simplement pouvoir bientôt lui dire bon vent sous les couleurs d’un autre club dès la saison prochaine !

 

Alors que l’équipe était au plus bas sportivement (résultats, blessés qui s’accumulaient) et que le public désertait de plus en plus les Vernets (je ne parlerai pas de cette autre mauvaise décision du club, soit celle de vouloir que le GSHC joue ses matchs le jeudi, car cet article serait bien trop long), nous avons tous commencé à entendre les rumeurs annonçant des problèmes de trésorerie au club, rien de bien rassurant. Hugh Quennec, fidèle à lui-même, le sourire aux lèvres, assurait qu’il n’en était rien le 13 octobre 2017 aux médias : « il ne faut pas commencer sur ce sujet-là aujourd’hui. Non. Actuellement, nous n’avons pas de problèmes financiers. Nous avons un problème sportif uniquement ». Ma confiance en cet homme étant proche du zéro, je n’ai jamais cru en ses belles paroles. Les soucis ne faisaient que commencer et nos angoisses n’étaient qu’à leurs débuts. Le 21 novembre 2017, ce qu’on redoutait tous était avoué à demi-mot par le club, oui des soucis financiers existaient, mais le club n’y était pour rien (bien entendu)... La subvention 2017 des collectivités publiques à l’Association Genève Futur Hockey de CHF 500'000.- était encore attendue, de même que le remboursement des frais liés au développement de la nouvelle patinoire qui devait être débloqué dès la confirmation par les collectivités publiques de leur accord de collaborer avec les investisseurs. On parlait alors de 3 millions qui manquaient dans les caisses, dus à une avance faite par le GSHC. Si rien ne venait rapidement de la part des autorités, on pouvait craindre le pire.

 

Si le mois de décembre a permis de rêver sportivement (je vous rappelle la belle série de 8 matchs gagnés en 9 matchs joués) et d’oublier un peu les problèmes financiers, sitôt la trêve (davosienne) de Noël arrivée, ils ont ressurgi de plein fouet. J’avoue qu’avec ces beaux résultats, j’avais presque oublié (occulté serait sans doute un meilleur mot) les problèmes financiers du club… Mais le 22 décembre, alors que le GSHC allait jouer son dernier match de l’année 2017, un article paru dans la Tribune de Genève me fit retomber sur terre. L’article parlait d’un grave déficit de trésorerie au GSHC, du non-paiement des charges sociales et des factures de certains fournisseurs du club. Je ne sais pas comment vous l’avez pris, mais personnellement, c’était un sacré coup sur la tête, accompagné d’une immense colère. Colère, bien sûr, envers les dirigeants qui avaient dépensé plus que ce qu’ils n’avaient. Mais colère surtout envers Hugh Quennec, qui était tout simplement en train de répéter le schéma du SFC. Les gros problèmes du SFC avaient aussi débuté par l’annonce du non-paiement des charges sociales, puis ce fut au tour des fournisseurs et des salaires des joueurs. Le club de foot avait évité une nouvelle faillite in extremis, Hugh Quennec s’étant lâchement accroché à ses actions jusqu’à l’ultime moment avant de céder le club pour un franc symbolique. Bien trop tard pour que les repreneurs ne puissent éviter une relégation administrative… Connaissant cette histoire par cœur, on avait plus qu’à espérer fortement qu’Hugh Quennec ne reproduise pas le schéma complet et lâche cette fois-ci le club à temps.

 

Des hashtags #Quennecdégage commençaient à apparaître un peu partout sur la toile, notamment Twitter et Facebook, écris par des supporters qui n’acceptaient pas que notre club puisse partir en faillite. Car oui, le mot dépôt de bilan était évoqué et la faillite aurait été la prochaine étape si aucun changement n’avait lieu rapidement. Pendant ce temps, on apprenait que le club voulait vendre des joueurs tel que Daniel Vukovic, Jonathan Mercier, Nathan Gerbe, Romain Loeffel… Je savais que si on vendait ces joueurs, on aurait un peu de liquidités, mais je savais aussi qu’on allait simplement tuer la minime chance de faire quoi que ce soit sportivement cette année. Je n’étais donc clairement pas pour.

 

Et Chris McSorley dans tout cela ? S’il était tenu au silence dans les médias, les rumeurs allaient bon train. Il semblait que lui, Christophe Stucki et les fonds d'un spécialiste de l'immobilier étaient prêts à reprendre les parts de Hugh Quennec, mais que ce dernier refusait d’en entendre parler.

 

Le 16 janvier 2018, un journaliste annonçait la parution imminente d’un communiqué de presse du GSHC. Je vous mentirais si je vous disais que je n’ai pas cru à la vente par Hugh Quennec de ses actions. Mais ma joie fut de trop courte durée puisque ce communiqué annonçait simplement que Mike Gillis, Peter Gall et Hugh Quennec apportaient 1,2 million de francs dans les caisses « afin de faire face aux difficultés de trésorerie et avant la mise en place d’une solution pérenne », le club annonçant également 6 millions de dette au plus à la fin de la saison. En gros, ils annonçaient avoir fait une part de leur boulot. Si l’apport d’argent était en soit une manne financière bienvenue pour le club, la frustration et la colère étaient encore plus présentes. Nous savions tous qu’aucun avenir ne pouvait exister avec cet homme à la tête du club et pourtant le directeur du GSHC, Pierre-Alain Regali, réaffirmait la position de Quennec en tant que président. La politique de l’autruche du GSHC faisait peur, de même que la volonté de Hugh Quennec.

 

Alors que durant les matchs, les supporters sifflaient et chantaient à la démission de Hugh Quennec dès qu’ils le pouvaient, en coulisse, les voix commençaient à se faire entendre. Une action commune entre les Irréductibles Grenat et le Golden Eagle Club se préparait pour le 26 janvier 2018 afin de montrer leur désaccord profond à Hugh Quennec, l’incitant encore une fois à se dessaisir de ses actions. Je me rappelle du débat qui a eu lieu entre les supporters partisans de l’action des IG (le public devait boycotter les deux premières minutes du match afin de montrer des tribunes vides) et ceux contre, qui se refusaient de louper ces 2 minutes du match, les joueurs étant les premiers pénalisés. Personnellement, mon choix a été vite fait, toute action était bonne pour faire comprendre à Quennec que sa place n’était plus au GSHC. Mais cette discussion n’a pas connu son point final, car contre toute attente, 2 heures avant le début de ce match, le club annonçait qu’Hugh Quennec se retirait et avait cédé ses actions à la Fondation 1890, qui était désormais seule aux commandes. J’avoue avoir dû lire plusieurs fois l’information, histoire d’avoir la certitude que ce n’était pas un rêve. Tellement inattendu et incroyable que je peinais à y croire, mais pourtant vrai et à temps cette fois-ci ! Quelle joie et surtout quel soulagement ! Notre club était sauvé, la fondation ayant repris les problèmes financiers et remis les compteurs à zéro. Plus de risque de faillite, plus de descente aux enfers attendue, qu’on se le dise, on y a échappé de peu ! On apprenait également que François Bellanger devenait le nouveau président. La victoire 4 à 3 ce soir-là face au LHC n’en fut que plus belle !

 

La tête enfin libérée, l’équipe a pu se reconcentrer sur la seule chose qui nous unis tous, le hockey. Si la qualification pour les playoffs fut arrachée par l’équipe à l’avant-dernier match de la saison, alors que la lutte était acharnée avec Langnau, je n’ai jamais senti réellement l’équipe entrer dans ces playoffs. Le mode « on » n’a jamais été enclenché en quelque sorte. La défaite 4 à 1 face au SC Bern a laissé un goût d’inachevé certes, car on l’a bien vu, quand l’équipe jouait la tête relâchée, elle pouvait battre cette équipe (victoire dans le 4e match de la série). Mais j’ai du mal à lui en vouloir. On a vécu l’une des pires saisons extra-sportives de ces dernières années, et malgré tout, les joueurs ont réussi à mener l’équipe en playoffs. Rien de bien étonnant si l’on regarde les joueurs qui composaient notre équipe me direz-vous, mais arriver à se concentrer et se battre encore et encore, alors que tout va de travers en coulisse n’est jamais chose aisée. Alors pour n’avoir rien lâché lors de cette année si compliquée, je souhaite tirer mon chapeau aux joueurs. Les résultats, on les attendra l’année prochaine avec un nouvel entraîneur !

 

Enfin, tout dernièrement, le club a annoncé le retour de Christophe Stucki comme directeur général et, par la même occasion, le départ de Pierre-Alain Regali. Je n’ai rien contre ce dernier, mais j’avoue que le retour de Christophe Stucki me réjouit au plus haut point. Son départ du jour au lendemain, poussé dehors par Hugh Quennec et sa clique, a été, à mon avis, les prémisses des problèmes financiers du club. Je pense qu’on ne peut qu’être rassuré de voir que le club repart sur des bases saines, en s’entourant des bonnes personnes. Par ailleurs, Chris McSorley a enfin pu briser son silence et pu s’exprimer sur la saison prochaine. ENFIN ! Une année sans le lire dans les journaux ou l’entendre à la télévision m’a paru être une éternité. Son retour en grâce, le retour de Christophe Stücki, l’arrivée d’un nouveau président en la personne de Laurent Strawson a de quoi rassurer et est de bon augure pour la suite. Les bases d’un renouveau sont posées, au GSHC de les faire fructifier !

 

Après une année de stress, de tension et d’inquiétude, je me réjouis de pouvoir dire sereinement, au revoir GSHC et à l’année prochaine, même rangée, même place !