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Un match, l’éternité

Le GSHC termine sa saison après un sixième acte d’anthologie qui restera gravé comme le plus long match de l’histoire du hockey suisse.

 

Avant la rencontre, les Genevois savaient qu’ils avaient quelques clés à ne pas perdre, quelques failles dans le jeu bernois qu’ils exploitaient au maximum depuis le début de la série. On parle par exemple de l’inefficacité des défenseurs de la capitale devant le but (dont la seule réussite leur offrit la 5e manche mardi), mais aussi et surtout du power-play catastrophique des Ours (0% de réussite après plus de 35 minutes) et de la forme moyenne de Genoni. Si l’un ou l’autre de ces aspects venait à tourner en faveur des Alémaniques, il devenait impossible ou presque pour leurs adversaires d’espérer ramener quoi que ce soit de ce sixième match. Bah vous savez quoi ? Tout cela, on s’en fout aujourd’hui.

 

Après avoir consciencieusement pris des notes pendant un peu plus de 59 minutes pour vous pondre un résumé digne de ce nom, il m’aura finalement fallu 16 secondes pour comprendre que jamais mon calepin ne pourrait retranscrire ce que l’on vivait ce soir. Ni depuis le début de la série. Ni même depuis le mois de septembre. Nous sommes en train de vivre l’une des plus belles saisons de LNA depuis des décennies et nul doute que nos Aigles y ont grandement participé. Tout comme l’a fait Ambrì de son côté ou comme est encore en train de le faire Langnau. Des effectifs sur le papier bien inférieurs aux grosses machines zurichoise, luganaise ou bernoise, mais qui jouent au hockey avec le cœur, les tripes et une discipline quasi-militaire. Ajoutez-y une pincée de réussite et quelques individualités hors-normes (Kubalik, Pesonen, Richard, etc.) et vous obtiendrez un cocktail optimal pour vous faire vivre un Grand-8 de folie.

 

Du côté des Genevois, cela fait maintenant un mois et demi qu’ils ont débuté leurs Playoffs. Depuis cette défaite à domicile contre Langnau début février, les Boys de Chris McSorley ont compris qu’ils devaient se serrer les coudes et appliquer leur système à la lettre s’ils voulaient s’en sortir, une consigne traditionnellement réservée à la post-season. Ce fameux 0-0 après 60 minutes à la Valascia malgré trois guerriers tombés au combat (Rod, Berthon, Winnik) leur a montré la voie. Les points récoltés de haute lutte du côté de Zurich et de Lugano quelques jours plus tard en dépit de nombreuses absences achevèrent de former la résilience d’un groupe qui allait marquer l’histoire. Oui, cette équipe avait le potentiel pour déplacer des montagnes si elle trouvait la bonne formule.

 

Tel un quart de finale, cette série relativement positive permettait aux Servettiens de se lancer vers un improbable exploit. Leur demi-finale débuta lors d’un match mémorable du côté de Berne le 26 février. Si le Totomat affichait ce jour-là une victoire des locaux, les visiteurs sentaient au fond d’eux qu’ils avaient eux-aussi emporté la mise. Forts de ces certitudes, ils empochèrent les trois dernières batailles pour passer in extremis au-dessus de la barre, non sans certaines émotions qui nous rappelaient à n’en pas douter le printemps 2010.

 

C’est ainsi sous la forme d’une finale avant l’heure que s’annonça cette série contre les Ours de la capitale. Sans refaire l’histoire récente, on retiendra que les Grenat se sont battus avec une rage de vaincre hallucinante face à un adversaire souvent poussé dans ses derniers retranchements. Jusqu’à cette inexplicable soirée du 21 mars 2019, date où, pour la première fois de l’histoire du hockey suisse, les matchs 6 et 7 d’une série se disputèrent consécutivement. Et comme toujours, lorsqu’il y a un septième match entre les deux équipes, à la fin c’est Berne qui l’emporte. Tant pis. L’avantage d’une finale en quarts de finale, c’est qu’il n’y a pas de trophée décerné à la fin, juste la sensation d’être passé à côté de quelque chose. Mais de quoi ?

 

Soyons réalistes : non, nous ne sommes pas passés à côté de quelque chose, nous avons vécu quelque chose ! Ce dernier mois et demi, nous avons retrouvé les guerriers qui ont fait la légende de notre GSHC. Cette mythique équipe de gratteurs qui parvient à remporter des matchs on ne sait trop comment, elle était là. Une trentaine de bonshommes habillés en grenat qui ne renonce jamais, même lorsque tout semble terminé, et qui mouille le maillot comme si leur vie en dépendait. Une équipe soudée, capable de nous faire rêver sans produire un jeu léché. Des mecs investis d’une mission à la fois simple et si complexe : rallumer la flamme du hockey à Genève après des années d’errements et de trahisons diverses.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous avez accompli votre mission, Messieurs. Que le taux de remplissage des Vernets depuis un mois et surtout le nombre record de décibels en soient témoin : oui, le hockey sur glace est toujours vivant au bout du Lac et le GSHC a retrouvé sa force. Chris McSorley avait raison : venir jouer aux Vernets est redevenu comme une visite chez le dentiste. Si l’on aura probablement l’occasion de dresser d’autres louanges à Jésus-Chris dans un futur proche, force est de constater que malgré une élimination en quart de finale, l’Ontarien a totalement réussi son pari en retrouvant la bande. Il en a profité pour démontrer à la Suisse entière qu’il n’était pas mort et que ses idées, quoique parfois un peu vieillottes, n’avaient rien perdu de leur pertinence lorsqu’il s’agit de renverser les pronostiques. Merci pour tout Chris (et Louis, et Sébastien, et tous les autres). Immense merci même d’avoir façonné un groupe dont les Genevois ne peuvent qu’être fiers, malgré un résultat final qui aurait pu être décevant.

 

Et merci à vous, les trente et quelques guerriers grenat. Rien ne vous a été épargné durant la saison. Vous avez tous été touchés dans votre chair à un moment ou à un autre. Vous avez eu des doutes à certains moments, que ce soit sur votre niveau personnel, sur celui de votre ligne, de votre équipe ou de votre coach. Malgré cela, vous avez fait corps et vous vous êtes battus, 59 matchs officiels durant, pour redonner à nos couleurs leur lustre d’antan.

 

Si le résultat brut ne correspond assurément pas à vos attentes, patientez donc quelques jours pour prendre du recul. Vous constaterez à quel point vous pouvez être fiers de vous. Vous avez été capables de renverser toutes les équipes du pays et de faire trembler le Grand SCB en jouant constamment avec votre meilleure ligne à l’infirmerie. Enlevez donc la première ligne défensive et offensive de tous vos adversaires et vous comprendrez la portée de l’exploit que vous avez réalisé cette année.

 

Merci et bravo. Vous avez amplement mérité quelques semaines de vacances !

 

Quant à nous, vu que c’est la tradition, il est temps de distribuer quelques bières sur cet acte 6. Mais soyez-en assurés, chers joueurs, même si le McSo était déjà fermé lorsque vous avez terminé votre soirée de travail, vous avez tous mérité une tournée de la meilleure cuvée qui soit.

    Les bières

  • Robert Mayer

    Les mots me manquent pour décrire le niveau qu’il a encore atteint hier soir. Son « big save » de la 116e m’a presque tiré une larme.
  • Tanner Richard

    Encore présent sur tous les buts grenat hier soir, il termine avec 7 assists sur les 13 réussites des Aigles en Playoffs. Extraterrestre.
  • Johan Fransson

    Deux assists et 48’35 de temps de glace (record suisse). On a retrouvé la machine de guerre qu’il a pu être par le passé !
  • L’arbitrage en prolongation

    Je comprends et j’approuve la volonté de ne siffler que les grosses fautes. Là, la ligne rouge a été franchie à 3 reprises sans intervention…
  • Les prolongations sans TAB

    J’étais favorable à cette nouveauté, je suis maintenant complètement contre cette mascarade. C’est drôle un moment, mais c’est trop dangereux pour un intérêt très limité.
  • La fin de saison

    On va à nouveau devoir faire semblant d’avoir des amis pendant 6 mois histoire d’occuper nos week-ends en attendant la reprise…