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Federico Tamo : "Mon cœur est plus grenat que rouge"

Date de l'interview
Mercredi, Avril 30, 2014

En attendant nos bilans qui tardent à arriver, voici un petite interview pour vous faire patienter...

 

Il n'a joué que 8 matches avec nous en 7 ans et pourtant, son départ va laisser un vide considérable. Il était de notre devoir de vous proposer son interview avant qu'il ne s'en aille.

 

Connais-tu 1905.ch ?

 

Oui, je connais. Je sais que vous faites des articles après nos matches. Je crois qu'il y a le forum officiel du club. Et vous donnez des bières aussi. De temps en temps, j'ai la chance d'en avoir une. Ça fait toujours plaisir.

 

Ça fait quel effet d’être retraité à 29 ans ?

 

C'est pas vraiment une retraite, c'est plutôt un changement d'orientation professionnelle. Je savais toujours que ça allait arriver et que je n'allais pas faire une grande carrière de hockeyeur. Elle était déjà plus longue que ce que je pensais. C'était clair pour moi que je n'avais pas assez de talent pour gagner correctement ma vie avec le hockey. Il fallait donc prévoir le futur d'une autre façon.

 

A quel moment as-tu vraiment réalisé que cette fois, c’était fini ?

 

Quand mes parents ont tiré la laisse pour que je reprenne leur pharmacie. Ils commencent gentiment a vouloir prendre leur retraite. Ils pensaient déjà pouvoir prendre la prendre quand j'ai fini mes études. Donc là, c'était un peu le moment. Et j'approche mes 30 ans donc c'est le moment de prendre les choses sérieuses en main...malheureusement. Ce n'est pas que je n'aime pas ce que je vais faire après mais ici c'est le rêve. La vie de sportif d'élite, c'est vraiment le rêve.

 

Cette dernière saison a été un peu spéciale pour toi, avec notamment ta première titularisation en LNA. Comment as-tu vécu ce moment ?

 

C'était cool, c'était que du positif. Ça fait sept ans que je suis là et c'est après sept ans qu'il y a un grand concours de circonstances qui a fait que je doive débuter un match... C'était que du plaisir et il y avait une super ambiance aux Vernets avec tout ce public qui était la pour nous soutenir. L'équipe a joué très fort pour moi. C'était super cool.

 

Qu’as-tu ressenti en entrant sur la glace, avec tout ce public qui étai derrière toi ?

 

Ça fait toujours plaisir mais après le match c'est le match. Il faut essayer de se concentrer sur ce qu'on a à faire. Surtout que je n'ai pas beaucoup de temps de jeu, il faut que j'essaie d'en profiter à chaque instant. Personnellement, je ne suis pas super content de mon match mais l'équipe a bien joué et on a gagné donc c'est le principal. Et j'ai quand même battu un gars qui a gagné la Coupe (ndlr : Aebischer) donc c'est pas trop mal.

 

Ça n’a pas été trop dur pour toi de voir que Chris McSorley ne te faisait pas confiance pour les 3 matches de suspension de Tobias ?

 

Non, c'était sur que je n'allais pas jouer les trois matches. Je suis déjà content d'avoir pu en faire un. Quand j'ai signé ici, c'était clair que c'était pour jouer zéro minute par saison. Le fait qu'il me donne un match, ça prouve que j'ai travaillé fort et qu'il avait un peu confiance en moi. Peut-être que si j'avais mieux joué, j'aurais pu jouer le match contre Lausanne. Ça je ne le sais pas trop mais c'était sur que je n'allais pas jouer deux matches à la suite, ça aurait été beaucoup trop pour moi qui suis inexpérimenté.

 

Ça n’a jamais été frustrant pour toi de te contenter d’ouvrir et fermer une porte plutôt que de jouer ?

 

Oui, il y a ça mais il y a tout le reste qui va avec. Tous les matins, je suis dans les vestiaires avec l'équipe et j'ai mon but à l'entraînement. C'est clair que les matches c'est un paramètre mais ça ne fait pas tout. J'ai su dès le début que je n'allais pas jouer donc c'est plus facile à accepter que si tu t'attends à faire 20 ou 30 matches par saison et que tu n'en fais pas un. Il faut prendre tous les paramètres en compte. Je ne peux peut-être pas jouer mais j'ai la meilleure place pour voir les matches.

 

As-tu songé à partir durant ces sept ans?

 

Après un ou deux ans, j'aurais pu chercher une place en LNB mais là aussi je ne savais pas combien d'années je pourrais rester dans le milieu. J'ai donc décidé de vraiment profiter de Genève parce que j'aimais la ville, l'équipe, les entraînements, le public et tout.

 

Mais tu as eu des offres durant toutes tes années à Genève pour aller jouer ailleurs ?

 

Non rien de concret. Il y a eu quelques petites discussions mais même de mon côté, je n'ai jamais vraiment cherché autre chose parce que j'étais tellement bien ici.

 

Penses-tu que tu aurais eu le niveau d’être un N°1, que ce soit en LNA ou en LNB ?

 

En LNA, probablement pas, après on ne sait pas parce qu'à Bâle, je n'aurais jamais du être deuxième. En LNB, je pense que j'aurais pu y aller et essayer de batailler pour une place.

 

Tu as conscience d’être le gardien remplaçant le plus populaire de Suisse ?

 

Ah ouais?! C'est vrai? Ici à Genève, c'est assez facile parce qu'il n'y en a plus eu beaucoup depuis sept ans... Mais tant mieux, ça me fait plaisir.

 

Comment considérais-tu ton rôle dans le vestiaire ? Tu étais là pour amuser la galerie ?

 

Oui et non. Étant donné que je ne peux pas vraiment les aider sur la glace puisque je n'y suis pas, j'essaie de tout faire à côté pour aider l'équipe à aller bien. Que ce soit en les amusant ou autre, mais je suis de caractère assez rigolo et qui aime bien déconner.

 

 

Certains de tes coéquipiers te décrivent comme le coéquipier parfait, celui qui est toujours là pour les autres. C’est comme ça que tu te vois ?

 

Je ne sais pas. J'essaie de faire en sorte que tout se passe bien et ça s'est bien passé avec plus ou moins tous les gars donc tant mieux si ils me voient comme ça.

 

On a souvent entendu que tu étais à l’origine de l’histoire de Paul le blaireau. Peux-tu nous raconter ce qu’il s’est passé cette année là à Chamonix ?

 

Je ne suis pas à l'origine de Paul le blaireau... Je ne pense pas qu'il y ait vraiment eu quelqu'un à l'origine. Ça a vite dégénéré et on s'est vite attaché à cette bestiole. Elle est devenue partie intégrante de l'équipe pendant une ou deux saisons et c'était assez drôle. Maintenant, il est retraité... Il a duré moins longtemps que moi.

 

Honnêtement, comment décide-t-on de devenir gardien ? Il faut être un peu maso non ?

 

Non, je pense que c'est vraiment un état d'esprit. Il faut aimer les responsabilités et ça a toujours été comme ça pour moi, depuis tout petit. Je faisais du foot et je voulais être gardien puis j'ai fait du hockey et je voulais être gardien aussi. C'est quelque chose d'assez naturel, qui vient de soi.

 

Beaulieu nous a dit qu’un gardien était quelqu’un d’anormal dans le fond, tu confirmes ?

 

Oui... je pense. On dit souvent que les gardiens sont fous mais c'est vrai qu'un gardien de haut niveau a quand même beaucoup de pression sur lui et ses petits gestes de folie, c'est un moyen d'évacuer la pression et de s'alléger un peu les épaules.

 

Quel gardien était ton idole quand tu étais petit ?

 

J'étais un grand fan de Tosio.

 

Un gardien reçoit passablement de shoots il est masqué par des joueurs devant lui Quelle est la part de chance d’un gardien au cours d’un match ?

 

Je pense que la chance, on se la créée. Même si t'es masqué mais que tu es au bon endroit, tu auras beaucoup plus de chance de faire l'arrêt que si tu n'es pas au bon endroit. Après, il y a de la chance sur les poteaux mais on dit toujours qu'un bon gardien est chanceux, donc pour moi, il n'y a aucune part de chance.

 

On a parfois constaté que certains gardiens n’hésitent pas à augmenter leur surface en attachant pas fermement leurs jambières. Que penses-tu de cette façon de faire ?

 

C'est normal, tout le monde essaie de faire les choses en mettant un avantage sur les parties grises du règlement. Mais ça ne donne pas des gros avantages donc chacun est libre de faire ce qu'il veut. Tu vas grossir ton équipement mais tu vas moins bien bouger donc ça a des pour et des contre. Il n'y a pas de solutions miracles qui fait que tout soit parfait. Tant que ce n'est pas le cas, ça ne me pose pas de problème.

 

Même si tu les as plutôt vus depuis le banc, qui sont les 5 joueurs du championnat les plus difficiles à affronter en 1 contre 1 ?

 

Aucune idée... Pour moi, tous les joueurs sont difficiles à affronter en un contre un...

 

On voit souvent des joueurs aller là où ça fait mal, c’est-à-dire dans la zone du gardien. Qui sont les joueurs en Suisse les plus vicieux à ce niveau ?

 

Il y a des bons joueurs surtout chez nous. Je vais donc citer ceux que je connais, ceux qui sont passés par chez nous et qui aime bien mettre des coups aux gardiens même aux entraînements. On a quand même Rivera en pôle position. C'est fantastique, c'est quand même comme ça que tu gagnes des matches de hockey aujourd'hui. Ces joueurs là, c'est dans leur caractère... Que se soit un entraînement ou un match, il n'y a rien qui change pour eux et c'est bien que ce soit comme ça. Rubin était pas mal dans ce domaine. Picard, en playoffs, il est magnifique. A chaque arrêt de jeu, il tombe devant le gardien ou il y a quelque chose qui se passe.

 

Tu vas maintenant retourner au Tessin et travailler dans la pharmacie de tes parents. Tu as toujours su que tu y retournerais ?

 

Oui, j'ai fait des études en fonction de ça et c'est toujours quelque chose qui m'a intéressé. J'ai quand même baigné dedans depuis tout petit. C'est quelque chose que je savais. Le fait de retourner au Tessin, c'est aussi quelque chose que je savais. J'adore Genève mais je sais que ma vie c'est là-bas que je vais la faire.

 

On a aussi entendu que tu allais continuer à jouer avec Bellinzone, c’est bien juste ?

 

Oui, on va essayer de concilier le travail et le hockey. Je ne vais pas réussir à arrêter mon sport et ma passion comme ça et je pense que j'ai quelques matches à récupérer depuis toutes ces années donc on va voir ce que ça donne.

 

Bellinzone va d’ailleurs jouer contre Ambri au premier tour de la Coupe de Suisse, ça va être un match sympa à jouer pour toi…

 

Oui, ça va être cool. Après, c'est la première ligue contre de la ligue A donc il y a trois systèmes solaires d'écart mais on ne sait jamais. On va essayer de saboter leurs patins ou autre pour avoir un peu plus de chance.

 

Tobias nous avait parlé d’une reconversion en joueur de beach-volley avec toi, ça en est où ce projet ?

 

On y travaille l'été mais maintenant ça va être un peu plus dur vu l'écart qu'il y a mais on est là.

 

Est-ce qu’on aura la chance de te revoir aux Vernets de temps en temps ?

 

C'est sûr. Ça fait dix ans que je vis à Genève, sept ans que je suis avec la première équipe donc ce n'est pas quelque chose que je vais balayer comme ça de ma vie. Après, faudra trouver le temps pour venir jusqu'à Genève mais je ferais en sorte de le trouver. Et c'est sur que les matches de Genève à Ambri et Lugano, j'y serais et sûrement plus proche des vestiaires que des gradins.

 

Mais on t’attend quand même dans le secteur visiteurs… ?

 

Oui, je passerai, promis.

 

Tu t’es mis à faire des petits films depuis la Spengler, d’où te viennent ce talent et cette passion ?

 

Ça a commencé avant. C'était dans l'optique de faire quelque chose pour l'équipe en dehors de la glace. J'en fait depuis deux ans. On filmait beaucoup avec Beaulieu quand on sortait avec l'équipe et on faisait des montages rigolos pour les présenter une fois par mois à l'équipe, pour les faire marrer. On y a pris goût parce qu'avec Beaulieu on est un peu des talibans... Dès qu'on a une idée, on part en fusée à sept mille kilomètres de la terre. Ça a un peu dégénéré et on arrive à des résultats assez cool.

 

Tu penses pouvoir continuer à le faire une fois que tu seras parti ?

 

Pour le moment, c'est resté assez proche du monde du hockey. La première chose un peu officielle, c'était les publicités pour BKP avec les gardiens qui allaient skier en équipement. Tout le reste est resté proche du club. Je ne sais pas si il y aura des opportunités pour faire quelque chose d'autre dans d'autres domaines mais ça pourrait être intéressant. Après ça sera aussi une question de temps.

 

Si tu devais nous citer tes 3 meilleurs moments à Genève, quels seraient-ils ?

 

Le premier c'est le matin quand j'arrive dans le vestiaire, le deuxième c'est l'entraînement et le troisième c'est dans le vestiaire après l'entraînement.

 

Quelles ont été les 3 personnes les plus importantes pour toi depuis que tu es à Genève ?

 

Beaulieu, c'est quand même lui qui m'a amené ici. Chris parce que c'est lui qui a accepté que je reste dans l'équipe aussi longtemps et après je ne peux pas citer un seul joueur... Tobias c'est sur, mais il y aussi beaucoup d'autres monde comme Vuko, Goran... et tous les gars de l'équipe de chaque année.

 

Compose nous la ligne de tes rêves avec des joueurs évoluant en Suisse ?

 

Au but Tobias. En défense : Bezina et Stafford. En attaque : Lombardi, Kolnik et Toms avec 15 ans de moins.

 

Ce n’est pas trop dans les habitudes d’un gardien, mais si tu pouvais distribuer 5 charges violentes mais correctes à des joueurs jouant en Suisse, tu les donnerais à qui ?

 

Birbaum parce qu'il est en tête du classement et je ne veux pas le désavantager. Bührer, Rueger, Gerber et Pavoni de l'époque.

 

Et une petite spéciale pour le pharmacien : si tu pouvais prescrire un médicament à 5 joueurs du GSHC, ce serait lesquels (et pourquoi) ?

 

Bonne question. Tu me mets dans la merde, je n'ai pas encore révisé mes bouquins de pharmacie. On va dire : pour Vuko, des anxiolytiques parce qu'il stresse un peu beaucoup. Pour Picard, des stilnox parce qu'il aime bien ça. Pour Louis Matte, des hormones de croissance. Pour Goran, un bon déo parce que pour la soirée d'équipe son déo n'était pas terrible, il y avait deux ou trois petites marques. Le dernier on va le donner à Tobi, une pilule placebo parce que lui il n'a besoin de rien.

Vukovic et Picard nous ont dit que tu avais des goûts musicaux de chiotte. C’est vrai ? Qu’as-tu à leur répondre ?

 

Ça se peut. Le fils de Goran lui avait planqué son iPod donc j'ai essayé de mettre des musiques commerciales qui plaisent à l'équipe. Vu qu'il n'y a que les deux qui se sont plaints, je pense que ça devrait aller.

 

Bon Vuko nous a aussi dit que tu étais le plus intelligent, c’est vrai ça ?

 

C'est dur à évaluer. Il y a beaucoup de forme d'intelligence. J'ai peut-être fini des études universitaires mais ça ne veut pas dire grand chose.

 

Plus sympa, Beaulieu nous a dit que tu as le GSHC tatoué sur le cœur. On imagine qu’il ne se trompe pas ?

 

Ça doit faire mal ça. On ne va pas dire ça mais en tout cas mon cœur est plus grenat que rouge.

 

A ton tour de balancer. Dans le vestiaire du GSHC, qui est :

Le plus drôle : Marti

 

Le plus fou : Marti

 

Le plus intelligent : Marti

 

Le plus coincé : Marti

 

Le plus dragueur : Cody

 

Le plus chambreur : Tobi

 

Celui qui chante le plus mal : Simek

 

Celui qui a les pires goûts musicaux : Moi

 

Et les pires goûts vestimentaires : Simek

 

Un petit mot pour la fin ?

 

J'aimerais remercier tout le monde pour ces sept années de bonheur, que ce soit l'équipe, le public ou Genève en général. J'ai vraiment eu du plaisir ici et si c'était à refaire, je signerai tout de suite.