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Goran Bezina : "Je ne suis pas du tout lent"

Date de l'interview
Mardi, Janvier 10, 2012

Loin des question aseptisées donnant lieu à des réponses connues d'avance que l'on peut lire régulièrement dans d'autres médias, Goran s'est livré sans langue de bois à l'exercice de notre interview. Un grand merci à lui !

 

Quelle est ta principale qualité ?

Ma gentillesse.

 

Et ton principal défaut ?

Je suis quelqu’un de têtu.

 

Si tu avais 60 secondes pour quitter ton appartement, qu’est-ce que tu prendrais avec toi ?

Ma famille pour commencer…il rit…Et si c’est quelque chose de matériel, mon porte-monnaie et mon natel.

 

Si on t’invite à manger, qu’est-ce que tu aimerais qu’on te cuisine?

Je mange de tout, mais on va dire un agneau entier rôti sur la broche.

 

Quel est le cd que tu écoutes actuellement dans ta voiture ou chez toi ?

J’écoute de tout, je suis assez ouvert mais j’aime bien les Kings of Leon.

 

Quel est le livre qui se trouve sur ta table de chevet ?

Un livre sur les templiers. Ce n’est pas un roman, c’est à propos de l’histoire des templiers.

 

Quelle est ta prochaine destination de vacances?

Les Caraïbes pour le mariage de Treille et après la Croatie. J’aime plutôt les vacances calmes, où il n’y a pas de stress. Je n’aime pas les voyages tout organisés. On part et après on regarde ce qu’on fait. On en profite pour se reposer.

 

Quels sont tes hobbies à côté du hockey ?

Pendant l’hiver, on n’a pas le temps de faire grand-chose. On s’occupe de la famille et on va de temps en temps au cinéma. Pendant l’été, ça reste dans le sport. On joue au tennis et on va pas mal sur le lac. On fait du wakeboard et du paddle.

 

As-tu un ou des coéquipiers avec qui tu passes du temps en dehors du hockey ?

Cette année, je vois un peu moins mes coéquipiers parce que j’habite sur la Côte. On essaie quand même de se voir de temps en temps. C’est surtout avec ceux qui ont des enfants, donc par exemple Pothier et Fata, mais c’est assez difficile parce que les enfants sont à gauche à droite, ils ont le patinage, l’école et différentes activités. Je vois plutôt les anciens coéquipiers qui sont aussi sur la Côte comme Fedulov et Keller.

 

Tu es à la tête d'une équipe avec un porte-monnaie sans fond. Quelle première ligne composerais-tu ?

Je composerais une ligne de Romands : Jeannin, Conne et Romy en attaque avec Julien Vauclair, et moi en défense. Puis il change d’avis… Je mettrais Pothier à ma place. Et moi en tant que manager. Il sourit.

 

Quel est le meilleur attaquant du championnat ?

Cette année, c’est Brunner.

 

Et le meilleur défenseur?

Micki DuPont fait une sacrée saison.

 

Décris-nous une journée type de Goran un jour de match ? As-tu des rituels ?

C’est simple, c’est toujours la même chose. Je me réveille à 7h15. Je pars à 7h45-8h à l’entraînement. On boit 2-3 cafés en discutant. On va s’échauffer puis on va sur la glace une vingtaine de minutes. Ensuite, je rentre à la maison et je mange du poulet et des pâtes. Après le repas, je vais faire la sieste de 13h45 à 15h45. Ensuite, je me prépare un petit encas. A 16h45, je pars pour venir aux Vernets et puis c’est la routine d’avant match (petite douche, préparation des cannes, soins, échauffement…).

 

Pourquoi le numéro 57 ?

J’avais le numéro 7 quand j’étais gamin et mon père le 5. donc je les ai mis ensemble.

 

Tu as joué en NHL, mais comme beaucoup d'autres Suisses, tu as préféré revenir dans le confort du pays. Comment expliques-tu ce phénomène ?

Pour ma part, c’était aussi par obligation car c’était l’année du lock-out donc on était tous obligés de partir. Et c’est vrai que quand tu es ici, tu as un certain confort et ce n’est pas facile de repartir là-bas. Il faut vraiment une offre solide. Mais c’est sûr que par rapport à la famille, il y a plus de confort ici et c’est un point important.

 

Certains aiment critiquer ta lenteur, voire ta nonchalance par moments. Qu'as-tu à leur répondre ?

Je ne sais pas qui critique mais je suis pas du tout lent ! Quand on joue 30 minutes par match, c’est difficile d’être à fond tout le temps. Il faut savoir gérer. Mais la plupart des gens qui critiquent ne sont pas des professionnels du hockey et ce ne sont pas des grands experts, même s’ils en sont convaincus…

 

Est-ce que les critiques te touchent ou ça te passe au dessus ?

Ca me passe au dessus. C’est clair qu’on n’aime pas se faire critiquer même si parfois on le mérite. Ca fait partie du métier. Et il faut aussi voir de qui vient la critique….

 

Revenons en arrière : premier match de la saison à Fribourg. Julien Sprunger slalome et va marquer un but magnifique, tout en t'effaçant sans problème. Pourquoi, à ce moment, tu ne le descends pas ?

Parce qu’ils arrivent à 4 contre 2 et si c’était si facile de descendre quelqu’un on le ferait. Mais c’est quand même un bon joueur qui marque beaucoup de goals cette année. Ce n’est pas n’importe qui en face. C’était aussi la fin d’un gros match avec beaucoup de temps de jeu. Ils arrivent à 4 contre 2 et je spécule une passe sur la gauche. Ce n’était pas un 1 contre 1. Sinon il y aurait eu plus de chances que je prenne le puck.

 

On sait que ta relation avec Chris a souvent été animée, voire houleuse dans le passé. Jamais l'envie de quitter Genève ne t'a traversé l'esprit ?

Non. C’est clair que parfois on y pense car ce n’est pas toujours tout rose. Des fois, tu te demandes si tu veux aller voir ailleurs pour connaître autre chose. Mais il y a plus de positif que de négatif à Genève.

 

T’es conscient que tu dois être le joueur de l’effectif avec le plus de groupies ? Ca te fait quel effet ?

Il sourit. Il me semble oui. Ca fait plaisir mais c’est clair que de par moments il faut savoir gérer. Je pense que ça vient aussi de mon statut de capitaine et du fait que ça fait des années que je suis ici. Mais c’est sur que ca fait plaisir. On serait hypocrite si on disait que ce n'est pas le cas. Il ne faut juste pas laisser empiéter sur ta vie privée. Il ne faut pas que ça aille trop loin non plus.

 

T’as déjà eu des problèmes avec ça ?

Ici non, mais aux Etats Unis, j'ai quand même du dire à une de mes fans qu'elle devait arrêter de me suivre partout parce que ça commençait à être gênant.

 

Le jour où tu nous quittes, on te construit une statue devant les Vernets, ou l’hypothétique nouvelle patinoire. Tu voudrais voir gravé quoi sur la plaquette commémorative ?

Pour commencer, je serais très honoré qu’il y ait une statue pour moi avant de penser à ce qu’il y aurait gravé dessus. Mais s’il y a une statue, j’aimerais qu’il y ait écrit dessus que je suis quelqu’un qui s’est toujours donné à fond, qui a défendu les valeurs du hockey et de Genève. Que je me suis battu et que j’ai tout donné pour mon club.

 

Guy Roux interdisait à ses joueurs le sexe un jour de match. Si Chris te le demandait, tu l'écouterais ?

Non, parce que tout le monde est différent. Il y a des théories qui disent que c’est bien, d’autres non. Ce sont des conneries.

 

Sois honnête : quelle équipe t'a offert le plus gros pont d'or ?

Des équipes russes.

 

Et en Suisse ?

Fribourg, Berne et il y avait Genève aussi. Il sourit. Je ne suis pas bénévole non plus ici…

 

Tu as joué avec les deux. Alors, plutôt Mercier ou Vuko ?

Les deux. Ces dernières années, j’ai plutôt joué avec Vukovic mais avec les deux ça a très bien été, j’ai eu des très bonnes saisons avec les deux. C’est juste que c’est un peu plus simple avec Vuko parce qu’il est droitier tandis que Jo est gaucher. C’est donc plus simple pour lui de jouer à gauche. Mais les deux sont de très bons compères… qui m’assurent un peu en défense… Il sourit.

 

Oses-tu nous balancer le nom du pire joueur avec qui tu as joué ?

Techniquement le plus mauvais joueur avec qui j’ai joué c’était aux Etats-Unis. C’était Trevor Gillies qui joue maintenant en NHL, mais il s’est beaucoup amélioré.

 

Dans quel club suisse refuserais-tu de signer ?

Ambri

 

Et Fribourg ?

J’ai déjà joué à Fribourg mais partir maintenant de Genève pour Fribourg après autant d’années… Je risque de me faire trucider…Je m’en rends bien compte, mais le jour où je ne suis plus le bienvenu ici, tu prends un peu ce qui vient. J’irais quand même plus facilement à Fribourg qu’à Ambri. Ca reste romand et c’est une meilleure équipe qu’Ambri.

 

Sprunger est-il réellement un mec qui se laisse tomber si facilement ?

Il a bien changé. Il le faisait à l’époque mais plus maintenant. D’ailleurs on en parle plus non plus. Il a compris que ça ne servait à rien et c’est un meilleur joueur depuis.

 

Est-ce que les arbitres de la ligue sont anti-romands ?

Non… ils sont juste (parfois) incompétents…Tout le monde se plaint des arbitres, pas seulement les Romands.

 

On te donne un crédit de 5 charges lourdes, mais correctes. Qui sont tes 5 victimes ?

Birbaum, Rüfenacht, Dino Wieser, Spylo et Perrault.

 

Ton frère était pressenti pour te succéder un jour, mais on a un peu perdu sa trace : que devient-il ?

Il est à l’école de police, à Lausanne. Il joue au hockey à Monthey en 2ème ligue pour le plaisir.

 

Petite question bonus : t’as tiré une fois dans le genou de Rubin et il a raté presque une saison complète. La prochaine fois, tu tires sur qui ?

Il sourit. Ca je ne le choisis pas, c’est le destin. J’espère juste que ça sera quelqu’un d’une équipe adverse plutôt que quelqu’un de mon équipe.

 

As-tu un commentaire pour la fin ?

On a besoin du soutien de tout le monde. Ce n’est pas une année facile. On fait de notre mieux et c’est clair qu’on a perdu des matches bêtement cette année mais ce n’est pas l’envie qui manque, ni le travail. C’est une saison comme ça….