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Hugh Quennec : "Notre objectif est de finir premiers et de gagner la coupe"

Date de l'interview
Lundi, Septembre 16, 2013

Pour nous faire pardonner du manque d'interviews pendant l'été, on a décidé de frapper fort pour notre rentrée !

 

 

Hugh Quennec est une personne à qui on aurait environ 1'905 questions à poser. Malheureusement, c'est avant tout une personne débordée à qui nous n'avons réussi à arracher que 20 minutes. On aurait bien voulu plus, mais voici déjà ce que nous avons réussi à obtenir.

 

Tout d’abord, connaissez-vous 1905.ch ?

 

Oui, je sais que vous organisez le forum mais je n'ai pas regardé votre site plus que ça dernièrement.

 

Etes-vous d’accord de répondre à cette interview sans utiliser « C’est Chris qui décide » comme réponse ?

 

Oui, je suis d'accord.

 

Commençons par l’aspect sportif : l’équipe de cette année est-elle la « meilleure équipe que l’on ait jamais eu ? »

 

Absolument, on a un budget à la hausse et on a des joueurs de très grande qualité. On a fait quelques améliorations. Même si Chris veut rester un peu plus modeste et on verra la vérité sur le terrain, mais je pense qu'on peut dire qu'on a tout le potentiel pour être une des meilleures équipes qu'on ait eu.

 

Selon vous, est-ce qu’il ne manque pas une pièce à l’échiquier (un défenseur) pour que cette équipe soit réellement capable d’aller chercher le titre ?

 

Ah, ça c'est le débat éternel. On joue un jeu collectif donc les attaquants ont aussi un rôle défensif important. On peut aussi avoir une philosophie qui dit que la meilleur défense est une bonne attaque... On a une pièce maîtresse avec Tobias aux buts donc on verra, on n'a pas peur de changer et de prendre des décisions s'il faut les prendre. Mais à priori, on est plutôt parti avec l'idée d'avoir quatre étrangers attaquants, mais s'il faut renforcer la défense on fera ce qu'il faut faire comme l'année dernière. L'objectif pour nous c'est surtout de gagner les playoffs. On aimerait aussi finir la saison régulière à la première place mais c'est l'opportunité d'évaluer la réalité de la saison et s'il faut apporter des modifications, que ce soit en attaque ou en défense, on aura pas peur de faire les changements. Il faut arriver au but ultime qui est de gagner la coupe.

 

Chris McSorley sait-il qu’il existe d’autres championnats que la NHL/AHL pour aller faire ses emplettes ?

 

Je pense que la NHL est la meilleure ligue au monde et c'est donc là où il faut aller chercher les étrangers. Les joueurs qui ont le potentiel pour jouer en NHL sont pour nous les joueurs les plus intéressants. C'est d'ailleurs pour ça qu'on attend le plus tard possible. Lombardi est arrivé très tard parce que c'est vraiment un joueur qui est capable de jouer en NHL. Ce genre de joueurs sont juste limite limite donc c'est notre marché de préférence mais on a aussi Petrell qui a joué très longtemps en Finlande, donc on regarde partout.

 

Pouvez-vous nous dévoiler les vraies raisons du départ de Keller à Zurich ?

 

On essaie toujours d'expliquer un peu la réalité des choses... Déjà comme personne, c'était quelqu'un de magnifique et sa famille aussi. Son rôle dans l'équipe était vraiment exemplaire, c'est vraiment une super personne, un excellent joueur de hockey sur glace. Maintenant la décision de Chris, c'est lui le directeur sportif, c'était qu'il pensait qu'on pouvait améliorer encore plus la qualité des étrangers. Par rapport à la configuration de l'équipe qu'il voulait, il pensait qu'on pouvait améliorer ce poste et on est contents que ça se soit arrangé pour tout le monde parce qu'il a retrouvé un emploi en Suisse. Ca nous libère donc une place pour un étranger qui convient mieux au système de jeu et à l'identité de l'équipe qu'on est en train de mettre en place.

 

Lancez-vous dans un pronostic : quelle sera la place du GSHC après les 50 matches de saison régulière ?

 

Notre objectif est de gagner tous les matches, de finir premiers et de gagner la coupe. À Genève on est ambitieux, on a pas d'excuses, on y croit et on va se battre. Maintenant, c'est clair que si on regarde sur papier et en terme de budget, on sait qu'on est parmi les plus petits budgets de la ligue même si le budget est à la hausse. Mais ça ne nous complexe pas du tout. On trouve des solutions. Avec Chris, on a quelqu'un qui est toujours à la recherche de ce qu'il faut faire pour gagner, quelles que soient les circonstances budgétaires, les blessures ou autres. On a déjà prouvé par le passé que même avec un petit budget, on peut jouer les premiers rôles. Notre objectif est de finir premiers et de gagner la coupe.

 

Comment est-ce qu’une équipe alignant un contingent comme le notre peut-elle posséder "l'un des plus petits budgets de la ligue" ?

 

On a une bonne combinaison de joueurs expérimentés et de jeunes joueurs. La grande différence avec ceux qui ont un gros budget, c'est qu'ils ont beaucoup de profondeur. Ils ont un troisième, quatrième voire cinquième bloc de joueurs disponibles de grande qualité. On le voit souvent en playoffs, les grandes équipes mettent dans les tribunes des contingents de joueurs qui pourraient jouer des rôles importants dans leur club. Nous, on est beaucoup plus vulnérables aux blessures et au manque de forme de certains joueurs. Dans les gros budgets, si un joueur a une mauvaise saison ou a une mauvaise période, il y a souvent un autre joueur qui va prendre sa place. Par contre, nous serons un peu plus vulnérables mais comme je l'ai dit on n'a pas d'excuses, pas de complexes et on réussira avec les moyens qu'on a. On joue sur la force. On a Chris qui est un excellent entraîneur et on a des joueurs qui sont bien coachés aussi avec Louis Matte. L'esprit d'équipe est excellent donc on fait la différence avec ces qualités là.

 

Est-ce qu’en prétextant posséder un petit budget, vous ne vous dédouanez pas en avance d’une éventuelle saison manquée, pouvant alors justifier que « face aux gros budgets de la ligue, il est normal de voir le GSHC en si mauvaise posture ? »

 

Non pas du tout, c'est juste une réalité. Au contraire, à l'autre extrême, celui qui a le gros budget, il a plus de pression parce qu'il a un très bon effectif avec de la profondeur. C'est juste un constat comme ça. C'est juste une information qu'on donne aux gens pour qu'ils apprécient les saisons qu'on a eu où on était en finale et tout près de la coupe. On l'a fait en se battant avec des couteaux contre des adversaires qui avaient des mitraillettes et c'est tout le crédit de Chris et des joueurs qui ont su trouver des solutions sans gros budget.

 

Si le budget est réellement si petit, cela signifie-t-il que les apports « extraordinaires » sont nombreux ? On a notamment parlé de généreuses familles russes…

 

Non, le budget il est ce qu'il est. On a beaucoup de partenaires et supporters. Les travaux qu'on a fait à la patinoire avec la nouvelle zone VIP nous ont permis, comme prévu, de combler le déficit structurel du club. Il y a des apports importants de plein de personnes et c'est ça qui est magnifique. La patinoire est pleine quasiment à tous les matches et ça nous permet de gérer les recettes qui équilibrent le budget. On a également des nouveaux partenaires chaque année et ça permet d'augmenter le budget. La nouvelle patinoire va nous permettre de continuer cette ascension parce que ce qui va nous freiner le plus aujourd'hui, c'est l'outil de travail, c'est justement la patinoire.

 

Pouvez-vous nous dire où en est le projet du Trèfle-Blanc ? On a l’impression que nous allos rester encore un moment aux Vernets…

 

C'est clair qu'on avait fixé un accord avec la Ville et le Canton pour la saison qui commence en septembre 2015. On y arrivera pas. Ca prend deux ans pour construire une patinoire mais c'est un dossier d'importance et le Conseil d'État est en train de travailler avec nous et la ville de Genève aussi. On reste donc persuadés qu'il y aura une nouvelle patinoire, c'est un besoin absolu. Tout le monde sait que la patinoire des Vernets ne répondra plus aux critères nécessaires au GSHC et surtout de la Ligue qui impose des critères d'infrastructure. Bientôt, les Vernets ne pourront plus répondre à ces critères et d'ici quelques années la nouvelle patinoire va donc être obligatoire. Ça avance lentement mais on est en train de ré-accélérer le projet.

 

Hormis le fait que nous sommes à Genève, quels sont les réels problèmes qui bloquent sa construction ?

 

Politiquement, il y a eu beaucoup de complications, changement de gouvernement, changement de personnes. Il y a aussi beaucoup de problèmes de logement... On se bat comme les autres dossiers et effectivement, à Genève, ce n'est peut être pas si facile que ça. Les gros projets nécessitent beaucoup de débats et de discussions, ça fait partie du processus et on vit avec, on cherche des solutions et on reste positif et confiant. On va arriver à réaliser ce projet.

 

Le budget serait-il sensiblement augmenté en cas de construction d’une nouvelle enceinte ?

 

Oui, absolument. La zone VIP comporte actuellement environ 850 places et on vise 2500 places avec la nouvelle patinoire ainsi qu'une capacité totale de 10'000 places plutôt que 7'100 pour le moment. Donc forcément qu'il y aurait plus de revenu. Ca serait une patinoire qui sera plus adaptée aux partenaires, à la visibilité et au concept de partenariat. Ça va générer plus de revenu donc c'est clair que si on veut jouer dans la cour des grands et qu'on veut pérenniser ce club, il faut absolument une nouvelle patinoire.

 

Comment expliquer que Zoug par exemple connaisse des problèmes d’argent depuis son installation à la Bossard Arena ?

 

Je n'étais pas au courant, mais quoi qu'il arrive, si on dépense plus que ce qu'on reçoit on aura toujours des problèmes. Que ce soit dans un stade à 5,10 ou 50 mille places, si on a un budget de x et qu'on depense x + y, on aura un problème financier. Je ne connais pas le problème de Zoug mais je pense que c'est ça. Toute entreprise n'est pas à l'abri de problèmes financiers de temps en temps, dans n'importe quelle activité. Notre rôle est de pérenniser le club et de gérer ça de manière adéquate, respecter le budget et c'est ça qui permet de rester sain.

 

Si vous deviez ne prononcer qu’une phrase pour convaincre les opposants de la nécessité d0un nouvelle patinoire pour Genève, quelle serait-elle ?

 

Le sport est important pour Genève. Les infrastructures sportives font parties de l'image de Genève et aujourd'hui on voit qu'il y a de gros travaux qui se font à l'aéroport de Genève, à la gare de Genève... Les bâtiments comme le stade et la patinoire sont des bâtiments de référence. Le sport amène beaucoup au dynamisme de Genève, à la fierté des genevois et c'est important avec la relève qu'on a, pour les futurs joueurs du GSHC. Le sport est important et les clubs phares sont ce qui dynamise tout le sport. Genève-Servette doit continuer à exister et être fort et ça commence aussi par la relève. Il faut absolument des infrastructures qui peuvent permettre au club de s'ouvrir sinon ce serait le début de la fin pour le hockey sur glace à Genève.

 

On vous sait président du GSHC et du SFC. Quels sont vos réels liens avec le LHC ?

 

Le LHC était un excellent partenaire pour nous. On les a aidés parce qu'ils avaient des gros problèmes financiers il y a quelques années en arrière qui ont été réglés. On les a aidés comme club partenaire à monter en LNA et maintenant ça a été accompli. On va continuer un partenariat avec Martigny et d'autres clubs en LNB. Maintenant, on est adversaire avec Lausanne et je pense que pour nous, que ce soit Fribourg ou Lausanne, c'est important dans notre philosophie de soutenir les Romands parce qu'on sait que le pouvoir est en uisse-alémanique. Je pense que le fait que Lausanne soit en LNA ce n'est que du bonus pour le GSHC et Fribourg parce qu'il y aura plus d'intérêt dans les médias, partenaires, supporters, etc. Les patinoires seront pleines et ça va générer des recettes et créer une dynamique hyper positive. C'était notre objectif depuis le début. Il ne faut pas oublier que Fribourg avait des gros problèmes il n'y a pas très longtemps. On a aidé un tout petit peu et c'est magnifique ce qu'ils ont fait. On est adversaires sur la glace mais on doit aider les clubs romands à rester en ligue A et être forts.

 

Ceux-ci sont-ils définitivement rompus maintenant que le LHC est remonté ?

 

Voilà, maintenant il n'y a plus de partenariat. C'est sûr que comme avec toute équipe. il y aura des échanges de joueurs. Vu que c'est un club proche, on risque de travailler avec eux de temps en temps mais sans plus.

 

Comprenez-vous que certains supporters ne soient pas ravis de votre investissement (en temps et/ou en argent pour le club rival ?

 

On était club partenaire. Je pense que celui qui aime le sport, que ce soit Manchester City ou Manchester United, que ce soit Paris ou Marseille, ou toutes autre grande rivalité, le vrai sportif doit apprécier la rivalité et je pense que celui qui dit qu'il préfère que Lausanne soit en ligue B, pour moi c'est quelqu'un qui ne voit pas l'opportunité et l'excitation qu'amènent les derbys. En tant que fans du hockey sur glace, de voir cette année quatre fois Genève et Lausanne jouer l'un contre l'autre et puis l'année prochaine six fois ça sera magnifique tout comme Fribourg et Berne.

 

Beaucoup pensent que la double casquette « SFC-GSHC » est lourde à porter. Comment parvenez-vous à gérer les deux clubs en même temps ?

 

C'est clair que ça a été lourd avec tous les problèmes qu'il y a eu au SFC. Quand je suis arrivé au GSHC, il y avait aussi beaucoup de problèmes. On en a peut-être beaucoup moins parlé. Mon objectif est de surmonter les problèmes. Avec une bonne structure, avec des bons directeurs sportifs et administratifs, le président exerce son rôle de président de conseil d'administration et c'est tout a fait possible de gérer les deux clubs.

 

Qu’avez-vous à répondre à ceux qui prétendent que c’est Chris qui fait tout le job et que vous n’êtes là « que pour serrer des mains ». On imagine que ça vous agace ?

 

Dans une organisation, chacun à son rôle. Chris est directeur sportif avant tout, Christophe Stücki est directeur administratif et moi je suis président du conseil d'administration. Je fais beaucoup de travail pour ce club au niveau politique et relationnel avec les partenaires, je cherche des partenaires et j'augmente les budgets. C'est un travail d'équipe et chacun a un rôle différent mais aussi important que l'autre. Je pense que c'est important que les joueurs et entraîneurs soient en avant du club parce que ce sont eux qui sont en face des caméras, ce sont eux qui sont dans le feu de l'action. C'est comme ça qu'on fonctionne dans ce club, chacun a son rôle.

 

Pour finir, avez-vous un message à adresser aux supporters du GSHC à quelques minutes du début de la saison ?

 

On les remercie pour leur soutien. C'est magnifique de voir la patinoire pleine. On est reconnu comme un club qui a des supporters les plus fervents. Avec les chants et l’énergie qu'ils mettent, c'est un joueur de plus sur la glace pour notre équipe. Je sais que les joueurs du GSHC sont très contents et très fiers de pouvoir jouer pour ce club, en grande partie aussi parce que les supporters sont magnifiques. On les remercie et on espère vivement que, pour eux, on aura cette nouvelle patinoire parce qu'ils le méritent. Il y a beaucoup de gens, plus de 7000 spectateurs qui viennent aux Vernets dans des conditions qui ne sont, à mon avis, pas acceptables donc je les remercie pour leur patience. Avec la nouvelle patinoire, ils vont vraiment avoir une expérience qui sera encore plus intéressante et agréable pour eux.