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Kevin Hecquefeuille : "Ca m'a fait chier de ne pas jouer"

Date de l'interview
Vendredi, Septembre 28, 2012

Louis Matte avait clôturé notre saison au niveau des entretiens (interviews devient presque pauvre comme mot) et c'est Kévin Hecquefeuille qui nous a fait l'honneur de l'ouvir. Sympathique et en toute franchise, découvrez ci-desous les réponses de notre Français préféré.

 

Connais-tu 1905.ch ?

Non, pas du tout.

 

A l’inverse de pas mal de tes coéquipiers, tu n’es pas présent sur Twitter notamment. Ce n’est pas ton truc ?

Non, ce n’est pas du tout mon truc. Peut-être qu’un jour je m’y mettrai mais pour l’instant ça ne m’intéresse pas plus que ça. Je passe un peu de temps sur internet mais pour d’autres choses. Je regarde beaucoup le sport.

 

Les habitants d’outre-Versoix s’amusent à parler des Genevois comme étant des Français. T’as quoi à leur dire pour démentir ça ?

C’est une bonne question… L’accent fait qu’on peut remarquer qu’ils ne sont pas complètement français et après c’est vrai qu’on parle la même langue et que la culture entre la France et la Suisse romande est assez proche.

 

Avant d’arriver ici, connaissais-tu la ville, à part le jet d’eau ?

Je connaissais un peu la ville. Je suis venu voir jouer une ou deux fois Meunier quand il était à Genève mais c’était toujours à la patinoire. J’avais très peu vu la vieille ville et le centre ville donc je ne connaissais pas plus que ça Genève.

 

Qu’est-ce qu’il y a de mieux ici que dans les autres villes dans lesquelles tu as vécu ?

Je pense qu’en Suisse il y a une bonne qualité de vie. Les gens sont tranquilles même parfois un peu trop par rapport à la France où les gens sont un peu plus actifs, plus speeds.

 

Et de moins bien ?

Le trafic me déplaît énormément à Genève. J’ai vraiment beaucoup de mal avec ça et j’ai beaucoup de mal à comprendre tous ces feux qui passent au rouge au bout de trois secondes…

 

En 2004, tu passes d’Amiens à Grenoble, deux clubs rivaux il nous semble. Comment ça se fait ?

Oui, ils sont assez rivaux. Ce sont deux clubs qui étaient toujours dans le haut du classement et qui se battaient pour le titre. Je crois que j’avais besoin de franchir un cap, de partir assez loin de chez moi pour me former, pour voir autre chose et pour travailler avec d’autres personnes. Le coach qui allait être en place à Amiens à l’époque, je n’avais pas spécialement envie de travailler avec lui. Et Grenoble m’a offert un bon challenge. Je pense que c’était un bon choix.

 

Tu pars en Suède à 24 ans. On a tendance à oublier que les hockeyeurs sont des humains comme les autres, donc comment ça se passe pour s’intégrer seul dans une ville inconnue dans laquelle on parle une langue barbare ?

C’était une très bonne expérience pour moi. C’était ma première année en tant qu’étranger. Ça a été compliqué. C’était une petite organisation au sein d’un village de 10'000 habitants et la Suède c’est beaucoup de froid et beaucoup de noir. Il fait nuit tout le temps. Je suis arrivé là-bas sans parler l’anglais et tout était nouveau pour moi. Je pense qu’au final ça a été bénéfique puisqu’à la fin du Championnats du monde de cette année là, j’ai réussi à signer en Allemagne grâce plus ou moins à mon année là-bas et aux Championnats du monde. Ça veut dire que ce hockey là m’a fait progresser. En tant qu’homme j’ai beaucoup muri et je me suis amélioré aussi.

 

Pourquoi n’y être resté qu’une saison ?

Parce que je n’avais pas envie de rester dans cette organisation et qu’en plus on est descendus dans la division d’en dessous. On a été très mauvais toute l’année. C’était quelque chose que je ne connaissais pas. J’avais toujours joué dans des équipes qui gagnaient beaucoup en France. C’était très dur mentalement en plus d’une vie qui est complètement différente de ce que j’avais en France. C’était vraiment un gros changement pour moi mais j’ai rencontré de très bonne personne là-bas et les joueurs étaient très sympathiques avec moi. Ce qui est bizarre, c’est qu’il y avait vraiment un bon groupe et une bonne ambiance malgré que les résultats étaient plus que moyens.

 

Tu pars ensuite en Allemagne puis reviens en France, à Amiens. Pourquoi pas Grenoble ?

C’était un moment de ma vie où j’avais besoin d’être proche de ma famille. Et c’est quand même mon club de cœur, où j’ai tout appris. J’avais envie d’aider cette équipe. En plus, je suis passé d’attaquant à défenseur. C’est aussi pour ça que je suis rentré en France, pour apprendre cette nouvelle position sur la glace. C’était un peu une année de transition pour moi. Mais j’avais toujours cette idée de repartir à l’étranger après mon année en France.

 

Après l’Allemagne, la Suède et la France, tu atterris en Suisse. Au niveau du jeu, quelles sont les grandes différences entre les 4 championnats ?

En Suisse, c’est surtout la rapidité du jeu. Toutes les équipes patinent très bien, on peut percevoir une grosse intensité et c’est vraiment une différence par rapport aux autres championnats dans lesquels j’ai joué.

 

Tu commences ta première saison au GSHC en tant que titulaire mais on te sent un peu à la peine. Juste ?

Ça été une première année difficile. Je ne peux pas le cacher, tout le monde l’a vu. C’était une grosse pression pour moi d’être étranger en Suisse et je ne m’étais peut-être pas bien préparé mentalement. Mais ce qu’il faut savoir que quand on subit une commotion après le deuxième match, ça ne te met pas dans les bonnes conditions pour avoir une bonne année. On se culpabilise vis-à-vis de l’organisation d’être toujours à l’écart de l’équipe. A côté de ça, il m’a fallu beaucoup de temps pour récupérer de ce choc. J’ai beaucoup travaillé, je faisais beaucoup d’efforts mais je sentais au fond de moi que je n’étais pas encore capable d’être à 100%. J’avais toujours des troubles de la concentration et beaucoup de moments de fatigue, ce qui fait que ça m’a pris beaucoup de temps pour revenir en forme.

 

Ensuite tu te blesses et lorsque tu reviens, ta place est prise. Comment on vit une telle situation ?

Je le vis bien. C’est sûr que ce n’est jamais facile d’être en tribune. Ce n’est pas ce que les joueurs souhaitent. Tous les joueurs ont envie de jouer au hockey quand c’est le temps de jouer mais malheureusement c’est un peu le challenge de l’étranger en Suisse. Quand on signe le contrat, on sait qu’il y a possibilité d’être en tribune à un moment donné. Je n’ai jamais eu de problème avec les autres étrangers. La concurrence a toujours été saine et bonne l’année dernière. J’ai patienté et attendu mon tour et j’ai continué à travailler. Je pense que c’était un mal pour un bien parce que j’ai continué à soigner ma tête, j’ai retrouvé mes sensations et le plaisir de revenir à la patinoire.

 

La réponse classique, c’est « l’important c’est l’équipe ». On veut bien croire, mais honnêtement, ça fait chier de pas jouer non ?

C’est sûr que ça m’a fait chier de ne pas jouer. Je suis quelqu’un qui a envie de jouer tous les matches et je n’ai jamais vécu ça dans ma carrière. Je n’ai jamais été trois mois sans jouer. Je suis rarement blessé et je suis plutôt un joueur qui joue tous les matches dans une saison. C’était tout nouveau pour moi. C’était une année nouvelle, de transition et je pense qu’au final ça c’est bien terminé pour moi. C’est le principal de terminer sur une bonne note, de laisser une bonne impression et de montrer au gens ce que je suis capable de faire.

 

Tes premières impressions sur l’équipe ? Au niveau de l’ambiance, du niveau de jeu ?

Je pense que Genève a toujours eu des équipes avec un bon groupe, une bonne ambiance. J’avais entendu parler des Français qui ont joué ici. Ils m’ont toujours dit qu’il y avait une bonne ambiance et que les gars s’entendaient bien. Ça c’est confirmé l’année dernière. Le groupe vivait bien ensemble mais malheureusement on a perdu des joueurs-clé assez rapidement dans la saison et pour des longues durées. L’équipe a eu du mal à se mettre en route. Quand on commence mal la saison et qu’on perd énormément de points, c’est dur de les rattraper à la fin mais malgré tout ça on a quand même lutté jusqu’au bout. Ça s’est joué a un point donc au final l’équipe a quand même fait un bon championnat malgré les joueurs qu’il manquait offensivement et qui nous aurait sûrement fait gagner quelques matches.

 

Penses-tu pouvoir nous répondre autre chose que les réponses données à la TSR si on te demande comment était l’ambiance dans le vestiaire alors que rien ne fonctionnait sur la glace ?

Malgré toutes ces défaites qu’on a pu subir, des défaites parfois difficiles à vivre parce que c’était dans les dernières minutes et qui nous ont fait beaucoup de mal au moral, on essayait toujours d’être positif et de garder cette bonne ambiance dans l’équipe mais malheureusement ça ne suffit pas toujours à avoir des résultats.

 

On a également lu ici et là que tu pouvais être un leader dans le vestiaire. Tu te vois en tant que tel ?

Non, je ne me considère pas comme un leader né. Je ne suis pas quelqu’un qui communique beaucoup mais j’essaie de l’être sur la glace en faisant bien mon travail. Dans le vestiaire, je ne suis pas un grand communiquant. Je pense que d’autres joueurs pourront le confirmer, je suis assez réservé et timide mais cette année ça va déjà un peu mieux.

 

On te voit assez comme un agitateur de vestiaire (dans le bon sens), tu confirmes ?

C’est vrai que j’aime bien rigoler et m’amuser. C’est quelque chose que j’ai en moi mais comme je le disais, quand j’arrive dans une équipe, je suis très discret et j’ai mon temps d’observation. Je n’ai pas envie d’arriver et de commencer à parler à tout va et de saouler les gens. Mon adaptation s’est bien faite jusqu’à cette commotion et que je disparaisse un peu du groupe. Ttu ne vis plus tellement avec et puis quand tu reviens t’es toujours un peu rêveur, la tête dans les nuages parce que la tête ne fonctionne pas forcément bien. J’ai pu paraître un peu grincheux mais ce n’est pas du tout mon caractère. Je suis plutôt quelqu’un d’assez vivant et qui peut avoir beaucoup d’humour.

 

Chris, c’est l’entraîneur le plus barge que t’aies eu ?

Je pense que c’est un des coachs le plus durs que j’ai eu dans ma carrière mais c’est quand même quelqu’un d’assez droit dans sa façon d’être. Celui que j’ai eu en Allemagne en deuxième partie de saison était Bill Stewart et c’était quelqu’un d’assez fou. Dans une autre façon de faire mais beaucoup plus virulent dans ses propos avec les joueurs.

 

Cette année, vous faites un début de saison absolument opposé à celui de la saison dernière. Qu’est-ce qui a changé, hormis les arrivées ?

Les nouveaux arrivés ont apporté une certaine fraicheur à l’équipe. Ils ont apporté un nouveau hockey et quelque chose qu’on n’avait pas forcément l’année dernière. Ce sont des joueurs qui ont un très bon sens du hockey et quand on leur dit des choses une fois, deux fois ça rentre tout de suite dans a tête et c’est appliqué. On gagne donc du temps dans notre façon de travailler. Ce qui a changé, c’est qu’on gagne des matches et quand on vient le matin à l’entraînement c’est moins dur et la récupération se fait beaucoup plus facilement. C’est tout l’inverse de la saison dernière. En tout cas, je souhaite que l’équipe continue de gagner comme ça. Ça fait du bien au moral.

 

A ton niveau, que penses-tu de ton début de saison ?

Je pense que mon début de saison est à l’image de l’équipe. Tout le monde joue bien. Tout le monde fait des bons matches. Pour l’instant, au niveau productivité ça ne se passe pas comme je le voudrais mais l’essentiel c’est que l’équipe gagne. Pour ce qui est de ma situation personnelle, je pense que ça se débloquera un jour ou l’autre (ndlr : interview réalisée la veille de son premier but de la saison à Davos !). J’espère le plus rapidement possible et que ça aidera l’équipe mais le plus important c’est le groupe, que l’équipe gagne. Après le plan personnel, ça passe après. Mais je sais que si l’équipe continue comme ça, à être productive, ça viendra quoi qu’il arrive. Je sais qu’en tant qu’étranger, les gens attendent que je fasse beaucoup de points mais faut voir l’équipe et c’est ce qui est le plus important pour moi. Toute la défense joue des bons matches sauf peut-être contre Fribourg où on a pris trois buts. On a joué toute la seconde période en infériorité donc ce n’était pas facile mais dans l’ensemble notre équipe joue bien.

 

L’arrivée de Weber, de Couture et le futur retour de Picard pourraient te pousser en tribunes. Comment réagirais-tu si c’était le cas ? Tu comprendrais ?

Est-ce que je comprendrais ? Je ne sais pas si j’ai des choses à comprendre par rapport à ça. Je joue mon jeu, je fais ce que le coach me demande et après s’il juge que ce n’est pas assez et qu’au final il me met dans les tribunes, c’est que je devrais travailler encore plus pour mériter ma place. Je ne me fais pas plus de soucis que ça. C’est la concurrence qui est comme ça. Ce sont les choix du coach. Peut-être que parfois il aura besoin de quatre attaquants et parfois de trois attaquants et un défenseur. Je pense qu’il décidera ça en fonction des matches qu’on a à jouer et voilà. C’est bien aussi pour nous les étrangers de pouvoir faire une rotation. Parfois, il aura peut-être des étrangers qui seront un peu essoufflés dans la saison et ça va permettre de se reposer et de faire embarquer un joueur qui sera plus frais. Ça sert aussi à ça d’avoir cinq étrangers, de pouvoir parfois permettre une rotation et que tout le monde ait la meilleure fraicheur possible pour attaquer les matches.

 

Yannick Weber arrive de NHL où il est passablement décrié pour son jeu défensif. Quelle a été ta première impression sur lui ?

C’est un joueur qui a un statut, c’est quand même un joueur qui joue en NHL. Il n'en est pas là par hasard. C’est un bon joueur. On a pu voir qu’il a un bon sens du jeu, un bon jeu avec le palet. Après c’est sur que ce n’est pas facile pour lui d’arriver dans un groupe et de jouer un système qui est peut-être très différent d’avec ce qu’il a l’habitude de jouer. Il faut lui laisser du temps. C’est aussi à nous, ses coéquipiers, de l’aider et de bien l’intégrer. Pour l’instant il s’en sort bien. Il a déjà mis un but et une passe en deux matches et il a aidé l’équipe à gagner des matches.

 

Et au niveau du public, que penses-tu du notre ?

C’est un très bon public. La patinoire est souvent pleine et bruyante. On a besoin d’eux en tout cas, ça c’est une certitude. Dans les moments chauds, ça peut nous redonner de l’énergie ou faire basculer un match parfois. On sait que les arbitres peuvent être influencés. On le voit quand on joue à l’extérieur quand les fans crient, les arbitres ont tendance à lever le bras assez vite. Il fait partie de notre équipe, il faut qu’il soit là tout les jours où notre équipe joue à domicile et qu’il nous pousse. En tout cas on va essayer de faire le maximum pour rendre les gens heureux.

 

Revenir sur la glace 20 minutes après le match à Fribourg, et voir et entendre des mecs qui chantent encore pour vous, ça fait quel effet ?

C’était particulier, en plus 20 minutes après c’est assez rare. Tout le monde est en train de faire le stretching et on nous demande de rentrer sur la glace. C’était un moment cool, on y va avec plaisir. Les gens font le déplacement pour nous supporter et on sait que le match Genève-Fribourg c’est quelque chose d’important. Je pense que ça nous a fait plaisir et que ça a fait plaisir aux gens.

 

Parlons de l’équipe de France, ça vient de quoi cette habitude des Français à mettre les Suisses minables aux mondiaux ?

Mettre les suisses minables, on ne va peut-être pas s’enflammer quand même. Ça faisait quand même un moment qu’on n’avait pas battu la Suisse. C’est arrivé cette année. On sentait que chaque année on progressait et que cette année on était proches. Je pense que la Suisse a un complexe à jouer contre nous. Je pense que le hockey suisse ne nous respecte pas tant que ça et qu’ils prennent ces matches un peu à la légère. Mais on sait que quand on joue contre eux, notre objectif c’est de gagner et la c’est arrivé cette année. Ça veut dire que notre équipe nationale progresse et nos joueurs deviennent meilleurs. C’est positif pour le futur.

 

T’as l’impression que les médias s’intéressent à vous en général ou y’en a que pour le foot ?

En France, les médias s’intéressent quasiment pas au hockey, même si pendant les Championnats du monde il y a les matches qui passent sur les chaînes privées et la presse en parle un peu plus. Globalement, la France c’est le football, le rugby et maintenant le handball qui commence à se développer.

 

En parlant de foot, tu t’y intéresses ?

Je m’intéressais beaucoup avant, un peu moins maintenant. Je pense qu’il y a des choses qui se sont passées dans le foot, en tout cas en France, qui sont assez choquantes et qui m’ont fait un peu me désintéresser de ce sport là.

 

Justement, en tant que sportif professionnel, tu penses quoi de la fameuse affaire du « Bus de Knysna », où les joueurs ont refusé de descendre du bus ?

En tant que joueur professionnel qui représente la France dans des événements planétaires, voir des joueurs qui gagnent autant d’argent refuser de s’entrainer, je trouve ça assez irrespectueux surtout pour un pays où les moments sont assez difficiles actuellement. Je pense qu’on peut voir dans le monde que c’est un moment difficile pour tout le monde. Peut-être pas en Suisse, parce que vous êtes assez en dehors de tout ça, votre économie va toujours bien mais c’est quelque chose qui m’a vraiment marqué en tant que sportif et athlète de l’équipe de France. Ça m’a choqué et je ne peux toujours pas comprendre maintenant. C’est vraiment dommage, ça a donné une mauvaise image de nous.

 

Y’a-t-il des pépites en équipe de France, des mecs qui pourraient tâter de la NHL ?

On a Stéphane Da Costa qui en est assez proche. Il a déjà joué une vingtaine de matches avec Ottawa. Cette année, on espérait voir Pierre Edouard Bellemare qui joue en élite suédoise et qui a été élu meilleur centre défensif de la ligue suédoise. On espérait le voir signer un contrat NHL mais apparemment ça ne s’est pas fait. Et il y a le fils de Philippe Bozon qui a été drafté par Montréal très haut. Ça sera sûrement un des jeunes joueurs qu’on va récupérer dans le futur et qui va améliorer notre équipe.

 

T’as chambré tes coéquipiers genevois après la rouste mise aux Suisses aux mondiaux ou même pas ?

Non pas tant que ça. J’ai laisser faire Jimmy, il s’en est occupé comme il fallait donc je n’ai pas eu besoin de le faire.

 

D’ailleurs, Bezina a écopé de 2 matches de suspension suite à une charge sur un de tes coéquipiers. Il y avait vraiment faute selon toi ? T’en as reparlé avec lui ?

Oui, c’est un débat qu’on a eu tous les deux. Il dit qu’il va pour jouer le palet. Je ne sais pas, c’est toujours des situations qui sont délicates à décrire. C’est vrai que Gogo n’est pas un joueur méchant. Il est grand et imposant mais ce n’est pas un joueur méchant sur la glace. Il met rarement des mauvais coups. Mais le règlement dit qu’à partir du moment où le joueur frappe un autre joueur à la tête, c’est minimum un match de suspension et pénalité de match. Les arbitres ont simplement appliqué le règlement.

 

Dans ta carrière, qui est le meilleur joueur avec qui tu as joué ?

Je dirais Sébastien Bordeleau à l’époque où il était avec nous en équipe de France. On avait fait une qualification olympique en Autriche pour se qualifier pour les JO de Turin. C’est la première fois que j’allais en équipe nationale et c’était la première fois que je le voyais jouer. Il était encore dans un âge où il était au top de sa carrière. C’est un joueur qui m’avait vraiment beaucoup impressionné.

 

La NHL, c’est un rêve, un fantasme ou tu t’en fous ?

C’est quelque chose dont il faut rêver. Ce n’est pas une honte de rêver de jouer dans cette ligue là. C’est même plutôt beau. C’est quelque chose qui te pousse à aller à l’entraînement et d’essayer d’être toujours le meilleur possible. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver dans la vie. Ce n’est pas une fixation, je vais avoir 28 ans et plus je vieillis et plus ça sera compliqué mais c’est quelque chose dont je peux rêver parfois. Mais ça n’arrivera certainement pas du jour au lendemain.

 

On a parlé un temps du retour du deux lignes. C’est une bonne idée selon toi ?

Je pense qu’en Europe ça ne serait pas forcément nécessaire parce que le « icing » est sifflé automatiquement quand le palet franchi la ligne. Ce n’est donc pas quelque chose qui est dangereux en Europe mais en NHL, il faudrait peut être réfléchir à ça parce que les défenseurs sont obligés d’aller toucher le puck pour valider le « icing ». Parfois, à la vitesse à laquelle ça arrive, ça peut être dangereux. Ils devraient donc réfléchir à une règle pour ralentir le joueur de temps en temps, ce qui ferait que ça éviterait peut-être certains impacts et certaines commotions. Mais en Europe pas forcément.

 

Quels sont tes suggestions pour éviter un nombre trop important de commotions ? On sait que c’est un sujet qui tient à cœur de tout le monde

Des suggestions je n’en ai pas forcément mais c’est juste que c’est à nous les joueurs de faire attention. Essayer de ne pas se mettre nous même dans les situations délicates et essayer de faire parfois attention sur les mises en échecs sur les autres joueurs. Ça éviterait certaines commotions. Mais de là à avoir une règle stricte… Je pense qu’ils essaient déjà. Tous les coups à la tête seront punis.

 

Doit-on punir plus sévèrement les agresseurs ?

Je pense que, sur certaines choses, il faudrait vraiment des grosses sanctions très lourdes. Ce qui permettra de calmer un peu tout le monde, mais sans ça c’est difficile. C’est un sport rapide et de contact.

 

Tu as connu 4 championnats différents, et donc 4 arbitrages différents. Quelles sont les grandes différences entre les 4 ?

Non, je pense que dans l’ensemble c’est un peu partout pareil mais c’est juste qu’il y a des matches où des arbitres sifflent beaucoup et d’autres moins. C’est ça qui est plus difficile à gérer.

 

L’arbitrage en Suisse est-il pire qu’ailleurs ?

Non, l’arbitrage n’est pas pire qu’ailleurs. Parfois, il y a des matches où tout est sifflé comme on a pu voir à Fribourg et à Ambri et il y a des matches où l’arbitre laisse un peu plus jouer. C’est difficile de trouver une certaine limite.

 

Quel membre du club souhaiterais-tu voir interviewé ?

Chris Rivera

 

Quelle question aimerais-tu lui poser ?

Comment ça lui est venu d’être fan de Manchester United ?

 

Un petit mot pour la fin ?

Je souhaite à tout le monde du plaisir en regardant nos matches et de continuer à venir nous encourager. On espère avoir du succès tout au long de l’année et remporter quelque chose que Genève attend depuis longtemps. On sait que c’est très dur de gagner un championnat mais cette année on va travailler fort pour essayer d’aller le chercher. C’est quelque chose qui est difficile à accomplir et ça demande une part de chance.