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Kevin Romy : "J’ai toujours eu l’envie de revenir à Genève"

Date de l'interview
Vendredi, Décembre 7, 2012

Il a quitté le club en tant que jeune prometteur et y est revenu en étant l'un des internationaux confirmés du pays. L'occasion pour nous de revenir sur son parcours au cours d'un long entretien qu'il a bien voulu nous accorder.

 

Connais-tu 1905.ch ?

Non

 

Tu es parti à Lugano jeune avec l’étiquette du plus gros transfert suisse de l’histoire. En as-tu ressenti la pression ?

Non, il n’y avait pas de pression. J’ai pris ça comme un compliment. C’est sûr qu’il y avait des attentes par rapport à ce transfert mais le hockey reste un jeu et je ne me suis pas mis sous pression pour rien. Je suis arrivé dans une société professionnelle à Lugano et c’était une grande équipe. C’est toujours une grande équipe d’ailleurs. J’ai eu beaucoup de plaisir. L’intégration s’est très bien passée.

 

Quelle est la différence majeure entre Lugano et le GSHC ?

Genève s’est beaucoup développé durant les sept ans que j’ai passé à Lugano. C’est vraiment devenu une société. On voit l’intérêt des gens, du public. Tout le monde s’implique dans le hockey. J’ai l’impression que le hockey est vraiment devenu quelque chose de très important à Genève. On sent l’engouement quand on joue ici aux Vernets. Dans la ville, je pense que le GSHC est bien représenté et bien supporté. C’est quelque chose que j’ai vraiment remarqué en revenant à Genève. Lugano c’est un peu différent. Il y a une mentalité différente. C’est un club avec un gros passé. Ils ont gagné sept fois le titre et les attentes et la mentalité des gens est un peu différente.

 

On a l’impression que tu as passé pas mal de temps dans des blocs plus défensifs. Ce n’est pas trop frustrant ?

Non. C’est sûr qu’on veut toujours être dans les blocs offensifs mais on doit accepter son rôle à l’intérieur de l’équipe. Le plus important c’est le succès de l’équipe et non pas le succès individuel. Je suis arrivé à Lugano, j’ai eu des rôles plus défensifs. J’ai souvent joué en 3ème ligne. J’ai accepté mon rôle. Ça m’a permis de me développer, de côtoyer de très bons joueurs, de prendre exemple sur eux afin de m’améliorer à mon tour et de rester patient. Je savais que l’occasion d’avoir un rôle plus offensif allait se présenter. C’est ça qui était intéressant pour moi.

 

On qualifie souvent le vestiaire de Lugano comme un repère de stars à l’ego surdimensionné. C’est un peu ça ?

Non, je pense que ce n’est pas du tout ça. Dans le vestiaire de Lugano, il y a des grands joueurs qui ont passé et j’ai l’impression que maintenant la direction du club s’oriente de plus en plus vers le développement des jeunes du club. Ce qui n’était pas forcément le cas dans le passé. Ils apportaient des grands noms à Lugano et peut être qu’ils se sont rendu compte qu’il valait mieux avoir un suivi des jeunes joueurs du club plutôt que de leur fermer la barrière quand ils arrivent en tant que professionnels en LNA. C’est dans cette direction qu’ils travaillent maintenant.

 

On te voit souvent être « renvoyé » d’un engagement. Que te disent les arbitres pour justifier ce renvoi ?

Chaque année il y a des nouvelles règles, des règles différentes. Ça change un peu et ça évolue. Et c’est vrai que c’est difficile en tant que centre de changer ses habitudes et ses automatismes. Ça fait maintenant 12 ans que je suis professionnel, j’ai toujours joué centre et ça fait 12 ans que j’emploie des techniques à l’entrainement. Les changements de règles peuvent amener à changer un peu la manière de prendre les engagements car on ne peut plus taper la canne de l’autre par exemple. Il y a certaines choses dont je me servais avant pour prendre mes engagements que je dois changer maintenant. C’est vrai que l’engagement est un automatisme et parfois je me fais renvoyer parce que je n’ai pas encore changé mes automatismes.

 

Les juges de ligne ne sont-ils pas responsables de ces renvois en attendant trop longtemps pour poser le puck?

Un engagement se joue à peu de choses, c’est assez nerveux, c’est très rapide. Il faut avoir de la technique et de la rapidité. Quand les deux joueurs sont prêts et que l’arbitre péclote un peu sur la position de chaque canne ou des patins, le premier qui fait le mauvais geste se fait renvoyer. Dès fois, ils tardent un peu mais on ne peut pas leur mettre la faute dessus.

 

Comment expliques-tu le fait que tu n’aies jamais pu tenter ta chance en NHL ?

Ca a aussi été un choix de ma part de rester en Suisse jusqu’à présent. J’ai été repêché, en 2003, par Philadelphie et j’aurais eu la possibilité d’aller là-bas avec un contrat « two ways » pour aller en AHL d’abord afin de faire mes preuves. J’ai choisi de rester en Suisse et d’évoluer à Lugano. Je pense que le championnat Suisse fait partie des bons championnats en Europe. C’est un style de jeu différent en Europe qu’en Amérique du Nord. Pour me développer, j’ai préféré le style de jeu européen plutôt que d’aller tenter ma chance aux Etats-Unis et je pense que, pour le moment, il n’y a pas de regrets à avoir. J’ai 27 ans et j’ai encore du temps devant moi donc on verra.

 

Depuis quand avais-tu pris la décision de quitter Lugano au terme de ton contrat ?

J’ai toujours eu l’envie de revenir par ici, de revenir à Genève. J’avais beaucoup aimé mon expérience à Genève. Et avec le GSHC, on a réussi à trouver une entente. C’est difficile de dire quand exactement mais c’est une envie qui était dans ma tête depuis un certains temps. En parlant et négociant avec le GSHC on a trouvé une entente et je suis très content.

 

On imagine que d’autres équipes te voulaient. Lesquelles ?

C’est sûr. Quand il y a un contrat qui arrive à échéance, il y a plusieurs équipes qui se manifestent et après ça dépend aussi de l’envie du joueur, de sa famille et de ses raisons personnelles. J’ai opté pour le GSHC parce que c’était la meilleure place d’un point de vu privé et professionnel. Mais je ne citerai pas d’équipe.

 

Ca te tenait vraiment à cœur de revenir à Genève ?

Oui, sinon je ne serais pas revenu. J’ai vraiment vu l’évolution du club. C’est vraiment une organisation professionnelle et sur le long terme il y a toujours l’objectif de gagner le titre. Pour un joueur ça fait pencher la balance de savoir que l’équipe et la société sont là pour viser un titre par qu’on joue pour ça à la base. Le plaisir c’est de gagner le titre de champion Suisse.

 

Financièrement, tu y perds par rapport à ce que tu aurais pu avoir ailleurs ?

Ca, ce sont un peu des questions taboues. Je préfère ne pas me prononcer là dessus.

 

Chris McSorley a beaucoup changé depuis ton départ ?

Au fond de lui, c’est resté le même. C’est quelqu’un qui a envie de gagner et il le fait voir. Il a la passion du hockey et il la retransmet. C’est quelqu’un qui pousse au maximum pour le bien du club ou des joueurs afin de développer des joueurs ou gagner des matches parce que son objectif ça reste la victoire de l’équipe et d’aller le plus loin possible. Donc au fond de lui, c’est resté le même. Au niveau du système, c’est sur qu’il y a eu des évolutions ces dernières années. Je pense qu’il a fait des ajustements. Le système de base est resté plus ou moins le même mais il a évolué avec le hockey suisse et le hockey moderne. Ce n’est plus le même hockey que quand je suis parti de Genève. Il a évolué dans le sens où il a fait des adaptations. Ce n’est pas mieux ou moins bien, mais il s’est adapté au hockey moderne.

 

Comment est considéré le GSHC au Tessin ? Comme un sérieux rival ou un Romand sans intérêt ?

C’est toujours difficile de jouer Genève. Le voyage est long. C’est une équipe qui est vraiment prise au sérieux par tout le monde, par toute la ligue. On connait les forces de l’équipe quand on vient jouer ici aux Vernets. On sait que ça va être un match très difficile, ça c’est sûr. Genève-Servette est respecté.

 

A l’époque où tu es parti, le GSHC n’était encore qu’un néo-promu sans réelle possibilité de titre. Tu sens que ça a bien changé ?

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis revenu à Genève. Parce que je pense que les résultats qu’ils ont fait les dernières saisons en atteignant la finale et en étant à peu de choses pour atteindre le titre montrent bien les ambitions. McSorley travaille toujours de manière à avoir une équipe compétitive chaque saison et je pense que ça reste l’objectif numéro un du GSHC.

 

Une chose qui n’a pas changé, c’est la qualité de la glace. Sérieusement, c’est la pire de Suisse non ?

On ne va pas se plaindre, c’est un peu difficile à juger la qualité de la glace mais il y a beaucoup de progrès qui ont été fait au niveau de la patinoire. Les Vernets est quand même une patinoire où il y a une bonne atmosphère et beaucoup de plaisir à jouer. On sent l’engouement du public. C’est vraiment une belle place à jouer. Donc la glace on fait avec… Et on a l’habitude, on joue tous les jours dessus, on peut en tirer profit.

 

Toi qui as joué souvent contre ce fameux « système McSorley », est-il si facile que ça à contrer ? A en entendre certains, on croirait que oui…

Au jour d’aujourd’hui, en hockey, il y a les vidéos et beaucoup d’équipe travaillent avec ça. Ca veut dire qu’il y a la possibilité d’étudier le système de l’adversaire. Une équipe qui joue un système de jeu avec prédiction, au bout d’un certain temps il y a des ajustements qui sont faits par les adversaires. Mais on a vu notre début de championnat et on a vu par le passé que ça les a emmené en finale deux fois donc c’est preuve que le système fonctionne.

 

Dès les matches amicaux on a senti une bonne entente entre toi et Dan Fritsche, on se trompe ?

Non. Dan est un très bon joueur et buteur. Il travaille fort chaque jour. C’est un gabarit solide et il y a une bonne entente entre nous deux. Pour l’instant, ça se passe bien. Encore une fois, on essaie de faire le mieux possible pour aider l’équipe à gagner.

 

Qu’est-ce que peut apporter la présence d’une star comme Couture dans le vestiaire ?

C’est toujours bien de pouvoir côtoyer certaines stars de NHL qui viennent ici pendant le lock-out. Ca permet à certains joueurs et notamment aux jeunes joueurs de pouvoir voir comment ils travaillent. Ils ont l’habitude du style de jeux nord-américain et il leur faut un temps d’adaptation en Europe, c’est sur, mais après ce sont des joueurs talentueux et pour les jeunes joueurs c’est un point positifs de pouvoir essayer de s’inspirer d’eux et de les voir au quotidien.

 

A l’instar de l’équipe, tu marchais sur l’eau en début de saison avant de connaitre un passage à vide. Comment l’expliquer ?

Une saison c’est long. Il y a 50 matches. On a eu un très bon début de saison et en suite on a eu quelques blessures et beaucoup de matches avec l’équipe nationale notamment. Je pense que c’est important au niveau de la récupération, au niveau des blessures de faire de la prévention pour ce genre de choses. On est des professionnels, on connait notre métier donc on sait qu’une saison c’est long, il y beaucoup de matches et que c’est dur à chaque fois. On est bien parti ensuite on a connu une petite baisse mais je pense que ça fait partie du hockey. C’est difficile de rester au top pendant 50 matches. Il vaut mieux qu’on ait une petite baisse de régime maintenant que plus tard dans la saison. Il n’y a pas de souci à se faire.

 

Le troisième tiers du dernier match contre Berne (4 décembre 2012) semble au moins prouver que l’état d’esprit est bon. Tu confirmes ?

Il y a toujours un bon état d’esprit dans l’équipe. Il y a eu une réaction, on a montré qu’on était capables de dominer une équipe de Berne qui est une très bonne équipe dans le championnat. Quand on joue, on joue notre jeu, notre système et tout le monde travaille dans la même direction. On est une équipe redoutable et c’est à nous de l’apporter pendant 60 minutes et pas seulement 20 minutes.

 

Quand tu es parti, le power-play était mauvais. Tu reviens, il l’est toujours et l’a toujours été. Comment expliquer cette difficulté chronique ?

C’est vrai que ce sont des situations spéciales qui peuvent faire tourner un match donc ce sont des choses qu’on essaie d’ajuster au quotidien et il faut aussi reconnaitre que pour le box-play, l’équipe adverse s’améliore également. Ils travaillent avec la vidéo en fonction du power-play donc ça devient de plus en plus dur de marquer, même avec un homme de plus sur la glace. C’est à nous de faire la différence et pour l’instant on a un peu de peine dans ce domaine. On travaille quotidiennement pour s’améliorer.

 

Penses-tu que le lock-out soit une bonne chose pour le hockey suisse ?

Ca permet d’avoir des joueurs de qualité au niveau international dans notre championnat et c’est tout bénéfique. Ca peut aussi aider sur le plan national de pouvoir côtoyer les joueurs quotidiennement alors que d’habitude ce n’est que sur plan international. Ca peut être le petit plus qui manque à la Suisse pour passer en demi finale ou pour aller plus loin.

 

Affronter des mecs que l’on a plutôt l’habitude de voir jouer à la TV, ça fait bizarre ?

Non, ça ne fait pas bizarre. On les côtoie également avec l’équipe nationale quand on est aux Championnats du monde et aux Jeux Olympique donc ça ne fait pas plus bizarre que ça. Ca reste des êtres humains.

 

Que penses-tu du système de juge unique ? C’est une bonne chose ?

Ca c’est toujours un peu une question piège. Je ne le connais pas personnellement donc je ne sais pas qui il est exactement. Je dirais que donner la responsabilité à une seule personne qui je ne sais pas s’il a fait du hockey ou non, on peut se poser certaines questions.

 

Qui est le meilleur joueur avec qui tu as joué ?

Difficile à dire, j’ai joué avec beaucoup de joueurs.

 

Si tu pouvais distribuer 5 charges violentes mais correctes à des joueurs jouant en Suisse, tu les donnerais à qui ?

Je ne suis pas un joueur méchant, des charges appuyées si j’ai l’occasion d’en mettre que ce soit à n’importe qui, je les mettrai, ça fait partie du sport mais je n’ai pas de cibles en particulier.

 

Penses-tu que l’équipe suisse a les moyens de gagner quelque chose un jour ?

Oui c’est sûr. Je pense que le hockey suisse a un très bon niveau et ce n’est pas pour rien que les joueurs viennent en Suisse pendant le lock-out. Il ne manque pas grand-chose à l’équipe de Suisse. On fait des bonnes prestations aux Championnat du monde. Il nous manque peut-être le petit déclic pour passer en quart ou en demi-finale. C’est sur que le hockey suisse a de très bonnes chances de se développer mais il ne faut pas oublier que le hockey dans les autres nations s’est également amélioré. Il n’y a plus de grandes différences entre les équipes. Si on prend des équipes comme la Norvège ou l’Allemagne, contre qui on était presque sûrs de gagner avant, maintenant ce sont des adversaires redoutables. Tout le hockey mondial se développe et ça donne des matches très serrés.

 

De manière générale, que penses-tu de l’arbitrage en Suisse ?

Ca a toujours été la question… C’est vrai que les règles évoluent chaque année et c’est difficile de changer ses automatismes. Il y a des arbitres professionnels et il faut des arbitres pour jouer au hockey. Ils font leur travail du mieux qu’ils peuvent certainement. Et depuis les tribunes ou à la télé avec les ralentis, c’est facile de dire qu’il y a faute ou non par contre quand on est sur la glace c’est un jeu rapide donc ils n’ont qu’une fraction de seconde pour prendre une décision. Je pense que parfois il sait très bien qu’il s’est trompé mais il l’a fait, il a sifflé donc c’est trop tard.

 

Pour ou contre

 

Le sexe un jour de match : pour

Les cheveux qui dépassent du casque : pour

Les 6 journées supplémentaires : contre

La traversée de la Rade : A la nage ? pour

Shawn Heins à Genève : pour

Kevin Romy à Fribourg : Joker

La coupe mulet : contre

Les centrales nucléaires : pour, mais je vais me faire des ennemis.

Des stades/patinoires sans ultras : s’ils sont là pour voir le match pour sinon contre

La retraite de Bernard Andrié : Je ne le connais pas.

Le Nutella avec du beurre : pour

 

Un petit mot pour la fin ? Que les supporters continuent de nous soutenir. On apprécie beaucoup les fans ici à Genève et l’ambiance qu’il y a dans la patinoire. A chaque match, c’est une patinoire pleine donc ça nous aide c’est sur. Qu’ils continuent à soutenir le GSHC et qu’ils viennent en nombre.