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Louis Matte : "L'équipe en place peut faire quelque chose d'extraordinaire"

Date de l'interview
Mardi, Juillet 24, 2012

La préparation approche à grands pas. L'occasion idéale pour faire le point avec Louis Matte

 

Connais-tu 1905.ch ?

 

Un peu, pas beaucoup. J’ai vu quelques trucs passer à l’interne.

 

On connait assez mal ton parcours en fait. Tu nous en dis un peu plus ? Comment as-tu atterri à Genève ?

 

Ca fait 15 ans que je suis à Genève. Je suis arrivé en 1997 comme entraîneur professionnel au mouvement junior. Et après, je suis monté dans la structure du club. Je suis passé d’entraîneur professionnel à directeur technique pour le mouvement junior et ensuite j’ai fait la promotion des Novices top en Novice Elite et puis les Juniors Elite et après avec la première équipe. Je suis arrivé à Genève parce qu’à l’époque il y avait Gary Sheehan comme entraîneur en ligue B et Patrick Edmond qui comme entraîneur des Elites. C’est lui qui m’a amené ici. En fait, j’étais professeur de gym au Canada et je n’avais pas de contrat à temps plein. J’ai donc décidé de partir une année pour entraîner le hockey.

 

Etais-tu un bon joueur de hockey ? A quel niveau as-tu joué ?

 

J’ai joué jusqu’en junior au Canada. J’avais un bon niveau mais je n’avais pas un niveau extraordinaire non plus.

 

Comment devient-on entraîneur-assistant ? Que faut-il comme qualités ?

 

J’ai effectué les différentes étapes que j’ai expliqué avant au sein du club et ensuite je pense que c’était logique de passer comme entraineur-assistant de la première vu que je n’avais pas un passé d’ancien joueur professionnel. Pour ce qui est des qualités, la première des choses c’est qu’il faut apprendre à être derrière l’entraîneur. Il faut comprendre qu’on donne notre avis mais la décision finale appartient à l’entraîneur chef. Il faut être capable de mettre son égo de côté et travailler dans un collectif. 

 

Quelle est ta relation avec Chris ?

 

Au début, il m’a pris sous son aile et il m’a enseigné plein de choses. Maintenant, je connais ses attentes, je sais ce qu’il veut et je fais beaucoup plus de choses par moi-même. Et lui, il fait confiance. Ce n’est pas quelqu’un qui est toujours dans tes baskets pour voir si tu travailles ou pas. Je connais le travail qu’il y a à faire et j’essaie de prévoir ce que lui va vouloir.

 

Tu rêves de suivre le même parcours que Kossmann et de devenir coach principal ?

 

Seul l’avenir nous le dira mais je n’aime pas être comparé avec les autres parce que chacun a son opportunité et chacun a ses qualités. Après il y a le timing, il faut être là au bon moment. Mais si tu me demandes si j’aimerais devenir entraîneur chef un jour… oui, si l’opportunité se présente et que je considère que c’est une bonne opportunité.

 

Une journée type de Louis Matte, c’est comment ?

 

Ca dépend mais en général j’arrive le matin et je fais de l’administratif. Je planifie et j’organise. Après il y a beaucoup de travail vidéo. Je regarde les autres équipes et je prépare les tendances de l’adversaire. Puis Chris décide ce qu’il veut présenter à l’équipe. A partir de là, j’organise tout pour la vidéo. Après, j’ai l’entraînement. L’après-midi, j’ai de nouveau de l’administratif. Je prépare les autres matches car je m’occupe aussi des Novices élites et junior élites au niveau du recrutement. J’ai plein de choses à faire. Normalement, je suis là vers 6h30-7h et je repars vers 18h30-19h…

 

Sébastien Beaulieu se sent comme chez lui ici. C’est pareil pour toi, « Genève c’est chez toi » ?

 

Oui, je suis ici chez moi. J’ai construis une maison avec ma femme ici. Quand je vais au Canada c’est pour voir ma famille mais j’y retourne que tous les trois ou quatre ans. Mes parents viennent souvent me voir ici.

 

Dans tes moments libres, où aimes-tu te rendre ?

 

En hiver, je n’ai pas de moment libre. Mais en été, j’en profite pour voir mes amis. Je fais beaucoup de barbecue à la maison. Sinon, j’adore le soleil et la plage. Du moment que je planifie des vacances, c’est au soleil.

 

Quand tu as débarqué ici, quelle est ta première impression sur les Genevois ?

 

Quand j’ai débarqué, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’étrangers. Mais les Genevois en tant que tel, je les ai trouvé accueillants et sympathiques. Je me suis tout de suite senti à l’aise. J’ai eu un bon ressenti.

 

La reprise sur la glace a lieu dans quelques jours. Penses-tu que le « traumatisme » de la saison passée est effacé dans les têtes des joueurs ?

 

Il y a beaucoup de nouveaux joueurs mais je pense que tout le monde a à cœur de se racheter et certains vont peut-être prendre des trucs moins à la légère que dans le passé sachant qu’on a encore des joueurs blessés. Je pense que les joueurs vont vouloir se racheter et ils vont être prêts.

 

Peux-tu nous dire ce qu’il en est de Rico Fata ? Ca veut dire quoi être « en test » pour un joueur qui a fini top scorer la saison passée ?

 

Je ne répondrai pas à la question parce que ce n’est pas de mon ressort.

 

Penses-tu que les arrivées d’Almond, Walker et Romy vont compenser entièrement les départs de Randegger, Rubin et Trachsler ?

 

Oui. Chacun a ses qualités et ses défauts mais je pense que Romy et Walker vont nous permettre de combler les problèmes qu’on avait au centre. Ils vont nous permettre de gagner plus d’engagements et donc d’avoir le puck plus souvent. De ce côté-là, on a fait une grosse amélioration même si c’est sûr qu’on a perdu de bons joueurs. Rubin est un joueur de premier plan pour marquer des buts. Trachsler, on sait que comme 3ème centre défensif c’est un des meilleures de la ligue mais on fait selon notre budget. C’est sur que les joueurs, quand ils ont une opportunité en or ou de gros salaire, ils la saisissent. Leur carrière ne dure pas 35 ans. C’est normal, c’est la vie, c’est le hockey. On doit faire avec notre budget. Si on avait un gros budget comme Zürich ou Lugano, on aurait gardé tout le monde et on aurait été chercher Walker et Romy en plus.

 

En parlant d’Almond, c’est quoi le secret de Chris pour aller dégoter des types comme lui, avec des licences suisses dont personne n’a connaissance ?

 

C’est les relations. C’est se tenir informé. Ca c’est un gros coup.

 

A la vue du recrutement alléchant de cette saison, on se pose forcément la question : d’où vient tout cet argent ? Le budget a-t-il été revu à la hausse ?

 

Non, le budget reste le même. Des joueurs comme Almond, tout le monde pense que c’est des gros salaires mais ça n’est pas forcément le cas. Ils veulent saisir l’opportunité d’avoir un passeport suisse et de rentrer ici, se faire un nom et avoir de bonnes statistiques. Ce n’est pas une question d’augmentation de budget mais après il y a des joueurs qui ont des intérêts à venir sur Genève. Un joueur comme Romy, ça va être un pilote d’avion donc en venant à Genève il a plus de chances de se rapprocher du milieu de l’aviation. Après, il faut savoir vendre son produit et il y a des joueurs qui aiment le style de Genève et savent que Genève est une belle ville. Ce sont des arguments qui font pencher la balance. Walker est un joueur qui progresse énormément depuis deux ans. Il connait le boulot qu’on fait à Genève. On a amené plusieurs joueurs en équipe nationale et lui c’est sa prochaine étape.

 

Est-ce que Chris et toi comptez sur le probable lock-out pour aller nous chercher un renfort calibre NHL ?

 

Ca peut trancher d’un côté comme de l’autre, on ne sait pas si ça va se jouer ou non. C’est sûr que s’il il y a un lock-out et qu’on est capables d’avoir quelque chose à bon prix, oui on va essayer. Mais c’est tellement fragile que l’on ne peut pas se baser là-dessus.

 

L’agent de Malkin a déclaré qu’en cas de lock-out, son joueur pourrait débarquer en Suisse. On peut rêver de le voir au GSHC ou c’est complètement utopique ?

 

Je pense que l’agent de Malkin a dit ça pour être sympa parce que je pense que Malkin va aller directement en KHL avec plusieurs millions de dollars. Il y a peut-être aussi des joueurs qui vont dire, comme en 2004, « nous on vient, vous nous donnez seulement tant par match et on ne veut pas de salaire. C’est juste pour maintenir la forme ». Mais d'après les dernières discussions il y a plus de chances que la saison de NHL se joue.

 

On a beaucoup parlé du retour de Deruns, voire d’un échange avec Fritsche. Qu’en est-il réellement ?

 

La seule chose que je peux te dire c’est que c’est Berne qui a bloqué. Berne faisait beaucoup de projections sur la faillite de Kloten. Ils étaient prêts à laisser partir Deruns seulement s’ils récupéraient des joueurs de Kloten. Tout dépend de Berne, ce sont eux qui ont les cartes en main.

 

Vukovic a re-signé aux Vernets pour 4 ans, ce qui est rare avec Chris. C’est un peu le joueur modèle lui, non ?

 

C’est un joueur qui a une très grande valeur. C’est probablement le meilleur défenseur défensif de la ligue donc pour nous c’était avantageux de le signer le plus vite possible et sur le long terme. Il n’y a pas beaucoup de joueurs comme lui donc quand tu l’as, il vaut mieux le garder. Il a une grande valeur, il y a des soirs où il rattrape des erreurs des autres qui sont à côté de lui que peut-être les fans ou l’amateur moyen ne voient pas mais qui a beaucoup de signification pour l’entraineur. C’est un jeune, un leader, c’est quelqu’un qu’il faut investir parce qu’il va ramener beaucoup plus par le futur.

 

Va-t-on enfin revoir un jeu tourné vers le physique aux Vernets ?

 

Je peux vous dire… OUI. C’est un des points sur lequel on a beaucoup discuté en fin de saison. Il y a deux ou trois ans les équipes ne voulaient pas venir jouer à Genève parce qu’elles savaient qu’elles allaient se faire frapper, que les joueurs allaient s’en prendre plein la gueule comme on dit. Et cette année, c’est un truc qui nous a manqué mais on a tellement eu de blessés que les joueurs physiques devaient avoir une autre dimension pour prendre la relève. C’est pour ça que, cette saison, dans les camps d’entraînement, on a plus de joueurs et on a des joueurs à l’essai. Il y a aussi les acquisitions d’Almond et de John Fritsche et en plus, on a trois jeunes défenseurs avec Vermeille, Sutter et Antonietti qui sont des gros bonshommes. Le plus petit fait 1m92. Donc avec ces différents points, on va augmenter le jeu physique.

 

Un nouvel étranger en défense, c’est quelque chose à laquelle on doit s’attendre ou vous pensez réellement donner beaucoup plus de temps de glace aux jeunes ?

 

On va évaluer tout ça au mois d’août. On va voir où se situent les jeunes dans leur progression.

 

Quel est l’objectif pour cette saison ? Est-ce que le titre est-il un objectif réaliste ?

 

C’est sûr que c’est réaliste mais je ne pense pas qu’il faut se fixer la première, deuxième ou cinquième place. Il faut que la mayonnaise prenne au début parce qu’il y a beaucoup de changements. La saison va nous permettre de nous lancer et après il faudra être prêt au bon moment.

 

L’année passée on a souvent vu Chris tenter le pari du 6 contre 3 (ou 4) sans réussite ou presque. Pourquoi s’obstiner alors ?

 

Il y a tellement de chose qui ne fonctionnaient pas l’année dernière. On a perdu des matches à quelques secondes de la fin. Après, tu prends une avance de 3-0 contre Kloten et tu perds le match. Quand tu es coach, tu dois essayer de réveiller ton équipe. Tu dois essayer toutes sortes de trucs pour faire pencher la balance de ton côté. On a essayé souvent… Mais le but est d’essayer de réveiller ton équipe et d’augmenter le niveau d’alerte des joueurs sur la glace. Ca a été fait dans ce but là. Ce n’est pas une question d’être obstiné à le faire ou pas mais l’année dernière était une saison où qu’importe ce que tu essayais de faire, ça ne fonctionnait pas. Cette année, on peut marquer dix buts comme ça et tout le monde dira que c’est génial…

 

En parlant de 5 contre 3, quand Zurich égalise à 3-3 alors qu’on a deux joueurs de plus et qu’il reste quelques minutes, t’as envie de les flinguer les 5 ?

 

Oui, t’as envie d’engueuler les cinq joueurs qui sont sur la glace… et t’as pas juste envie, tu le fais aussi.

 

Comment se gère la tension dans le vestiaire lors d’une saison comme la précédente ? Tu dois beaucoup intervenir ou les joueurs règlent ça entre eux ?

 

Il y a eu des réunions mais parfois les joueurs veulent être seuls entre eux et ils se parlent entre quatre yeux. C’est la responsabilité du capitaine et de ses assistants. Mais quand tu as beaucoup de blessures comme cette saison, il y a un moment où tu es limité et tu ne peux pas toujours frapper. Malgré la mauvaise saison, il n’y a pas eu de mauvaise ambiance. C’est comme si tout le monde était mêlé et cherchait à faire mieux mais avec des capacités limitées.

 

Pourquoi dit-on toujours que c’est la faute du coach lorsqu’il y a un surnombre ? Les joueurs sont pas assez grands pour savoir s’ils peuvent entrer ou pas ?

 

Un surnombre, neuf fois sur dix c’est de la faute du joueur. C’est un joueur qui est dans la lune ou qui pensait qu’il devait rentrer. On annonce les changements mais on n’annonce pas le nom des cinq joueurs. En attaque, on annonce le nom du centre et les deux ailiers savent qu’ils vont avec le centre. Il y a des joueurs qui sont spécialistes pour ça.

 

Les arbitres en Suisse sont-ils réellement pire qu’ailleurs ?

 

Non.

 

Sérieusement, ce système de juge unique, c’est une catastrophe non ?

 

Chaque ligue a son système. Je trouve que ça met beaucoup de stress sur une personne. Je pense que ce serait mieux s’ils étaient trois pour décider. Et trois personnes qui ne sont pas de la même profession. Par exemple, un ancien coach, un arbitre, etc.

 

Même si tu n’es pas sur la glace, on te pose la question : on te donne un crédit de 5 charges violentes mais correctes. Tu les mets à qui ?

 

Heins parce que je le connais bien, c’est un super type et il rigolerait, ça c’est sûr et certain. Holden pour les mêmes raisons. C’est des gars très sympathiques en dehors de la glace. Rüfenacht parce que vu la quantité de charge qu’il donne il mérite d’en recevoir plus. Et pour finir, Helbling et Haas.

 

Si tu devais choisir UN joueur à entraîner, ce serait qui ?

 

Forster, juste pour connaître son caractère.

 

Quand on voit de quelle manière est traité le hockey dans les médias d’outre-Atlantique, que t’inspirent les médias suisses ?

 

Depuis 15 ans, ils ont fait des progrès. La critique n’est pas si mal mais quand ça va mal, ils ont tendance à tirer sur l’ambulance. Mais c’est différent, là-bas t’as le droit aux échanges pendant la saison. Ici c’est moins dans la culture.

 

En parlant de journaux, es-tu sensible à la critique, souvent injustifiée en plus, de certains d’entre eux sur l’équipe ou sur Chris ?

 

Je suis habitué, on fait avec.

 

Une ligue fermée est-elle nécessaire pour la progression du hockey en Suisse ?

 

Economiquement parlant, pour les structures des équipes, oui. Au niveau de la continuité, ça serait bien. Si tu me donnes le choix, je préfère avoir un Genève-Lausanne qu’un Genève-Rappi, ça rapporte plus. Je pense que tôt ou tard on va être obligé d’y arriver. Il y a trop d’enjeu et ça met une pression supplémentaire.

 

Est-ce une bonne chose selon toi que les mondiaux aient lieu chaque année ?

 

Je ne me suis jamais posé la question.

 

Quand tu regardes un match de Fribourg, ça te fait quoi de te voir sur le banc ?

 

Je n’ai pas le temps de regarder sur le banc de Fribourg.

 

Tu passes volontiers pour un mec drôle et agitateur. Tu postules pour prendre le rôle de Jimmy dans « Les règles du jeu 2 » ?

 

Non je ne veux pas prendre sa place. C’est Jimmy qui me motive ! Je m’entends bien avec lui. C’est ma personnalité, je suis comme ça… Mais quand on bosse, on bosse !

 

L’accent québécois, ça t’aide avec les femmes ?

 

Je ne peux pas te répondre, je n’en ai aucune idée.

Pour ou contre 

 

Le sexe un jour de match : pour

 

Les cheveux qui dépassent du casque : c’est complètement égal

 

Les 6 journées supplémentaires : pour

 

La traversée de la Rade : contre

 

Shawn Heins à Genève : pour

 

Louis Matte à Fribourg : contre

 

La coupe mulet : contre… C’est à Langnau que c’est comme ça.

 

Les centrales nucléaires : contre

 

Des stades/patinoires sans ultras : contre

 

La retraite de Bernard Andrié : pour, à 200% !

 

Le Nutella avec du beurre : pour

 

Quel membre du club souhaiterais-tu voir interviewé ? Et pourquoi ?

 

Calvin et Calvina pour avoir une autre vision des gens.

 

Quelle question aimerais-tu lui poser ?

 

Qu’est-ce que ça fait de se faire tirer après par des idiots ? En tout cas, je leur lève mon chapeau.

 

Un petit mot pour la fin ?

 

Je dis merci aux gens. L’année dernière ça n’a pas été facile on le sait. Je pense qu’avec les transferts qu’on a fait cette année, il faut que la mayonnaise prenne en début de saison. Je pense que l’équipe en place peut faire quelque chose d’extraordinaire et j’espère juste que l’année qui vient compensera la dernière saison pour les fans. Parce que Genève c’est tellement magnifique quand t’as une belle saison mais quand t’as pas une bonne saison l’été c’est long. Tu le sens tout de suite.