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Matthew Lombardi : "J'ai hâte d'avoir des grosses célébrations avec les partisans"

Date de l'interview
Jeudi, Septembre 26, 2013

Il a joué plus de 500 matches en NHL, été champion du monde et il est, hors lock-out et joueurs en pré-retraite, un des plus grands noms à jouer en Suisse. Il était clairement indispensable que nous réalisions son interview : c'est chose faite !

 

Connais-tu déjà 1905.ch ?

 

Non

 

Tu es venu en Suisse avec ta femme et tes enfants, comment se passe votre intégration dans la ville ?

 

Ça se passe très bien. Ma fille, la plus grande, va à l'école et elle aime ça. Ma femme adore cet endroit. On vient du Québec francophone donc la transition a été assez facile pour elle et pour moi aussi.

 

Comment s’est passé ton intégration dans le vestiaire ? On entend souvent dire qu’il y a une super ambiance.

 

Oui, les gars sont supers et ils s'amusent. Ils ont une bonne alchimie ensemble et depuis mon arrivée, ils ont tout fait pour m'intégrer et pour que je me sente à l'aise. Je m'amuse chaque jour avec les gars hors et sur la glace. C'est vraiment spécial, c'est le fun.

 

L’année passée tu côtoyais des stars comme Getzlaf, Koivu, Selanne ou Perry que tout le monde connaît. Ça ne fait pas trop bizarre d’arriver dans un vestiaire avec des joueurs dont tu n’as jamais entendu parler ?

 

Non, je pense que les gars, que ce soit des super stars ou pas, tout le monde est pareil. On aime jouer au hockey. Comme tu l'as dit, on s'amuse dans le vestiaire. Il n'y a pas d'ego surdimensionné. Donc pour moi, ça ne change pas grand chose.

 

Tu viens de disputer tes deux premiers matches en Suisse, qu’as-tu pensé du niveau de jeu ?

 

Le niveau est très élevé mais ce n'est pas surprenant. Je savais avant d'arriver qu'il y avait un bon niveau. Il y a beaucoup de bons joueurs ici. Les joueurs suisses ont beaucoup de talent. Je ne suis pas surpris et il y a une très bonne qualité de jeu, je ne suis vraiment pas déçu.

 

Et de l’ambiance ? Celle aux Vernets a du te changer des patinoires d’outre-Atlantique…

 

C'est sûr. C'est complètement différent. Je n'ai pas joué les premiers matches, j'ai été spectateur mais l'ambiance et les partisans qui chantent durant toute la partie, c'est spécial et j'adore ça, c'est fun.

 

A titre personnel, es-tu satisfait de tes premières prestations ?

 

Oui, le premier match était mon premier match de l'année et c'est sur que ce n'était pas mon meilleur match mais je pense que je m'améliore à chaque pratique. Pour le deuxième match, ça a déjà été mieux que le premier donc je m'attends à être de mieux en mieux. Et quand je serai au top, je vais faire de mon mieux pour aider l'équipe.

 

Tu as été champion du monde, joué plus de 500 matches en NHL. Qu’espères-tu trouver comme sensations en Suisse ?

 

Quand j'ai discuté avec Chris à propos de ma venue ici, il m'a dit que son but était de gagner, d'avoir une équipe avec beaucoup de succès durant l'année et d'aller en playoff pour gagner le championnat. C'est quelque chose d'excitant, on joue pour performer, pour gagner et les gars dans le vestiaires veulent tous gagner. Et c'est vraiment le but pour moi aussi.

 

 

As-tu conscience de l’attente énorme des supporters à ton égard ?

 

Je ne sais pas. J'attends beaucoup de moi-même, je pense que c'est normal. Je veux performer et aider l'équipe, c'est pour ça que je suis venu. Je pense que c'est un bon challenge pour moi et pour le club donc je m'attends à beaucoup. Je me mets la barre très haute donc je veux performer mais je ne sais pas ce que les gens disent de moi, c'est hors de mon contrôle.

 

Tu as joué mardi aux côté de Daugavins et Berthon. Comment s’est passé votre entente ?

 

Je pense que ça prend un peu de temps pour avoir un peu de chimie. Daugavins est arrivé et il a joué tout de suite. De manière générale, je pense que ça a bien été. On a eu beaucoup de positif dans ce qu'on a fait mais on peut encore s'améliorer évidemment. Je pense que ça va venir avec le temps.

 

Tu as délivré un assist splendide sur le but de Bezina à Zurich. Te considères-tu plus comme un buteur ou comme un passeur décisif ?

 

Je ne sais pas si je suis un buteur. J'ai joué avec des très bons buteurs et mon style n'est pas vraiment comme ça. Mais ce qui est sûr, c'est que je fais de mon mieux. J'aime faire monter la rondelle, faire du jeu et si je peux scorer, c'est génial mais sinon faire des bonnes passes, j'aime ça aussi.

 

Si tu devais retourner en NHL, quel(s) joueur(s) du GSHC souhaiterais-tu emmener avec toi ?

 

Je ne sais pas, honnêtement, on a une équipe très talentueuse. Je pense que Goran, en défense, est un joueur très spécial. Je suis très impressionné par lui depuis mon arrivée, ce qu'il apporte comme capitaine. C'est un leader et il fait tout sur la glace. C'est impressionnant. Il y a aussi beaucoup de talent avec les jeunes joueurs. Un gars comme Hollenstein qui est jeune mais qui a tellement de talent ou un gars comme Romy qui a beaucoup d'expérience qui a un talent très élevé aussi. Picard a joué en NHL donc il y a tellement de joueurs que je pourrais prendre avec.

 

Quelles différences principales y a-t-il entre une organisation de NHL et un club comme le GSHC ?

 

La NHL est une très grosse organisation où il y a beaucoup de pièces, beaucoup d'employés, il se passe beaucoup de choses et les budgets sont très gros. Depuis mon arrivée ici, tout le monde dans l'organisation nous ont traité, ma famille et moi, de manière exceptionnelle. Je ne pourrais pas demander mieux. Je peux vraiment pas dire que ici c'est moins bien. On a été super bien traités par tout le monde. Chris et Louis sur la glace, c'est la première classe. Tout le gars qui travaillent ici font tellement bien leur travail. Les thérapeutes, Jimmy, tout le monde...C'est incroyable et on s'amuse, c'est ça qui est important.

 

En Suisse, Chris McSorley est souvent perçu comme un entraîneur très particulier (agressif, colérique, etc.). Rassure-nous, il n’est pas plus fou que les entraîneurs en NHL ?

 

Je ne le connais pas autant que d'autres gars qui sont là depuis des années mais je trouve que c'est quelqu'un qui a beaucoup de passion pour le hockey et pour gagner et avoir du succès. Je ne connais pas l'histoire du club mais je pense que c'est une organisation de première classe et Chris a fait beaucoup pour amener ça ici. C'est très impressionnant. Il demande beaucoup à ses joueurs mais en étant joueur, tu veux être poussé et performer donc il fait ce qu'il pense être bien pour y arriver et gagner.

 

Ressens-tu encore des douleurs à ton épaule opérée en début d’été ?

 

Non, je n'ai pas de troubles. C'est sur que la récupération, avec ce type de procédure, c'est long et pour revenir à 100% ça prend du temps. Mais je me sens très bien, chaque semaine un peu mieux. Et comme je l'ai dit, avec plusieurs matches, je vais me sentir de plus en plus confortable.

 

Chris McSorley a déclaré à la presse avant le premier match que « Son corps est habitué à débuter le championnat début octobre, il a encore besoin de s'adapter à notre rythme ». On est le 26 septembre, ça veut dire que tu es bientôt à 100% ?

 

Il me reste 4 jours... Oui, comme je l'ai dit, au deuxième match je me sentais déjà mieux. J'espère être au top pour le prochain match mais c'est sûr qu'il faut être patient, moi-même je dois être patient et rester positif. Comme on a dit, le niveau est très élevé donc ça ne sera pas facile mais c'est un bon défi et je suis prêt, je me sens bien.

 

Comment expliques-tu le fait que tu n’aies pas trouvé d’embauche en NHL ?

 

Les trois dernières années, j'ai eu des difficultés, des blessures et ça nuit un peu aux performances. Il y a des lacunes et peut-être que les clubs ont perdu confiance mais il faut se dire que c'est une autre étape dans ta vie même si j'ai été un peu déçu... Mais comme je l'ai dit, c'est une autre opportunité pour moi et ma famille et on va prendre les points positifs.

 

Penses-tu que tes blessures passées font « peur » aux clubs ?

 

Oui, peut-être et la masse salariale est descendue et c'est maintenant une ligue qui ne donne pas beaucoup d'espace pour les offres. Je ne voulais pas aller à un camp et ne pas avoir une garantie de rester à quelque part parce qu'avec ma famille, on s'est un peu promenés ces dernières années et là je voulais leur donner de la stabilité. Et je pense qu'ici c'est une bonne opportunité.

 

Avais-tu des offres d’autres clubs en Europe ? Si oui, pourquoi avoir choisi Genève ?

 

Oui, j'ai discuté avec d'autres organisations et aussi avec des clubs de la KHL mais pour moi c'était la meilleure place ici. Je l'ai senti avec les discussions que j'ai eue avec Chris. C'est le meilleur choix que j'aurais pu faire.

 

Te souviens-tu de ton premier match de NHL ? Qu’est-ce qu’on ressent quand on pose ses patins pour la première fois sur la glace ?

 

Oui je m'en rappelle. J'ai joué à Vancouver. J'ai fait le camp à Calgary pour les Flames à 21 ans et je ne pensais pas vraiment jouer avec l'équipe mais j'ai eu ma chance. Le coach m'avait dit qu'ils allaient me garder pour le début de l'année mais je n'étais pas sûr de rester. Mes parents et ma femme son venus me voir et le lendemain on a joué à Calgary, ils sont venus aussi. C'était vraiment spécial parce que Vancouver est vraiment une ville de hockey au Canada. L'ambiance donne beaucoup d'énergie donc je suis sorti avec la chair de poule. Je n'ai pas beaucoup joué ce match là, peut-être cinq minutes, mais pour moi c'était un rêve.

 

Et ton premier but ? C’est un souvenir particulier ?

 

Oui, c'était cette saison là, le troisième ou quatrième match. C'était à Minnessota, ce n'était pas le plus beau but mais c'était le premier... Et après ce match là, ils m'ont dit que je pouvais me trouver un appartement donc ça voulait dire qu'ils me gardaient. C'était comme un autre rêve qui se réalisait.

 

Tu en as marqué 101 à ce jour, y en a-t-il un dont tu te rappelles en particulier ?

 

Je me rappelle de beaucoup de mes buts mais j'en ai un en particulier, en playoffs contre Vancouver en 2004. Ca a été le but gagnant pour le match et ça a été très spécial. Les buts en playoffs, ce sont les plus excitants parce que c'est une autre énergie, c'est comme une autre expérience de jouer les playoffs donc je me rappelle plus de ces buts là.

 

Est-ce que ton objectif est de retourner en NHL en fin de saison ou songes-tu à t’installer ici ?

 

Honnêtement, je ne sais pas. Mon focus est ici en ce moment. J'ai beaucoup de plaisir et ça me fait plaisir que ma famille se sente bien. C'est important pour moi donc je ne pense pas vraiment au futur, je pense plus au moment présent. Je ne peux pas prédire ce qui va se passer mais ça va se passer et en ce moment je me concentre sur notre club et je veux performer pour le club.

 

Tu as joué à Anaheim. Ca fait quel effet de jouer au hockey à côté de palmiers ?

 

Je n'ai pas joué longtemps là-bas mais j'ai joué à Phoenix pendant plus d'un an. On habitait à côté de la plage. C'est sûr que les températures te rendent de bonne humeur et tu peux penser à d'autres choses. Ce n'est pas aussi intense que de jouer au Canada. Les gens ne vivent pas que pour ça, ils ont aussi beaucoup d'autres choses à côté. Tu es plus un inconnu par rapport à Calagary et Toronto mais j'ai aimé les deux expériences.

 

Tu as également joué à Calgary, Phoenix, Nashville, Toronto et Phoenix. Quelle a été ta meilleure expérience ?

 

J'ai eu des bonnes expériences à Calgary où j'ai passé presque six ans. J'ai encore beaucoup d'amis en dehors du hockey là-bas mais j'ai apprécié toutes les places où je suis allé. A Phoenix, j'ai eu du succès avec l'équipe mais aussi de manière personnelle donc j'ai apprécié mais je pense qu'à chaque endroit, j'ai appris quelque chose et eu une bonne expérience donc j'ai vraiment apprécié partout.

 

Tu es né à Montréal, tu as joué pour des équipes canadiennes mais jamais pour les Canadiens, des regrets ?

 

Je ne sais pas. C'est sûr qu'il y a un côté de moi qui dit que ça aurait une sacrée expérience de pouvoir jouer avec cette équipe mais j'ai eu la chance de pouvoir jouer à Toronto. Ce sont deux clubs rivaux mais c'est la religion et c'est très proche de Montréal. Sinon j'ai tout le temps joué loin de ma famille donc je les voyais moins souvent mais quand je jouais à Toronto, ma famille venait me voir souvent et quand on jouait à Montréal c'était incroyable, il y avait toujours des amis. J'ai eu de très belles expériences mais c'est sûr que ça aurait été quelque chose de spécial.

 

Est-ce que la montée en puissance de la KHL pourrait à terme en faire un championnat plus important que la NHL ?

 

C'est très difficile à dire. C'est sûr que la NHL, c'est la plus grande ligue pour le moment et les gars veulent jouer là-bas, c'est le but, c'est le rêve de tout hockeyeur.

 

 

Si tu pouvais distribuer 5 charges violentes mais correctes à des joueurs jouant en NHL, tu les donnerais à qui ?

 

C'est sûrement contre les meilleures joueurs parce qu'ils sont tellement durs à jouer. Quand je jouais contre Lidström, ce n'est pas un gars qui est vraiment physique mais il est tellement difficile à jouer parce qu'il patine tellement bien, il voit tout le temps ce qui se passe et c'était très dur de lui donner une mise en échec ou de lui prendre le puck. C'est comme Letang à Pittsburgh, c'est un défenseur incroyable. Des gars comme Malkin et Crosby, se sont les joueurs les plus dur à jouer ou encore Datsyuk à Detroit... Ce sont les gars qui me donnent le plus de misères.

 

Qui est le meilleur joueur avec qui tu as joué ?

 

Jarome Iginla. Je pense que c'est le joueur le plus complet. Je l'ai beaucoup vu jouer, il a vraiment beaucoup de talent.

 

Et le pire ?

 

Je ne sais pas, je ne dirais jamais ça parce je pense que tout le monde amène quelque chose que moi je n'amène pas. Peut-être c'est moi le pire.

 

Compose nous la ligne de tes rêves.

 

Mario Lemieux, Sydney Crosby, Wayne Gretzky en attaque

Niklas Lidström, Bobby Orr en défense

Patrick Roy au but

 

Tu as été champion du monde en 2007, est-ce le meilleur souvenir de ta carrière ?

 

C'est un des meilleures souvenirs. Je ne m'attendais pas à avoir autant de plaisir et vivre une expérience satisfaisante à ce point là. C'était vraiment très spécial. Quand tu joues ces championnats, tu joues avec des joueurs de partout dans la ligue, tu découvres les gars et là, on a une chimie très intéressante. On a passé six semaines ensemble et on a gagné tous nos matches. C'était vraiment plaisant. Ce sont des souvenirs que je n'oublierai jamais.

 

Tu as été victime d’une commotion cérébrale, on imagine donc que le sujet te tient à cœur : quelles sont selon toi les mesures à prendre pour réduire les risques ?

 

C'est sûr que c'est un jeu physique et tu ne peux pas éliminer les risques. On prend un risque en jouant au hockey. Il y a beaucoup de vitesse, c'est physique avec les mise en échec mais c'est sur que les coups illégaux, les coups qui visent la tête, ça c'est évident qu'il faut les supprimer. Chaque année, c'est de mieux en mieux. Ils contrôlent plus ça. J'ai eu deux grosses commotions, dont une en 2004 dans les séries, le gars qui m'a frappé m'a mis un coude dans la tête. Dans ce temps là, ce n'était pas important, il n'y a pas vraiment eu de punition et il s'est juste fait suspendre deux matches alors que maintenant, il se serait fait suspendre pour beaucoup plus. Ils prennent ça plus à cœur. Ils font plus attention et il faut que ça continue parce que le hockey se joue de manière encore plus rapide qu'avant. Il va donc y avoir des grosses blessures si on ne fait pas attention.

 

Potins de vestiaires

 

Même si tu n’es pas là depuis longtemps, dans le vestiaire du GSHC, qui est :

 

Le plus drôle : Picard, il fait tout le temps des blagues.

 

Le plus fou : Peut-être Pic aussi.

 

Le plus intelligent : Ca doit être soit Vukovic ou Fredy (Iglesias)

 

Le plus coincé : On a pas vraiment de gars coincé.

 

Le plus dragueur : Ca doit être les jeunes, je ne sais pas.

 

Celui qui chante le plus mal : Simek parce que l'autre jour je l'ai entendu chanter Katy Perry.

 

Celui qui a les pires goûts musicaux : Goran

 

Et les pires goûts vestimentaires : Ca je ne sais pas parce qu'on est tout le temps en costard.

 

Un petit mot pour la fin ?

Je suis content d'être ici et j'ai hâte de vivre l'expérience, d'avoir des grosses célébrations avec les partisans. Je sais que le support à Genève, c'est le top et les gars apprécient beaucoup ça.