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Morris Trachsler : "Les Vernets vont me manquer"

Date de l'interview
Mardi, Février 28, 2012

Avant qu'il ne parte voir si la bière est plus mousseuse à Zurich qu'à Genève, Morris Trachsler a bien voulu répondre à nos questions quelque peu inhabituelles. Un grand merci à lui !

 

Connais-tu 1905.ch ?

Non pas du tout.

 

Quelle est ta principale qualité ?

J’ai une certaine discipline dans ma vie même si j’ai aussi des moments de relâchement ou je profite des choses. Mais si je me mets un but ou un objectif, j’ai une certaine ambition de l’atteindre.

 

Et ton principal défaut ?

Je suis un peu têtu.

 

Quel est le plat que tu aimes bien cuisiner ?

J’aime bien faire de la cuisine française ou suisse. Mes parents viennent de Berne donc je fais le fameux plat bernois et ici j’ai appris à faire le papet vaudois.

 

Quel est ton style musical ?

Plutôt rock alternatif. En ce moment, j’écoute beaucoup « Belle et Sebastian ».

 

Quels sont tes hobbies en dehors du hockey ?

J’aime bien lire et je suis les actualités économiques vu que j’ai fait des études dans cette branche. J’ai d’ailleurs un projet en lien avec ça.

 

Que fais-tu pour occuper tes trajets en car ?

Je lis et je dors à l’aller. Au retour, on parle beaucoup de tout et de rien, on fait des grandes théories, on refait le monde. Il rit.

 

C’est toi qui as souhaité partir ou Chris t’a dit qu’il ne comptait plus sur toi ?

C’est moi. Chris était toujours intéressé. Il y avait même déjà quelques négociations en cours. Je me plais toujours beaucoup à Genève mais après sept ans j’avais envie de voir autre chose et de changer un peu d’air.

 

Tu as eu d’autres offres que celle de Zurich ?

Oui, j’ai eu des contacts avec d’autres clubs mais j’aime beaucoup la vie urbaine. J’avais envie de jouer dans une bonne équipe, à quelque part où je me sens bien pour vivre et dans une ville où ma copine peut aussi trouver un travail. J’ai eu quelques contacts avec d’autres clubs mais sans offre concrète. De toute manière, j’ai rapidement porté mon choix sur Zürich ou Genève.

 

Zurich est une équipe avec de gros moyens mais qui n’obtient pas des résultats à la hauteur des attentes. Hormis le retour dans ta région natale, qu’est-ce qui te pousse à signer là-bas ?

Je suis de la campagne zurichoise donc je ne me considère pas vraiment comme un Zürichois, mais j’ai déjà joué pour Zürich et je connais quelques joueurs qui jouent toujours dans l’équipe avec qui je m’entends bien. Il fallait quelque chose qui me motive à partir de Genève car j’ai vraiment beaucoup apprécié ce club et il m’a vraiment beaucoup apporté. De plus, j’avais ma place dans l’équipe. Mais je pense que Zürich peut avoir du succès et que je peux avoir un rôle à jouer dans cette équipe.

 

Passer de l’ambiance des Vernets à celle du Hallenstadion, ça va pas te faire trop bizarre ?

C’est clair. Aux Vernets, il y a vraiment une ambiance incroyable et le Hallenstadion est une patinoire énorme où il manque un peu d’ambiance. Les Vernets vont me manquer.

 

Si tu pouvais emmener 3 joueurs de GS avec toi à Zurich, tu prendrais qui ?

C’est une bonne question. Il sourit. Je prendrais Paul (Savary), Kiki (Rivera) et Mercier, les trois Genevois. Ca ferait du bien à l’équipe de Zürich d’avoir un peu plus de Genevois.

 

Si tu devais garder un seul souvenir de tes 7 années à Genève, ce serait lequel ?

La finale contre Berne.

 

Chris McSorley est venu te chercher à Zurich alors que tu n’étais « personne » et il t’a amené en équipe nationale. Tu lui dois tout ?

J’étais jeune donc c’est normal que je n’étais personne. Chris m’a fait confiance et il m’a permis de prendre confiance en moi. Mais certains ont eu leur chance sans réussir à la saisir. Je suis donc reconnaissant qu’il m’ait donné ma chance mais après c’est aussi le joueur qui fournit le travail et qui fait son chemin. Au début, j’étais un peu désespéré de trouver une place dans une équipe parce que je ne jouais pas beaucoup et lui m’a donné cette chance de jouer en LNA, donc pour ca je lui suis reconnaissant.

 

Est-ce que Chris s’est vraiment calmé avec le temps ? On le voit moins souvent péter un plomb qu’à l’époque…

Ca va… C’est aussi le miroir des saisons. Si ça va bien et qu’on joue bien, il est calme mais si c’est comme cette saison, il gueule un peu plus. On ne peut donc pas vraiment dire qu’il s’est calmé.

 

On sait que les joueurs du club participent souvent à des événements avec les sponsors, etc. Y’a pas des fois où ça t’emmerde d’y aller ?

Oui, honnêtement parfois ca m’emmerde un petit peu. Ce n’est pas à cause des sponsors, mais parfois il y a des séances de dédicaces qui ne sont pas très bien annoncées et tu te retrouves toujours devant les mêmes personnes pour les dédicaces. Mais il y aussi des événements très sympas comme quand on va sur la glace avec les jeunes pour leurs apprendre à patiner. Il y a de tout et ça dépend aussi de la quantité d’événements. Mais globalement ça va.

 

Qu’est-ce qui va le plus te manquer au club ?

Les joueurs et l’équipe parce qu’il y a toujours eu une ambiance particulière ici et je me suis toujours bien senti dans l’équipe. J’ai beaucoup apprécié ça.

 

Maintenant que tu vas partir, tu peux balancer un peu de ce qui passe dans le vestiaire. Dis-nous qui est le plus superstitieux, le plus chiant avec Jimmy et celui qui a les goûts musicaux les plus à chier.

Avec le départ de Gobbi, on a perdu un cas parce qu’il était vraiment très superstitieux.
Pour Jimmy, c’est plutôt les nouveaux joueurs qui lui prennent du temps parce qu’il doit les former et les cadrer.
Pour les goûts musicaux les plus à chier, c’est Goran.

 

Tu as été directement concerné cette saison : que penses-tu de ces transferts qui sont annoncés en milieu de saison ?

Je ne suis pas du tout un fan des transferts annoncés en milieu de saison. Et je serais le premier à être d’accord que ça se fasse uniquement en fin de saison. Ca serait plus correct envers le club, les joueurs et les supporters. Mais finalement, tous les clubs le font et j’espère que ça n’a pas trop affecté la performance de l’équipe. Je peux dire que chaque joueur a tout donné cette saison. Qu’il ait signé ailleurs ou non.

 

Ce n’est pas trop difficile de continuer à se motiver pour une équipe en difficulté quand on sait qu’on va de toute façon partir en fin de saison ?

Non justement pas, j’étais très motivé pour cette fin de saison. Je voulais essayer de décrocher encore une fois les playoffs avec Genève. Donc pour moi c’était plutôt l’inverse.

 

Et quel est l’état d’esprit de l’équipe après l’échec pour la qualification en playoffs ?

Personnellement, j’ai encore la tête en bas et ça me fait chier, c’est un peu le vide. Il faut absolument se redresser parce que Rappi va venir fort, ils ont planifié les playout depuis longtemps. Il faut vraiment réussir à se relever. C’est une situation difficile. Il n’y a rien à gagner en playout, il faut juste gagner pour terminer la saison. Il faut encore tout donner pour bien terminer cette saison, il faut aussi le faire pour les supporters.

 

Est-ce que tu penses que, même inconsciemment, tu te donnes moins à 100% lorsque tu joues contre ton futur club que contre un autre ?

Pas du tout, c’est plutôt le contraire, tu veux te montrer. J’étais pendant sept ans ici. Tu sais comment ça marche, où est ta place et quel est ton rôle. Il y a une hiérarchie dans l’équipe. A Zürich, je serai le nouveau. Il va falloir retrouver sa place et tout recommencer donc tu veux déjà montrer à ta future équipe ce que tu vaux.

 

Qui est le meilleur joueur avec qui tu as joué ?

Mark Streit.

 

Compose nous la ligne de tes rêves avec des joueurs suisses.

C’est une question difficile… Je mettrais Thomas (Deruns), Polo (Savary), Cadieux, Mercier et Dubois.

 

En parlant de joueurs suisses, que penses-tu de ceux qui refusent la sélection pour des raisons peu valables ?

Il faut respecter la décision de chacun même si c’est parfois un peu louche. Pour moi c’est toujours un vrai honneur d’aller jouer avec l’équipe de Suisse. Il faut aussi comprendre qu’à la fin d’une saison qui a été intense et durant laquelle tu as été très sollicité, tu te sentes vide et que tu es au bout du rouleau. Tu n’arrives plus à te motiver donc c’est aussi correct et honnête de la part du joueur de dire qu’il n’arrivera pas à se donner à 100% pour représenter la Suisse. Ce n’est pas facile pour le joueur parce qu’il sait que sa décision ne va pas forcément bien passer et c’est peut-être aussi pour ça qu’il trouve un prétexte tel qu’une blessure par exemple. Ca permet de se protéger. Si ce n’est pas trop abusé, je suis du côté du sportif et il faut respecter sa décision.

 

La NHL, c’est un rêve, un fantasme ou tu t’en fous ?

C’est un fantasme. Je sais que pour moi la porte est fermée donc je ne me fais pas trop d’illusion. Mais on aime bien regarder la NHL pour voir comment certains joueurs évoluent et il y a une certaine admiration car c’est la meilleur ligue du monde.

 

On sait que tu n’es pas un joueur qui charge beaucoup, mais nos lecteurs aiment bien cette question. Si tu pouvais distribuer 5 charges violentes mais correctes à des joueurs jouant en Suisse, tu les donnerais à qui ?

Heins et Rüfenacht ! 4 pour Heins et 1 pour Rüfenacht.

 

Bezina et Mercier ont cité beaucoup de Fribourgeois en répondant à cette question. Qu’est-ce qui crée ce désamour avec les joueurs de Gottéron ?

C’est simplement parce qu’il y a une certaine rivalité entre les deux équipes. Cette rivalité est aussi créée par les spectateurs.

 

Vous ne citez jamais Scherwey. Vous ne lui en voulez pas pour sa charge sur Gobbi ?

C’est un jeune joueur qui finit ses charges mais il n’est pas méchant. Et dans une action de jeu, tout se passe très vite donc tu ne peux pas tout prévoir. Je pense qu’il a beaucoup appris de cet événement. Donc non, je ne lui en veux pas. Il y a des joueurs chez qui les mauvais gestes sont récurrents et ça c’est beaucoup plus dérangeant.

 

Pour ou contre :

Le sexe un jour de match : Pas contre

Les cheveux qui dépassent du casque : Pour

Les 6 journées supplémentaires : Pour

La traversée de la Rade : Pour

Shawn Heins à Genève : Contre

Morris Trachsler à Fribourg : Contre

La coupe mulet : Pour

Les centrales nucléaires : Pour

Des stades/patinoires sans ultras : Contre

La retraite de Bernard Andrié : Pour

Le Nutella avec du beurre : Contre
 

On va finir par te remercier infiniment pour tout ce que tu as donné pour notre club. Tu n’as jamais triché et toujours mouillé ton maillot. A ton tour de remercier une personne à Genève :

Une seule personne ?! Jimmy.

 

As-tu un commentaire pour la fin ?

J’aimerais remercier tout le monde à Genève. J’ai vraiment eu énormément de plaisir à jouer et habiter dans cette ville. J’en suis très reconnaissant. Ca sera difficile de déménager et de partir d’ici. Je ne réalise pas trop encore.