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Noah Rod : "Mon premier objectif, c’est qu’on gagne le titre"

Date de l'interview
Lundi, Août 31, 2015

Il est notre jeune joueur le plus prometteur et va être amené à jouer un rôle-clé cette saison. L'occasion idéale de faire le point avec lui.

 

Connais-tu 1905.ch ? Si oui, peux-tu nous dire ce que tu en penses ?

 

Oui, je connais. Je vous lis quand les gens partagent sur Facebook et que je tombe dessus. J’admets que vous faites un joli travail. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui est dit mais chacun pense ce qu’il veut. C’est sûr que lorsque ça tombe sur nous et qu’on a pas bien joué, ce n’est pas toujours  très agréable mais c’est une bonne distraction d’après match pour les fans et les gens du club.

 

De manière plus générale, es-tu sensible à la critique (qu’elle provienne des médias et/ou des supporters) ?

 

Non, je n’y suis pas tellement sensible car je sais quand je joue mal ou bien. Et si j’étais sensible à ce genre de critique, ça n’irait pas avec Chris. Ça va plutôt me pousser à me surpasser plutôt que de me descendre. Ce n’est pas pour autant qu’il faut me critiquer tous les jours.

 

Entre ton camp avec les Sharks, les matchs avec la Suisse M20 et la reprise avec le GSHC, tu as quand même eu le temps de profiter de ton été ?

 

Oui bien sûr. Je suis parti en Thaïlande avec ma copine, en Espagne 2 jours et au Portugal 5 jours donc c’était un bel été quand même.

 

C’est la deuxième année que tu pars en camp avec les Sharks. Comment ça s’est passé cette année ? Moins impressionnant que la première fois ?

 

C’était moins impressionnant mais plus dur. Cette année, ils nous ont vraiment poussés à bout physiquement toute la semaine. On arrivait à la patinoire à 6h30 et on repartait à 19h. C’était une grosse semaine mais j’ai appris plein de choses et ça m’a montré comment il fallait travailler hors glace, et même à la maison pour pouvoir jouer en NHL un jour.

 

Tu as eu un débriefing avec tes coachs ? Ils sont contents de toi ?

 

Oui, ils étaient contents. Ils ne m’ont pas dit si j’étais prêt ou non à jouer en NHL mais je pense que je ne suis pas prêt pour l’instant. Pour moi, c’est mieux de développer mes capacités offensives et défensives à Genève plutôt qu’en AHL car c’est un jeu différent. Je pense avoir plus la possibilité de m’améliorer ici.

 

Que penses-tu devoir améliorer considérablement pour pouvoir avoir ta place en NHL ?

 

Tout, que ce soit en shoot, en patinage, en jeu physique, en n’importe quoi. Il faut que je progresse sur tous les points.

 

Tu serais quand même prêt à passer par la case AHL ?

 

Je serais prêt mais pas trop longtemps. Le but qu’on a avec Chris, c’est que je parte de Genève quand je serais vraiment prêt.

 

Tu as eu une proposition pour partir en ligues mineures cet été ?

 

Ça fait maintenant trois ans que j’ai des propositions pour aller en ligue juniors mais je pense que les matches sont plus intenses ici et qu’on joue contre des plus gros gabarits. C’est sûr qu’on se balade moins et que je ne vais pas mettre 30 goals durant la saison mais je pense que j’apprends plus ici.

 

Des joueurs comme Brunner et Wick, deux des meilleurs attaquants suisses du moment, ont échoué en NHL, ça ne te décourage pas ?

 

Non, parce qu’en NHL il y a beaucoup de bons joueurs qui ne réussissent pas parce qu’ils ne sont pas à la bonne place au bon moment. Il y a aussi une question de chance pour réussir là-bas.

 

Tu te donnes combien de temps pour réaliser ce rêve ?

 

Je ne suis pas du tout pressé. Je n’ai pas envie de partir là-bas et me griller. C’est clair que j’ai envie de partir mais je veux prendre mon temps. Si j’estime être prêt l’année prochaine, je partirai l’année prochaine mais si il me faut trois ans alors je prendrai ce temps, ce n’est pas un problème.

 

Si on revient au début de ta carrière, tu as fait tous tes juniors à Morges, puis Lausanne avant de venir à Genève en U17. C’est forcément un bon choix, mais qu’est-ce qui t’a poussé à le faire ? Tu n’avais pas de perspectives à Lausanne ?

 

A Lausanne, ils ne me faisaient pas jouer dans la catégorie supérieure. J’avais de la peine à rester dans ma catégorie parce que je rentrais un peu dans une zone de confort. Je voulais aller plus haut, jouer contre des gars contre qui je ne touchais pas le puck pour pouvoir m’améliorer. J’ai parlé avec les dirigeants de Lausanne et ils ne m’ont pas trouvé assez bon pour passer à l’étape supérieure. J’avais des contacts avec Louis et il m’a dit qu’ils allaient me faire jouer donc je suis venu ici et au bout de deux mois, j’étais passé de mini-top à junior élites.

 

Tu as ensuite gravi tous les échelons jusqu’à la première équipe, avec en point d’orgue ce fameux tir au but décisif contre Lugano. Raconte-nous comment s’est passé ce moment.

 

Ça s’est passé très vite. Chris m’avait déjà fait tirer contre Rapperswil quelques semaines avant et dans un coin de ma tête, je me suis dit qu’il allait me faire tirer mais après je me suis dit qu’il y avait encore Lombardi et compagnie sur le banc. Finalement, il m’a quand même dit d’y aller et je n’ai pas trop réfléchi, je pense que maintenant je le raterai.

 

Lors de tes débuts, avais-tu l’impression que les joueurs adverses s’en prenaient facilement à toi sous prétexte que tu étais le « petit jeune » ?

 

Peut-être oui. Mais je ne respectais pas trop les adversaires. Je pense que c’est une bonne chose si tu veux t’imposer. Il ne faut pas trop te faire marcher dessus. Je pense qu’il y a pas mal de gars qui me trouvaient gonflé parce que je venais les chercher alors que j’étais le petit jeune mais Chris m’a toujours dit qu’il ne fallait pas se laisser marcher dessus.

 

Après ça, tu es devenu un membre régulier de l’équipe. Les nouvelles attentes placées en toi n’ont pas été trop dures à supporter ?

 

C’était un peu dur mais je pense qu’il faut passer par là. L’année passée, Chris m’a fait apprendre le jeu défensif. Il a vraiment mis l’accent là-dessus, je devais tenir mon homme dans la zone défensive. Ce sont toutes ces choses qu’on zappe un peu dans les catégories juniors. C’était difficile pour moi mais j’ai continué à travailler pour progresser.

 

Cette saison, avec la quantité de centres qu’il y a dans l’équipe, Chris McSorley va devoir faire des choix. Tu te sens prêt à jouer à l’aile s’il le faut, comme tu l’as déjà fait en début de saison ?

 

J’ai toujours été un peu entre les deux. Avec l’équipe de Suisse, j’ai toujours été à l’aile. San José m’a drafté à l’aile aussi et je préfère jouer à ce poste mais si il y a des blessés, je peux jouer au centre aussi.

 

Quels sont les principaux changements entre jouer à l’aile et jouer au centre ?

 

Au centre, il faut être beaucoup plus intelligent sur la glace car tu es le troisième défenseur et le troisième attaquant. Il faut savoir gérer sa position, ne pas aller trop en attaque mais ne pas rester trop en arrière non plus. C’est pour ça que les centres sont des joueurs intelligents comme Tom, Romy, Lombardi.

 

Chris semble vouloir faire de toi un membre de son top-6. Tu sens que cette saison pourrait être un tournant dans ta carrière ?

 

C’est un challenge que je suis très content de relever. J’ai travaillé fort tout l’été pour ça et je vais tout faire pour garder sa confiance.

 

Tu t’es fixé un objectifs de points à atteindre ou pas ?

 

Mon premier objectif, c’est qu’on gagne le titre et faire partie de ce top 6 et ensuite j’ai toujours envie de marquer des points mais si je fais des bons matches et que je ne marque pas de points, je préfère ça que mettre un goal et faire un match de merde.

 

Notre campagne de matchs amicaux n’a pas été très glorieuse (1 victoire en 5 matchs seulement). Quelle importance accorder aux résultats de ces matchs ?

 

Je pense que le but c’est d’être prêt contre Ambri. C’est sûr que ça ne fait jamais plaisir de perdre mais si on fait les choses juste et qu’on perd un match de préparation c’est mieux que de gagner les dix premiers matches et de perdre le premier du championnat. En matches amicaux, ce qui nous importe, c’est surtout la manière de jouer.

 

En CHL, le bilan est mi-figue mi-raisin après deux matchs. Comment expliques-tu la défaite face à des Norvégiens que vous avez dominé la majeure partie du temps ?

 

A mon avis ce sont les détails. On a fait un bon match dans l’ensemble. On a regardé la vidéo, on a eu pas mal d’occasion qui ne sont pas rentrées et ce sont ces petits détails qu’on doit améliorer pour cette semaine.

 

Que penses-tu de la CHL ? C’est une compétition que tu aimes disputer ?

 

J’adore. Ça me fait des matches en plus et tant que je joue au hockey je suis content. On découvre des autres équipes et des autres villes, ça nous fait d’autres déplacements et c’est toujours sympa.

 

Mardi, vous allez partir tous ensemble durant 5 jours. C’est important ce genre de moments pour la cohésion d’équipe ?

 

Oui et surtout très sympa. Dans le vestiaire, ce sont tous mes meilleurs potes et on part tous ensemble, c’est cool. Ça nous soude encore un peu plus.

 

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Que ce soit en Norvège ou à Prague, vous serez soutenus par des supporters genevois (une vingtaine à Hamar, sûrement plus de 100 à Prague). C’est important pour l’équipe ce soutien ? Vous vous en rendez compte quand vous êtes sur la glace ?

 

C’est toujours incroyable quand tu rentres sur la glace dans un autre pays et que tes supporters sont là. Même quand on avait joué en France l’année dernière, on n’entendait que nos supporters. C’était incroyable. Pendant le match, on s’en rend peut-être un peu moins compte parce qu’on est concentré mais quand tu rentres sur la glace, ça donne un coup de booste et dans les moments difficile aussi.

 

En parlant de choses dont vous vous rendez compte sur la glace, la sono des Vernets est très critiquée notamment à cause de son trop haut volume. C’est quelque chose qui vous gêne ou pas ?

 

Non, pas du tout, je n’écoute pas la musique.

 

Le championnat reprendra la semaine d’après. Tu penses que l’équipe est capable de faire mieux que la saison passée ?

 

Oui, je pense qu’on a plus de talent que l’année passée. Il faut vraiment qu’on joue comme une équipe soudée et pas chacun pour soi. Je pense que c’est important de souder l’équipe, d’utiliser tous les talents ensemble.

 

Qu’est-ce qu’il a manqué selon toi ces deux dernières saisons pour atteindre la finale ?

 

Plein de choses, on a eu pas mal de blessés. C’est difficile à dire maintenant mais peut-être que si on joue plus pour l’équipe et que chacun fait des sacrifices, on peut aller loin.

 

Est-ce que tu penses que l’accumulation des matchs (championnat, Spengler, Coupe, CHL) est une des raisons du fait que l’on n’arrive pas au bout ?

 

Ça serait se trouver une excuse. C’est sûr que ça fatigue un peu mais on a que ça à faire, on doit jouer au hockey.

 

En plus du GSHC, tu es également régulièrement appelé avec l’équipe de Suisse M20. Tu commences à penser à l’équipe A ?

 

J’avais été sélectionné pour participer à un tournoi avec l’équipe A l’année passée mais je m’étais blessé juste avant. C’est quelque chose que j’ai envie de faire et que j’espère pouvoir faire bientôt.

 

Tu as disputé les mondiaux M20 au Canada cette année. Que retiendras-tu de cette expérience ?

 

C’était magique de pouvoir jouer dans une patinoire de NHL pleine à chaque match. Même pour les matches de relégation, elle était pleine donc c’était vraiment une belle expérience. Ce qui était un peu dommage c’est que ce sont les joueurs des années 1995 et 96 qui ont joué ensemble et on n’était pas assez soudés mais cette année ce sont les 96-97 et on est plus soudés puisque ça fait depuis l’âge de 14 ans qu’on fait des tournois ensemble. Donc on aura peut-être plus de chances de réussir cette année.

 

Au niveau des résultats par contre, ce ne fut pas top… (La Suisse s’est sauvée en « playout » contre l’Allemagne)

 

Il y a aussi eu des problèmes hors glace, des histoires de filles dans les chambres. Et les autres équipes étaient très fortes mais on était capables de faire mieux que ça.

 

Que manque-t-il à la Suisse pour être régulièrement parmi le top mondial selon toi ?

 

Pas grand chose, on a beaucoup moins de joueurs que le Canada ou les Etats-Unis mais un point qui fait notre force c’est qu’on travaille beaucoup. On joue contre des joueurs qui sont peut-être plus fort que nous mais si on travaille deux fois plus qu’eux, on a une chance de les battre.

 

Si tu pouvais distribuer 5 charges violentes mais correctes à des joueurs jouant en Suisse, tu les donnerais à qui ?

 

Mottet, Bykov, Wick, Birbaum et Pettersson

 

Qui est le meilleur joueur avec qui tu as joué ?

 

A l'entraînement, c’est Patrick Marleau et Brent Burns à San José. Ce sont deux excellents joueurs qui dominent la NHL. En match, ce sont  Daugavins, Lombardi et D’Agostini

 

Et le pire ?

 

Il faut que je fasse attention à ce que je vais dire… Non je ne peux pas répondre.

 

Compose nous la ligne de tes rêves avec des joueurs évoluant en Suisse :

 

Romy au centre avec Wick et D’Agostini à l’aile. Fransson et Vukovic en défense.

 

Le vestiaire de Genève est régulièrement cité pour l’excellente ambiance qui y règne, tu confirmes que c’est le cas ?

 

Oui, il y a une bonne ambiance. Ce sont vraiment tous des bons gars. Il n’y a personne qui est exclu du groupe. C’est vraiment cool.

 

Alors dans ce vestiaire, qui est :

 

Le plus drôle : Tous

Le plus fou : Picard

Le plus intelligent : Vukovic

Le plus coincé : Personne

Le plus dragueur : Descloux

Le plus chambreur : D’Agostini et Picard

Celui qui chante le plus mal : Riat

Celui qui a les pires goûts musicaux : Goran

Et les pires goûts vestimentaires : Picard

 

Un petit mot pour la fin ?

 

Merci à tous ceux qui nous encouragent, il faut continuer comme ça !