Le site non-officiel et déjanté du Genève-Servette Hockey Club
  • Les Bières
  • Les enflures
  • Forum
  • 19.03.2019
    PostFinance Arena
    4-3AP
  • 21.03.2019
    Les Vernets
    2-3AP

Paolo : "Je ne peux pas arrêter"

Date de l'interview
Mardi, Octobre 16, 2012

Cela va faire 10 ans qu'est apparue pour la première fois la bâche "IG02" aux Vernets. On leur doit une bonne partie de la bonne ambiance aux Vernets et pourtant, ils sont méconnus du grand public.  A l'issue de cet entretien, ils le seront peut-être un petit peu moins pour certains.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

 

Je suis étudiant et je suis un grand passionné de sport mais avant tout du Genève-Servette et également du SFC.

 

Depuis quand viens-tu aux Vernets ?

 

C’est une bonne question… Contrairement à certains qui se souviennent de quand ils sont venus aux Vernets pour la première fois et pour quel match, moi j’en ai aucune idée. Mais je me rappelle avoir vu des matches de première ligue donc ça remonte quand même... Je pense que mes premiers matches devaient être en 1986 quand j’avais 5 ans.

 

Quelles sont tes activités dans le groupe ?

 

Depuis la deuxième année du groupe, je suis au comité et j’ai une fonction particulière qui est celle de responsable matos. C’est-à-dire que je m’occupe du matériel, des animations et des gadgets. Depuis quelques années maintenant, je m’occupe également d’animer la tribune en tant que crieur officiel ou chef d’orchestre comme le diraient certains.

 

Depuis quand en fais-tu partie ?

 

Je fais partie du groupe depuis sa création. Avant même la création du groupe, je m’étais intégré aux anciens Black Eagles avant qu’ils décident de se séparer et de créer un nouveau groupe. Je les ai suivi à fond. Certains diront que je suis le numéro quatre du groupe.

 

Depuis le temps, tu ne ressens jamais aucune lassitude ?

 

Ça arrive parfois mais chaque année il y a des nouveautés et des nouveaux challenges. Ça peut arriver que je me demande pourquoi je suis là mais finalement, il suffit de ne pas faire un déplacement, de rester à la maison pendant que les copains sont à l’autre bout de la Suisse et là c’est une catastrophe et je me dis que je ne peux pas arrêter.

 

Le fait que tu sois toujours un des principaux responsables signifie-t-il qu’il n’y a personne pour prendre la relève ?

 

Je pense qu’il y a quelques personnes qui ont l’intérêt et la motivation pour prendre la relève. Il y en a deux ou trois qui sont en train de pointer le bout de leur nez et j’ai d’ailleurs un remplaçant de luxe qui commence à arriver aux Vernets pour lancer les chants. Je pense qu’il s’en sort pas trop mal pour le moment et après c’est sur, il faut du temps mais la relève vient petit à petit. En même temps, je n’ai pas envie d’arrêter donc pour moi la question ne se pose pas mais on intègre les jeunes et malgré ce que certaines personnes peuvent penser je ne prends pas les décisions tout seul.

 

Etre capo signifie aussi ne pas voir grand-chose du match. Ca ne te dérange pas ?

 

Ça ne me dérange pas pour la simple et bonne raison que ça fait 10 ans que je fais partie du groupe. Des matches j’en ai vus. Si on compte environ 60 matches par saison, ça fait déjà en tout cas 600 matches et même si je ne les ai pas tous vus, j’en ai vu une grande majorité. Quand on est à l’extérieur en petit comité, il n’y a personne qui est tourné dos à la glace, on regarde les matches tout en encourageant l’équipe. Je ne vais plus à la patinoire pour regarder un match de hockey mais pour supporter mon équipe et donc non, je ne regrette pas de ne pas voir une bonne partie du match.

 

Concilier sa vie privée/professionnelle et tes activités dans le groupe, ce n’est pas trop difficile ?

 

Effectivement, ça demande beaucoup de sacrifices. J’ai encore la chance d’être à moitié étudiant et je n’ai donc pas besoin de prendre beaucoup de jours de congé mais pour d’autres c’est plus difficile.

 

Qu’est-ce qui te motive au quotidien pour continuer tes activités dans le groupe ?

 

C’est la question que je me pose chaque année mais finalement j’en reviens toujours à la même chose… Il y a rien de mieux que de marquer un but dans les dernières secondes à Fribourg ou de retourner un match. C’est l’émotion que peuvent provoquer certains moments qui me motive et qui donne envie de travailler pour le reste de la saison. Peu importe s’il y a trois moments sympas dans une saison. D’ici quelques années, on se rappellera de ces moments là et pas du reste.

 

Dans quelques jours, le groupe aura officiellement 10 ans. Qu’est-ce que ça t’inspire ?

 

Je suis vieux… il rit. C’est beaucoup de chemin parcouru. Les débuts du groupe n’étaient pas forcément faciles et la suite non plus d’ailleurs. Dix ans, c’est long mais en même temps ça passe vite. Pour ceux qui sont toujours là, il y a toujours cette motivation des premiers jours. Dix ans c’est une étape mais pourquoi pas 20 ou 30 ans…

 

Tu seras toujours là dans 10 ans ?

 

Dans 10 ans…oui je serais encore là. Peut-être de manière différente, j’aurai peut-être laissé ma place et je serai un peu moins investi mais je ne me vois pas quitter le groupe. C’est une famille, des copains. Tous dans le groupe ne sont pas mes meilleures copains mais je viens pour être avec les gens du groupe parce qu’ils ont les mêmes objectifs et la même passion que moi du Genève-Servette, de la ville, du groupe, etc. Donc oui, je vais continuer.

 

Par rapport au début, quels sont les principaux changements qui ont eu lieu dans le groupe ?

 

Quand on a créé le groupe, on ne savait pas forcément trop où aller. Il y avait beaucoup de jeunes, on était tout fou, on voulait faire beaucoup de choses et c’est vrai qu’on a fait plein de conneries que maintenant on autorise moins ou qu’on fait moins. J’ai souvenir que dans les premières années du groupe, certaines personnes, qui ont vieilli maintenant, allaient faire des tags sur les aires d’autoroute et allumaient des fumigènes sans se poser de questions. Maintenant si on fait ça, on risque beaucoup trop donc on le fait plus vraiment. Ça arrive encore mais comme je le dis aux jeunes, avec le recul, je vois qu’il y a des choses qui ne sont pas très intelligentes à faire mais quand on avait 18-20 ans on les faisait aussi. Je dirais donc qu’il n’y a pas énormément de choses qui ont changé. Peut-être qu’il y a plus de monde maintenant qu’au début, ce qui permet entre autres des faire des animations plus conséquentes qu’au début mais il y a aussi les problèmes que ça peut engendrer. C’est-à-dire qu’on a moins de contrôle sur tout le monde dans la tribune ou en déplacement. Mais dans l’ensemble il n’y a pas énormément de choses qui ont changé.

 

Quelle est la position du groupe par rapport à la violence ?

 

Le groupe en tant que tel n’incite pas à la violence mais la question est déjà : qu’est ce qu’on appelle violence ? Quand je vois qu’il y a des gens qui lancent des bières sur la glace, insultent l’arbitre ou sifflent l’adversaire pour moi c’est déjà de la violence. Et ce sont ces mêmes gens qui vont venir nous faire des théories sur la violence. Mais la position du groupe c’est qu’on ne l’encourage pas. Ce n’est pas notre but principal mais parfois c’est un mal nécessaire. Ce que je veux dire c’est que le jour où quelqu’un vient vous mettre une baffe, vous n’allez pas tendre l’autre joue pour en ramasser une deuxième. Vous allez vous défendre et n’importe qui va le faire, que ce soit dans le cadre du hockey ou quand vous vous promenez en ville. On ne va pas chercher l’affrontement à tout prix mais s’il y a des gens qui viennent pour chercher des emmerdes, on sera là pour répondre.

 

Certains pourraient vous reprocher d’être plus intéressés par la violence que par le hockey. Qu’as-tu à leur répondre ?

 

Les gens qui sont intéressés plus par la violence que par le hockey prennent un abonnement pour des cours de boxe ou de freefight parce qu’à ce moment là ils peuvent se battre autant de fois qu’ils le veulent, alors que quelqu’un qui vient en déplacement avec les Irréductibles Grenat et qui passe ses journées à faire de la peinture pour préparer les animations et qui va prendre des journées de congé pour aller à Davos, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’il est plus intéressé par la violence que par le GSHC. Et comme je l’ai dit avant, la violence fait partie de la société comme ça fait partie des matches aux Vernets et éventuellement à l’extérieur. Ça peut donc arriver qu’il y ait des débordements. Certes c’est dommage mais si ça arrive, ça arrive.

 

Combien de personnes sont actives au quotidien dans le groupe ?

 

Actuellement, entre 30 et 40 personnes sont actives dans le groupe à différentes échelles et dans ces 30-40 personnes, il y en a 15-20 qui sont toujours là.

 

On vous sait proches des ultras de Martigny. Comment cette amitié est-elle née ?

 

On s’est intéressé à Martigny en 2004 environ. Ils étaient en 1ère ligue et ça faisait deux ans qu’on avait créé le groupe. On a vu des images sur internet des supporters de Martigny qui faisaient des déplacements à un ou plusieurs cars et qui allumaient des torches dans leur patinoire. Etant jeunes on trouvait ça génial. On est donc allé jeter un coup d’œil en touristes et on a tout de suite été bien accueillis. On y est donc retourné plusieurs fois. En 2006, ils ont créé la Brigata Martigny et c’est avec eux que l’on entretient de très bonnes relations. Il y a aussi des gens qui ne font pas partie du groupe mais qui étaient là qu’on y est allés pour la première fois avec qui on a encore de très bons contacts et qui nous accueillent toujours très bien.

 

Il y a eu pas mal d’interdits de patinoire dans le groupe si on a bien suivi. Pas trop dur de continuer à vivre pour un groupe dont on enlève des membres ?

 

C’est très difficile parce qu’on est des amis. Chaque fois qu’on va voir un match et que certains doivent rester dehors, ça nous fait mal au cœur. Tant qu’on n’a pas été interdit, on ne se rend pas compte de ce que ça fait de devoir subir deux ans d’interdiction. Allez voir les interdits et vous allez comprendre qu’ils ne sont pas là pour la violence. S’ils n’étaient pas là pour le GSHC, ils en auraient rien à faire d’être interdit alors que ça leur casse vraiment les pieds pour rester poli. C’est très difficile de voir les copains rester dehors.

 

De ce fait, vous avez été régulièrement confrontés à la Police. Quelles sont vos relations avec les forces de l’ordre ?

 

Moins on les voit et mieux c’est… Ils ne nous aiment pas tellement et on ne les aime pas non plus. On a une chance à Genève, c’est qu’on a une police relativement compréhensive et avec qui on peut établir un certain dialogue mais ça s’arrête là.

 

Le grand public pense toujours que les groupes devraient « faire le ménage » dans leurs troupes pour éviter les incidents. C’est si facile que ça ?

 

Faire le ménage dans le groupe, oui c’est relativement facile. Le problème c’est qu’il y a des gens qui trainent autour du groupe et c’est plus difficile à les gérer parce qu’on ne les connait pas forcément.

 

Quelles sont vos relations avec le club ?

 

Elles sont bonnes voire très bonnes actuellement. Ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années. Ils se sont rendus compte qu’on était partie prenante du spectacle des Vernets et du coup on a plus de facilités à discuter avec eux et trouver des solutions s’il y a des problèmes.

 

Les Fribourg Boys sont dissous, Lausanne est en LNB. C’est qui vos rivaux maintenant ?

 

Personne… On est au dessus de tout... Il sourit.

 

Certains dans le public aimeraient voir plus de tifos. Peux-tu leur expliquer ce que ça représente d’en préparer un ?

 

On aimerait toujours en faire beaucoup. Mais pour faire des tifos, il y a déjà un premier problème qui se pose c’est de trouver une idée parce que si on ne veut pas faire 200 fois le même il faut avoir un peu de créativité, ce qui n’est pas notre fort chez les IG. Ensuite, un tifo ça prend du temps à faire et comme je l’ai dit il y a quand même des gens qui travaillent et qui ont d’autres activités. En plus du nombre conséquent de matches, il faut encore trouver du temps pour les préparer et ça devient donc vite délicat de faire beaucoup de tifos en une saison. Quand on fait un tifo, on n’a pas envie de faire des choses qui soient bâclées. On préfère en faire un bien fait que 15 pas très bien réussis et bâclés.

 

Dans l’ensemble que penses-tu du public genevois ?

 

Je pourrai ressortir le cliché du public genevois qui va au match que quand on gagne mais on a vu ces dernières années que ce n’était pas forcément vrai. Je pense que le public genevois est assez bon esprit. Les spectateurs ont tendance à vite s’enflammer dès qu’il y a des événements importants et ils arrivent à rester là. On arrive à avoir un public fidèle même s’il y a beaucoup de râleurs. On a passé un palier de ce coté là par rapport à il y a 15 ans en arrière.

 

On est souvent pris, par nos rivaux, pour un public « à l’américaine ». Tu es d’accord avec ça ?

 

Pour avoir fait toutes les patinoires de Suisse, je peux vous dire que le public à l’américaine ce n’est pas à Genève. Vous allez à Zoug, Rappi, Zurich, Davos, etc. là ce sont des publics à l’américaine. Quand vous allez dans des cathédrales, que vous payez cher et qu’il n’y a pas d’ambiance, ça ce sont des publics à l’américaine pour moi.

 

Sens-tu que vous êtes mieux vus actuellement qu’au début du groupe, où les gens avaient de la peine à voir arriver des jeunes plus agités que le reste du public ?

 

Au début du groupe, c’est vrai qu’on dérangeait. Il n’y avait pas beaucoup de monde et il y avait quelques groupes qui étaient déjà en place comme les Mordus et les Black Eagles. C’est vrai qu’on est un peu sortis de nulle part en voulant moderniser et redynamiser. Les gens ont eu peur parce que c’est là où les journaux ont commencé à parler des supporters et je pense que certaines personnes ont eu peur de voir débarquer des terroristes ou des extrémistes, à choix. C’est vrai qu’au début, les gens nous ont toujours mis des bâtons dans les roues et ce n’était vraiment pas facile de se faire accepter. Mais c’est par périodes, il suffit qu’on fasse deux tifos de suite et les gens nous adorent et la semaine d’après on va à Ambri et on se fait renvoyer à la maison parce qu’on a allumé un fumigène sur une aire d’autoroute et les gens nous détestent. Alors forcément, ça nous fait même plus chaud ni froid parce qu’on sait ce qu’on fait et on a de comptes à rendre à personne. Si on fait des choses c’est pour nous et pour soutenir le GSHC.

 

Y’a-t-il souvent des accrochages avec le reste du public ?

 

Non, il n’y a pas souvent d’accrochage. S’il y a une chose que je peux éventuellement regretter c’est que de temps en temps on a des gens qui, au lieu de venir nous parler s’il ne sont pas d’accord, arrivent tout de suite en nous agressant et en nous traitant de trous du cul et ça m’énerve un peu. On nous dit qu’on est agressifs et qu’on est violents mais quand les gens viennent nous parler ils font la même chose.

 

Que penses-tu de l’ambiance générale aux Vernets ?

 

Il y a eu une belle progression depuis le début, en tout cas au niveau de la régularité de l’ambiance. Au début, on était plus influençables par le match et par le score et maintenant il y a une bien plus belle constance dans l’ambiance et dans les chants. Mais tant que la patinoire restera dans cet état là, l’ambiance ne sera jamais terrible parce que là où il y a le plus de bruit, c’est-à-dire sur le parterre nord, on est coincé entre le plexiglas et la tribune en haut. Le bruit ne sort pas. On a l’impression de se faire casser les oreilles par le bruit alors que le bruit ne sort pas tant que ça.

 

Comment expliques-tu que le public genevois soit si peu prompt à se déplacer en nombre plus loin que Berne ?

 

Je ne sais pas, c’est des fainéants…. Ils n’ont pas encore compris qu’on se déplaçait en car et pas en bicyclette. Plus sérieusement, je n’en sais rien. On a peut être pas cette culture du déplacement comme certains clubs peuvent l’avoir mais il ne faut pas oublier que les supporters des clubs qui viennent aux Vernets ne viennent pas tous de Davos, Ambri, Lugano, etc. Il y a en quand même beaucoup qui viennent supporter les clubs et qui habitent Genève ou la Suisse romande. Du coup, le déplacement devient tout de suite moins long. Alors qu’à Genève, à part cinq ou six supporters qui viennent de Suisse allemande qu’on a l’occasion de croiser régulièrement quand on va là-bas, il y a pas grand chose. C’est peut être la grosse différence. Après sur le fait de dire qu’on ne se déplace pas beaucoup… Bah bougez-vous le cul.

 

Les ultras sont souvent vus comme des terribles gens mangeurs d’enfants. On imagine que ce cliché te gonfle ?

 

La première chose est de savoir ce qu’est un ultra?! Même moi je ne le sais pas. Pour moi, c’est tellement facile de ranger les gens dans des tiroirs. On a le hooligan, l’ultra, le supporter, le spectateur, etc. On ne range pas les gens dans des catégories comme ça. Les gens vivent, ils ont des émotions, ils sont comme ils sont. Les personnes qui voient les ultras comme des mangeurs d’enfants ou autre, il faudrait déjà qu’ils viennent m’expliquer ce qu’est un ultra. En tant qu’IG, on a toujours dit qu’on n’était pas ultras, pas hooligans, pas supporters, on est IG et après on est comme on est. Les gens qui ont peur des ultras, ça me fait toujours bien rire parce qu’avant d’avoir peur de quelque chose, il faut le connaître ou alors justement c’est la peur de l’inconnu. Dans ce cas, on en revient à du racisme parce qu’on a peur de ce qui est différent et ça, ça m’énerve.

 

Dissolutions de groupes, répression policière, interdictions en tout genre. Le mouvement ultra a-t-il encore un avenir selon toi ?

 

Je répondrai à cette question d’ici 5 ou 10 ans.

 

Que penses-tu de cette interdiction pour les groupes de supporters de voyager en train ?

 

On s’en fout un peu parce qu’on se déplace en car mais sinon je trouve ça juste ridicule parce qu’un groupe de supporters dans un train, on sait où il est et c’est facile à canaliser mais le jour où un groupe de supporters arrive avec des voitures qui vont se parquer à gauche et à droite, la police va s’amuser pour les contrôler.

 

Quelle est ta position par rapport à la patinoire de Zoug, où il faudra montrer patte blanche pour pouvoir entrer ?

 

Je trouve incroyable d’organiser des fichages systématiques des gens qui vont dans une patinoire. On peut imaginer la même chose aux Vernets. Tous les gens qui vont rentrer dans la patinoire doivent arriver avec une carte d’identité et se faire prendre en photo. Si le grand public pense à ça, il n’y aura plus personne à la patinoire. Parce que les gens ont beau dire ce qu’ils veulent et prétendre que c’est bien mais quand il faudra le faire, ils vont tous râler et ils ne vont plus venir. Il y aura des files d’attente de trois heures devant les caisses. Il faudra venir à cinq heures quand les gens sont encore au travail. En plus de ça ils ratent leur cible. Ils font ça pour vérifier que les gens interdits de patinoire ne rentrent pas. Mais les personnes interdites sont connues par les services de sécurité donc de toutes façons les services de sécurité les repèrent. Concrètement, ce système ne va rien apporter de plus.

 

Ultras = Hooligans. Que peux-tu nous dire pour casser enfin ce cliché ?

 

Mais vous avez raison… Il rit. Sérieusement où est ce qu’on place la limite avec les catégorisations de personnes? Qu’est ce qu’un ultra et qu’est ce qu’un hooligan ? Un ultra reste un ultra jusqu’au moment où il a fait de la violence et l’hooligan reste hooligan mais une fois qu’il aura agité un drapeau il sera un ultra?! Pour moi, il n’y a pas de catégorisation. Les gens font des choses qui sont bien ou mal, c’est à discuter, c’est un autre problème. Un VIP qui lance son verre de champagne sur la glace, est-ce que c’est un hooligan ? Moi je ne crois pas, c’est un mec qui a pété les plombs et voilà.

 

Quelle influence ont les médias dans la perception des ultras par grand public ?

 

Ah la presse, parlons-en. Pour moi l’influence sur les gens est énorme. On en revient toujours au problème du pouvoir et c’est la presse qui a le pouvoir. Ils écrivent ce qu’ils veulent. Je ne lis plus la presse depuis 4-5 ans. Pour moi, la presse raconte que des conneries, c’est du mensonge, ils construisent les histoires qu’ils veulent pour vendre du papier. En plus la presse qu’on a ici, appart éventuellement le Temps, mais si vous prenez la Tribune de Genève ou Le Matin c’est juste Gala ou Voici. C’est pour vendre du papier et c’est tout. Il suffit de regarder les dernières manchettes du matin. Pendant une semaine on a eu droit à la taille du sexe des Suisses, aux salopes qui débarquent à Genève puis les dinosaures aux portes de Genève. C’est du grand journalisme…

 

On entend régulièrement parler de vols ou de casses effectués par des ultras lors de déplacements. Quand on lutte pour ses droits, tu ne penses pas que ce serait bien d’éviter ce genre de trucs ?

 

Je répète toujours à mes collègues qu’on n’est pas des voyous, qu’on va supporter le GSHC. Maintenant, c’est comme partout dans la société, on ne peut pas surveiller tout le monde mais en ce qui nous concerne, s’il doit y a voir une déprédation ou un vol, ça sera quelque chose d’exceptionnel et fait par une ou quelques personnes mais ce n’est pas quelque chose qu’on généralise, on essaie de le bannir le plus fortement possible.

 

Que penses-tu de la légalisation des fumigènes ?

 

A mon avis, on n’est pas prêt d’y arriver malgré que certains clubs essaient de le faire. Mais il y a un truc qui me gène : je suis pour l’utilisation de fumigènes dans les stades ou les patinoires mais il faut que ça soit fait de manière intelligente. Les fumigènes font partie du spectacle et utilisé intelligemment ça peut faire des trucs très jolis. Mais je ne peux pas tolérer quelqu’un qui utilise une torche pour la lancer sur un adversaire, c’est totalement ridicule surtout du moment qu’on se bat pour légaliser les fumigènes. Par contre, ce qui me gène dans ce qu’ils veulent faire avec cette légalisation, c’est qu’ils veulent faire une petite zone où on peut aller faire des fumigènes et ça n’a plus aucun sens. Le fumigène est là pour décorer la tribune. Si on le fait dans un coin ça ne sert à rien.

 

Comment le groupe a-t-il vécu la dernière saison ?

 

La saison dernière ? Mais il y a eu du hockey la saison dernière ? Il rit. Plus sérieusement, on s’est bien marrés parce que contrairement à ce que certains peuvent dire il n’y avait plus que nous dans les patinoires. On était un peu déçus par les résultats évidemment mais ça arrive, c’est le sport, on ne peut pas gagner à tout les coups.

 

Où trouve-t-on la motivation pour aller à Ambri un mardi soir de décembre pendant une saison pareille ?

 

C’est justement là où on voit qu’on y va pour le hockey mais aussi pour le groupe. On représente le groupe et donc plus qu’aller voir un match de hockey on va supporter notre équipe, représenter notre ville et notre groupe et c’est la motivation qu’on a.

 

Avez-vous des contacts avec les joueurs ?

 

On a des contacts avec quelques joueurs mais de manière plus générale, on ne court pas après les joueurs parce que nous on supporte un club. Et que ce soit Pierre, Paul ou Jacques qui joue pour ce club ça nous est un peu égal. C’est vrai qu’il y a certains joueurs qui ont fait leurs classes juniors au GSHC et qui sont là depuis des années. Ceux là on les aime relativement bien parce qu’on peut s’identifier à eux. Mais actuellement les joueurs restent un, deux voire trois ans dans un club puis ils s’en vont donc on essaie de ne pas trop s’attacher à eux et on garde l’esprit du club avant tout. Mais certains joueurs deviennent par la force des choses des joueurs représentatifs auxquels on s’attache et avec lesquels on a plus d’affinités.

 

Dans une saison comme la précédente, avez-vous eu l’occasion de leur faire part de votre mécontentement?

 

Oui, on a fait part de notre mécontentement que ce soit dans les patinoires c'est-à-dire qu’on leur a montré en fin de match quand ils venaient nous saluer qu’on n’était pas contents et pas satisfaits de leurs performances. On est aussi allés une ou deux fois dans les vestiaires pour s’expliquer avec McSorley ou certains joueurs comme Bezina, leur faire part de notre mécontentement et expliquer ce qu’on attendait d’eux. Mais la plupart du temps malgré qu’on ait été mauvais, on ne pouvait pas leur reprocher de ne pas se battre. Et ce qui nous importe avant tout c’est que les joueurs se battent et se donnent à 100% pour nos couleurs. Mais finalement, c’est le sport et on ne peut pas gagner à tous les coups.

 

Si tu étais joueur et que tu pouvais distribuer 5 charges violentes mais correctes à des joueurs adverses, elles seraient pour qui ?

 

Sans hésiter, Birbaum. Sprunger. Rüfenacht parce que je ne l’aime pas. Reto Von Arx parce qu’il nous aime pas et on ne l’aime pas non plus, on a une petite chanson sur lui qui date d’il y a quelques années quand il avait fait l’alcoolique aux Jeux Olympiques… C’est un peu hypocrite parce qu’on aime bien boire des bières aussi. Et la dernière je la mets à Didier Massy parce qu’il est Sierrois.

 

Cette saison a démarré sur les chapeaux de roues. Ce serait une déception de ne pas finir champions ?

 

Non, parce que j’ai prédit qu’on allait finir premiers avec presque tous les points et qu’on allait se faire sortir en quatre matches en quart de finale des playoffs. Ce ne serait pas une déception même si je pense qu’on peut gagner. De toutes façons, ça ne se joue à rien, il ne faut pas avoir de blessés et il faut tenir sur la longueur de la saison. Ce qui serait une déception, ce serait que nos joueurs arrêtent de se battre.

 

Pour ou contre

 

Le sexe un jour de match : Contre, il a beaucoup trop d’influx perdu.

 

Les cheveux qui dépassent du casque : Pour, c’est bien drôle de se moquer.

 

Les 6 journées supplémentaires : Contre, on pourrait mettre une coupe de Suisse à la place.

 

La traversée de la Rade : Pour

 

Shawn Heins à Genève : Pour

 

Toi au milieu de Fribourg Boys : Qui ?

 

La coupe mulet : Pour

 

Les centrales nucléaires : Contre, dès qu’on aura trouvé quelque chose d’efficace pour les remplacer

 

La retraite de Bernard Andrié : Je ne lis pas la presse.

 

Le Nutella avec du beurre : C’est dégeulasse, jamais.

 

As-tu un commentaire pour la fin?

 

J’aimerais bien que tout les gens qui racontent n’importe quoi sans nous connaître ou qui lisent trop les journaux et qui pensent tout savoir, viennent nous voir pour discuter et ne critiquent pas dans notre dos. Venez nous voir, on ne va pas vous manger.