Paru dans Le Matin du 28 novembre 2012 - Jean-Claude Schertenlieb

 

Le succès retrouvé

 

C’était le début d’une crise, mais, à Rapperswil, GE Servette a repris le chemin de la victoire. Non sans souffrir.  

 

Il est souvent difficile de réussir quelque chose de grand sans faire quelques concessions. C’est ainsi dans la vie de tous les jours, dans les couples, dans les groupes. Dans le sport aussi, où le rapport parfait entre engagement et discipline, entre brin de folie et maîtrise de ses nerfs, est une recette généralement gagnante. Mais pas toujours évidente à appliquer. Samedi dernier, GE Servette n’avait pas réussi à contenir sa folle énergie, avec le résultat et les conséquences que l’on sait. Pour retrouver la voie, celle de la victoire, il fallait donc rééquilibrer les esprits, rappeler que la discipline était la clé dans un sport collectif, que les erreurs se payant si cher, il fallait absolument les éviter, ou tout au moins en limiter le plus grand nombre.

 

Facile à dire, à écrire, mais moins à faire. Car la sagesse, qui n’est pas toujours bonne conseillère, ne devait pas pour autant se transformer en léthargie. Chercher le juste milieu, telle était la clé, que les Genevois ont trouvé l’espace de deux tiers-temps menés sur un faux rythme, face à une équipe de Rapperswil qu’on sait pourtant redoutable devant son public du Lido. Mais les Saint-Gallois ont été incapables, l’espace de ces 40 minutes, d’inquiéter sérieusement un leader tout content d’avoir mis fin à sa petite série de défaites. Ce n’était ni génial ni spectaculaire, chacun l’admettra, mais c’était juste. Solide et efficace, et tant pis pour la manière. Tant pis pour les émotions, on en avait encore des relents indigestes depuis le week-end dernier.

 

Peur sur la fin

 

Mais ce Servette-là, devenu sage, dominateur parce que beaucoup plus complet que son adversaire d’un soir, s’est pourtant fait peur. Parce que l’écart à la marque n’a jamais dépassé les deux unités. Et parce que les statisticiens «grenat» auront noirci leurs petits carnets d’un nombre incalculable de mauvaises passes. Ainsi, quand Rapperswil a enfin décidé de monter à l’assaut, il a encore fallu un Stephan impeccable devant sa cage et une équipe qui a fait corps devant lui pour éviter d’aller aux prolongations.

 

Almond blessé

 

Au Lido, où elle a perdu Cody Almond – touché lors d’une collision avec Earl au premier tiers – l’équipe de Chris McSorley s’est remise en train. Pas encore géniale, parce qu’il n’est jamais facile de faire des concessions, mais elle a obtenu l’essentiel, ces trois points qui sont ceux d’un juste milieu retrouvé.

 

Les étoiles

 

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Juraj Simek Présent sur les deux buts genevois, le Slovaque a su prendre des responsabilités importantes. Un joueur-clé.

 

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Tobias Stephan Cela devient répétitif, on le concède, mais le dernier rempart «grenat» a encore fait parfaitement son travail.

 

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Jason Spezza Une jolie vision du jeu, de très bonnes mains, mais pas beaucoup de réussite. Comme ses équipiers, qui se sont réveillés que tardivement.