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Ce Ge/Servette qui a choisi de ne passe plaindre mérite une patinoire pleine (TdG)

Quatre sur quatre aux Vernets après la victoire contre Lugano. Même diminués, les Aigles affichent un bel état d’esprit conquérant

 

Calimero n’a pas sa place dans le vestiaire de Ge/Servette. Il n’est pas non plus très populaire dans les travées des Vernets. Au bout du lac, le public n’est pas trop compliqué. Il attend avant tout de ses Aigles qu’ils affichent un état d’esprit irréprochable. Noah Rod, jeune capitaine sans peur et sans reproche, résume tout en une phrase. «On a le droit de perdre mais on n’a pas le droit de tricher.» Et peu importe que les circonstances soient favorables ou pas.

 

Ge/Servette, qui reste sur deux saisons en enfer, n’a pas été épargné depuis la reprise. Après 13 minutes de jeu lors du premier match du championnat à Bienne, il a perdu son meilleur joueur, Tommy Wingels, l’homme qui devait animer l’offensive des Aigles. Lors du 3e match, à Lausanne, c’est Lance Bouma qui s’est blessé à un genou pour le compte (saison terminée). C’est dire si les lignes concoctées depuis par Chris McSorley et Louis Matte ne sont que très peu semblables à celles qu’ils avaient lentement mais sûrement élaborées pendant la longue phase de présaison. Et alors?

 

Alors, rien. Ici, quand un seul être vous manque, rien n’est dépeuplé. «Cela fait partie des aléas de la vie d’un groupe, souligne Noah Rod. On connaît bien Chris et sa capacité à galvaniser son équipe. Chaque absence est aussi une chance pour un autre joueur. On sait très bien qu’il n’a jamais eu peur de donner plus de temps de jeu à des jeunes si la situation l’exige.»

 

La vie des visiteurs est devenue un enfer aux Vernets. Fribourg, Zurich, Berne et Lugano sont repartis bredouilles. Un quatre sur quatre qui remplit de fierté le capitaine d’un bateau qui file droit. «C’est juste incroyable ce que l’on fait, dit-il. C’est bien de comptabiliser. D’autant plus que nous sommes loin d’être au complet et au maximum de notre potentiel. On se dit qu’on a encore une belle marge et ça, ça te donne une sacrée dose de confiance. En plus de tout cela, il y a un état d’esprit irréprochable. On a construit tout ça cet été en voyageant, en organisant des sorties.»

 

La nouvelle équipe dirigeante a été entendue. Aux Vernets, on ne parle plus que de hockey. «Cette équipe mériterait un match à guichets fermés contre Lausanne», (ré)clame le président Laurent Strawson. Difficile de lui donner tort. Lui qui voulait des guerriers est servi. On pourrait citer Cody Almond, Floran Douay ou Gauthier Descloux. Mais c’est bien toute une équipe qui a su resserrer sa garde pour minimiser les conséquences des absences de joueurs-clés.

 

«C’est clair que nous sommes très impliqués au niveau défensif, souligne Noah Rod. C’est presque une obligation quand tu n’as pas toutes tes armes offensives dans les mains. C’est aussi pour ça qu’on se réjouit de pouvoir intégrer les deux nouveaux. A priori, ce sont des sacrés joueurs.»

 

De quoi provoquer un retour en masse du public aux Vernets où tout le monde est le bienvenu. Sauf Calimero bien entendu.

 

Les permis? Décision mardi

 

Jack Skille est arrivé samedi à Genève. Daniel Winnik en fera de même en ce début de semaine. Les deux joueurs nord-américains ont été dénichés rapidement par Chris McSorley pour faire face aux blessures de Lance Bouma (out pour la saison) et Tommy Wingels (absent jusqu’à la mi-novembre). Le puck est désormais dans le camp des autorités puisque le club a transmis un dossier complet pour l’obtention d’un permis de travail. La commission tripartite qui siège le mardi va donc traiter de ces cas d’urgence. Elle doit comprendre la spécificité de la situation. Avec une moyenne de trois matches par semaine, le club ne pourra pas tenir la distance sans avoir quatre étrangers à disposition. Et si Genève s’inspirait de ce qui se fait ailleurs et agissait vite et bien?