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Outre-Sarine aussi, plus grand monde ne reconnaît Ge/Servette (TdG)

Laminés par Berne, les Aigles réalisent les pires séries finales de leur histoire. De quoi faire causer jusqu’en Suisse alémanique

 

Mené 3-0 par Berne, Ge/Servette n’inquiète pas que ses fidèles. La performance historiquement décevante des Aigles lors de ces play-off suscite le débat au-delà de la Sarine. Ancien joueur, dirigeant, journaliste, nous avons sondé trois acteurs du milieu du hockey suisse qui ne sont pas tendres avec le club genevois et un entraîneur qui, après 53 matches, cherche encore la bonne formule. «Ge/Servette arrive au bout avec Craig Woodcroft, commence le chroniqueur de watson.ch, Klaus Zaugg. Il n’y a pas d’avenir avec lui. Il y a des problèmes avec le vestiaire depuis au moins le mois de novembre. Et là, en play-off, c’est la première fois depuis longtemps que j’observe une équipe qui accepte la défaite avant même la fin de la série. Il n’y a plus le feu sacré.»

 

Cet avis tranché est partagé par Dino Kessler qui ne se montre guère surpris par la situation sportive de Ge/Servette. «Sur le score de la série, il n’y a rien à redire, commence l’ancien défenseur des Aigles (de 2001 à 2003). Il faut souligner que l’adversaire est hors norme. Depuis plus de deux saisons, il n’a pratiquement plus perdu un match de play-off. Maintenant, sur la manière, c’est plus problématique.»

 

Problème à cinq contre cinq

 

Celui qui s’est reconverti dans le journalisme une fois sa crosse rangée a suivi plusieurs rencontres des Grenat cette saison. Il porte un jugement assez sévère. «Je ne reconnais plus la mentalité de Genève. Un soir, à Davos, ils jouaient comme une équipe de juniors, c’était complètement déstructuré.» Ce qui passe parfois en saison régulière ne pardonne plus lorsque vient le temps des séries finales. Et toutes les lacunes parfois camouflées par le talent de certaines individualités éclatent au grand jour face au plus cruel des miroirs: ce CP Berne qui fait tout juste.

 

Observateur attentif pour le compte de la chaîne Mysport en Suisse alémanique, Ueli Schwarz ne cache pas lui non plus sa déception. «Je dois reconnaître que j’étais persuadé que Ge/Servette résisterait beaucoup plus que ce qu’il a montré jusque-là. Il y a un gros problème dans le jeu à cinq contre cinq et c’est sans doute cela qui est le plus inquiétant. On constate que Genève n’est pas en mesure de contenir la vitesse mise par son adversaire dans la zone neutre. Chaque accélération débouche alors sur des situations offensives où le désordre règne dans l’organisation défensive des Aigles. Après trois matchs, le différentiel de buts reçus et de buts marqués à cinq contre cinq est immense, il traduit bien la supériorité de Berne.»

Entreprise de démolition

 

Avec des joueurs dominés de la tête, des épaules, des jambes et des pieds, Craig Woodcroft perd son duel – certes pas à armes égales – avec Kari Jalonen. «C’est vrai que la présence de Romain Loeffel en attaque nous a vraiment surpris, poursuit l’ancien directeur des opérations hockey de la Ligue nationale. On peut difficilement expliquer comment il est possible de se passer de son meilleur défenseur suisse dès le deuxième match. Si c’est pour tenter de perturber le coach adverse, c’est raté. Je pense que Berne ne se soucie pas vraiment de savoir si Loeffel joue en attaque ou en défense. Kari Jalonen a une ligne claire et il ne va pas en changer en fonction des coups tentés par l’adversaire.»

 

À la décharge du coach des Vernets, Ulli Schwarz souligne que cette équipe avait été bâtie par Chris McSorley, pour être dirigée par Chris McSorley. «Craig Woodcroft a essayé de changer le style de jeu, mais il n’y est pas parvenu car plusieurs joueurs n’ont pas été capables de s’adapter. Et on a l’impression qu’il cherche encore la solution aujourd’hui. Ce groupe manque d’unité, clairement. Il est trop hybride. Impossible d’avoir de la constance dans ces conditions.»

 

Un point de vue qui rejoint celui de Dino Kessler. Le journaliste du Blick n’hésite dès lors pas à pointer du doigt la responsabilité des dirigeants canadiens qui auront mené une véritable entreprise de démolition en moins de deux ans. «Quand on a dans son organisation une personne comme Chris McSorley, c’est une immense bêtise de la mettre de côté. Chris, vous lui donnez 100% des pouvoirs sportifs. Sans cela, ça ne peut pas fonctionner. Si Genève veut pouvoir se reconstruire, c’est la première chose à éclaircir: quel rôle véritable pour Chris McSorley?»

 

Et avec quel entraîneur? Il paraît très compliqué de poursuivre à la bande avec un homme plus isolé que jamais. «Il y a un an, Chris a été écarté. Que dire de la situation actuelle sinon qu’elle est encore pire», souligne Ueli Schwarz. C’est Klaus Zaugg qui livre pour conclure une vérité qu’il va sans doute falloir aborder une fois le calvaire contre Berne achevé: «Pour moi, Chris McSorley ne peut être un bon directeur sportif que si c’est lui qui est le coach. Il aime trop le pouvoir et tout contrôler.»

 

Vukovic: «Gagnons un match, un!»

 

Daniel Vukovic ne lâchera rien tant que la série ne sera pas pliée. Interrogé juste après l’acte III, jeudi soir à Berne, le défenseur donne la recette pour obtenir un sursis: «Gagnons déjà un match, un! Il ne faut plus penser que c’est trois à zéro dans la série. Non, nous devons répondre à une seule question: est-ce que nous pouvons, sur un match, battre Berne? Et la réponse doit être oui. Et si c’est le cas, nous aurons alors une autre possibilité de gagner un match. Et c’est ainsi, pas après pas, que nous devons procéder.»

 

À vrai dire, les joueurs de Craig Woodcroft ont la clé, celle-là même qu’ils ont trop souvent égarée cette saison. «C’est la constance que nous devons avoir pendant 60 minutes. Berne est un adversaire constant. On voit que chaque erreur nous coûte un but. Et jusque-là nous avons commis 17 erreurs! C’est évidemment beaucoup trop.»

 

Pour le club, pour le public, pour ses coéquipiers et lui-même, il promet de poser son cœur sur la glace. «On ne peut pas renoncer.»