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Pas de miracle à Berne, où les Aigles se sont offert une sortie honorable (TdG)

Fin de saison pour Ge/Servette, qui y a cru pendant 30 minutes dans ce qui était sans doute le dernier match de Craig Woodcroft

 

Comme c’est souvent le cas, ce n’est pas sur le dernier match qu’il faut chercher les raisons de l’échec. Car malgré un joli sursaut à domicile lors de l’acte IV, et une confirmation ce mardi soir pendant trente très bonnes minutes, il faut bien reconnaître que le bilan des Aigles lors de ces play-off est insuffisant. On pourra justement relever la puissante, et parfois presque indécente, supériorité du double champion. On pourra aussi pointer du doigt certaines individualités qui ont trop longtemps tardé à entrer véritablement dans ces séries. Mais on ne peut pas gommer un sentiment de gâchis lorsque l’on se remémore les trois premiers matches.

 

Pétrifiés, les Aigles n’avaient pas existé lors de l’acte I. Des sorties douteuses de Robert Mayer, des charges inexistantes, ou alors des charges inappropriées et fautives (Rod sur Blum). Un naufrage qui en avait engendré un autre: celui de Craig Woodcroft. L’entraîneur des Aigles avait tellement voulu réagir qu’il avait agi sans discernement. Plaçant notamment son meilleur défenseur suisse, Romain Loeffel, en attaque. Et comme il est très difficile de reconnaître que l’on s’est trompé, le Canadien a persisté lors du match suivant. Ce n’est finalement que samedi que tout était rentré dans l’ordre, enfin.

 

Quand le vestiaire se rebelle

 

Il se murmure que dos au mur, c’est le vestiaire grenat qui s’est uni comme un seul homme. Peu importe le discours d’un coach plus isolé que jamais, «on ne voulait pas passer pour des guignols, avait clamé Floran Douay. Surtout pas devant notre public.» Que le jeune et talentueux attaquant français se rassure, les fans grenat auraient quoi qu’il arrivât salué leurs joueurs après une saison si compliquée à tous les niveaux.

 

Ces hauts, ces bas, ils sont revenus comme par enchantement lors de l’ultime tour de piste. Pris à la gorge, les Aigles ont d’abord subi un assaut en règle de cinq minutes en enfer. Il y aurait eu 3-0 que personne n’aurait pu crier au scandale. Quinze minutes plus tard, il n’y avait pas non plus matière à discussion lorsque Genève bouclait le premier tiers avec un avantage d’un but. Revenus dans le match comme ils espéraient revenir dans cette série, en pratiquant un jeu à la fois intense et simple, ils ont entretenu la flamme rallumée aux Vernets.

 

Seulement voilà, même avec une solide dose de bonne volonté, il est parfois nécessaire de reconnaître la supériorité d’une équipe qui lorsqu’elle décide d’accélérer est non seulement impressionnante mais aussi diablement efficace. Berne a surtout pu compter sur tous ses leaders, sans exception. Des véritables bêtes de play-off qui sont allées gratter trois buts dans le dos d’un Robert Mayer peu aidé par sa défense.

 

La déception de l’élimination devra très vite être évacuée par les Aigles pour mieux se pencher sur les principaux chantiers. À vrai dire, il semble bien que les dirigeants n’ont pas attendu le verdict logique de ce quart de finale pour envisager l’avenir.

 

Après le sauvetage financier, le plus dur commence. Comment redonner une âme, une identité à un club qui a pratiquement tout détruit en deux ans de gouvernance canadienne ce qui avait été bâti jusque-là? Comment faire revenir le peuple grenat aux Vernets? Comment combler le départ de Romain Loeffel à Lugano, et celui de Damien Riat (quel gâchis) à Bienne?

 

Avec Simpson à la bande

 

Cela passera évidemment par un changement d’entraîneur. En une seule saison aux Vernets, Craig Woodcroft n’aura jamais convaincu que lui-même. Il ne sera pas conservé. Pour lui succéder, c’est une vieille connaissance du hockey suisse qui est plus que fortement pressentie. Sean Simpson avait fait des miracles avec l’équipe de Suisse en 2013 (argent au Mondial). Il pourrait en faire de même à Genève.

 

La réponse de Thomas Rüfenacht (par Virgulator)

 

Il y a eu tout d’abord ce bruit assourdissant sec et sonnant, qui a fait frémir plus de quinze mille spectateurs: ce puck qui a rebondi sur le poteau droit de Robert Mayer. Ce tir manqué d’Andrew Ebbett après moins d’une minute sur le montant aurait pu tout changer. Car les Genevois, en état de grâce, avec une telle baraka, allaient en plus marquer ce premier but si important en play-off, grâce à un Jérémy Wick en feu.

 

Avec un portier longtemps irréprochable dans la cage des Genevois, l’Ours aurait pu se mettre à douter. D’autant plus que Stéphane Da Costa et ses copains grenat jouaient plutôt bien. Durant deux tiers, ce GSHC-là ne méritait pas de sortir par la petite porte. Mais voilà, une fois encore, l’Aigle a craqué au début du troisième. Si Berne a un peu tourné en rond avant d’entrer dans le dernier carré, il y a dans cette formation de qualité des hommes de caractère, des leaders, capables de faire la différence à tout moment. C’est le plus fort qui a eu le dernier mot.

 

On avait vu Simon Bodenmann lors du premier acte, Gaëtan Haas au match No 2 et Tristan Scherwey jeudi passé. C’est cette fois-ci Thomas Rüfenacht qui a réussi son numéro. Le diabolique attaquant, qui par le passé se distinguait souvent par des coups bas, possède d’autres atouts dans ses mains. Le richissime supporter qui lui avait craché dessus samedi passé aurait mieux fait de s’abstenir: le No 81 des Bernois, qui avait juré de se venger sur la glace, avait la rage ce mardi soir. C’est lui qui a renversé la vapeur à la 35e avant d’être à l’origine de la troisième réussite de Marco Arcobello, un autre artiste d’un champion bien parti pour conserver son trophée, poteau ou pas.