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Soupçons de confusion dans les comptes de Genève Futur Hockey et Ge/Servette (TdG)

L’association chargée de la relève doit près d’un million au GSHC SA. La double casquette de Hugh Quennec fait craindre le pire

 

Les chiffres articulés en ce moment autour du Ge/Servette HC, présidé et détenu à 100% par Hugh Quennec, font froid dans le dos. Quand des personnes proches des milieux associatifs, qui se démènent bénévolement pour faire vivre le hockey genevois, apprennent que l’association Genève Futur Hockey (AGFH) doit 1,35 million au Genève-Servette Hockey Club SA, c’est la stupéfaction. D’autant que la Cour des comptes avait exigé, à l’époque, l’étanchéité totale des deux comptabilités. Il en allait du versement d’un million de francs de subventions annuelles par la Ville et le Canton.

 

Utile rappel: l’homme d’affaires canadien porte une double casquette. Il est le plus haut dirigeant de la SA, proche de la faillite (un trou de près de huit millions de francs), et de l’association. Ce mélange des genres fait craindre le pire.

 

Pas de malversations

 

Les premières interrogations ont émergé en juin, quand cette dette envers la SA a été détectée dans les comptes lors d’une assemblée générale de l’AGFH. Elles se sont transformées en craintes suite aux récentes révélations sur l’état catastrophique des finances du club. Quand on sait la manière dont Hugh Quennec gère le secteur professionnel, il n’est pas impossible que la dette de l’AGFH se soit aussi creusée depuis lors. Le service de communication de la SA affirme que ce n’est pas le cas, mais le trou reste conséquent (lire ci-contre).

 

Ce montant dû à la SA ne figure étonnamment pas dans le «rapport de la Commission des finances chargée d’étudier le projet de loi du Conseil d’État accordant une aide financière à l’association Genève Futur Hockey». La Tribune de Genève s’est procuré ce document déposé le 9 janvier 2018 au secrétariat du Grand Conseil. Le rapport souligne deux choses: même s’il n’y a a priori «rien concernant les questions liées à des malversations, détournement de fonds, ni rien de répréhensible pénalement», un point se révèle tout de même sensible: «celui de la gouvernance de l’association et le poids extrêmement fort lié à la société anonyme». Autrement dit, le fait que Hugh Quennec soit président des deux entités et qu’il en assume de facto la gestion.

 

Avec la même méthode? La question n’est pas anodine. Et elle met mal à l’aise la dizaine de personnes qui tentent de sauver un club proche de la banqueroute. Notre contact au sein de ce groupe local nous fait toutefois aussi savoir qu’il ne devrait pas y avoir en l’occurrence de malversations financières à l’AGFH. Cela dit, il souligne que le plus important problème à régler en ce moment ne se trouve pas là. En effet, les négociations pour racheter le club à Hugh Quennec entrent dans une phase critique.

 

Pour quatre équipes

 

Une chose est toutefois certaine à la lecture de ce rapport confidentiel: les liens de confiance entre Hugh Quennec et les clubs de hockey locaux (Meyrin et Trois Chêne) sont rompus. Ils s’étaient à nouveau resserrés le 6 juin 2016, jour où un partenariat-cadre entre l’AGFH, les clubs locaux et l’association cantonale genevoise de hockey avait été signé. Le but était louable: s’unir pour offrir à n’importe quel jeune du canton, quel que soit son niveau, une équipe où s’épanouir. Cette collaboration, célébrée en grande pompe il y a dix-neuf mois par Quennec, a déjà volé en éclats.

 

Conséquence: l’AGFH a touché cette année un million d’argent public pour ne s’occuper que de quatre équipes en 2017-2018: juniors élites A, novices élites, mini-top et moskitos top. Mais elle a quand même une dette envers la SA qui, pour une association de cette taille, peut être considérée comme astronomique. Vous avez dit étonnant? Contacté pour qu’il prenne position, le Département de l’instruction publique, de la culture et du sport n’a pas souhaité commenter un rapport qui aurait dû rester confidentiel. Mais il nous a fait savoir que la situation était examinée de très près.

 

La dette ramenée à 911 000 francs

 

Le service de communication du Ge/Servette HC SA nous a confirmé que l’AGFH avait, en juin 2017, une dette de 1,35 million de francs envers la SA. Il nous a affirmé qu’elle avait été résorbée depuis lors, et qu’elle se monte à 911 000 francs à ce jour.

 

Le service de communication du club nous a aussi affirmé que le reliquat de cette dette date de 2011, au moment de la constitution de l’AGFH, pour aider à son développement.

 

La SA fournit par ailleurs gratuitement des services à l’AGFH: matériel de musculation pour les joueurs, véhicules de fonction, locaux administratifs, téléphonies et ordinateurs sont mis à disposition de l’AGFH par la SA. Ces prestations ne sont pas facturées.